Qu’est-ce que la validation étendue (EV, ou Extended Validation) et quelle est son importance ?

Cybersécurité - Certificat SSL EV - Blog Nameshield

Les certificats SSL assurent le chiffrement et l’intégrité des données échangées entre un navigateur et un serveur web. Il existe différents niveaux de certificats, Extended Validation (EV), Organizational Validation (OV) et Domain Validation (DV), qui varient en fonction du degré d’authentification. Le certificat SSL de type Extended Validation fournit le plus haut niveau d’authentification SSL. Son obtention passe par un processus de vérification d’identité complet et normalisé à l’échelle mondiale ratifié par le forum CA/Browser Forum.

Le certificat SSL EV active la sécurité HTTPS et le cadenas, maintenant gris, dans la barre d’adresse du navigateur, tout comme les certificats DV et OV. Le coût et le temps supplémentaires consacrés à la vérification rendent plus difficile l’obtention de certificats de niveau EV pour les sites de phishing. Les internautes peuvent donc utiliser ce certificat comme marque de confiance et se sentent plus en sécurité lorsqu’ils communiquent et effectuent des achats.

Le 12 juin 2007, le CA/Browser Forum ratifie officiellement la première version des directives SSL Extended Validation qui entrent en vigueur immédiatement. L’approbation formelle clôture alors avec succès plus de deux ans d’efforts et fournit un cadre pour l’identité de site Web afin d’accroitre la confiance sur Internet.

La plupart des principaux navigateurs créent des indicateurs visuels pour les pages chargées via HTTPS et sécurisées par un certificat EV peu après la création de la norme : ils affichent l’identité validée, soit une combinaison du nom de l’organisation et de la juridiction, dans la barre URL. Safari pour iOS, Windows Phone, Firefox pour Android, Chrome pour Android et iOS, ajoutent également ces indicateurs.

En mai 2018, Google annonce son intention de repenser les interfaces utilisateur de Google Chrome afin de ne plus mettre l’accent sur les certificats EV. Chrome 77, sorti en 2019, supprime l’indication du certificat EV de l’omnibox. Firefox 70 fait de même et retire la distinction dans la barre d’URL : les certificats EV et DV sont affichés de la même manière, mais le statut du certificat EV peut toujours être consulté en cliquant sur l’icône cadenas, puis en vérifiant le nom de l’entité légale sous « certificat ».

Certificat SSL EV - Nameshield

Affichage d’un certificat EV dans Firefox

L’utilisation croissante des appareils mobiles et la suppression de l’indicateur visuel EV par les navigateurs a fait diminuer de manière significative l’intérêt de certaines entités à utiliser ce niveau de sécurité, mais l’EV a toujours une très grande importance dans notre quotidien.

Aujourd’hui les sites de phishing représentent malheureusement toujours une menace majeure pour les sites web et services en ligne légitimes. Ces « hameçonneurs » utilisent des certificats DV, généralement obtenus auprès d’un service SSL gratuit qui ne mène pas de contrôles de phishing adéquats, afin que leurs sites paraissent plus fiables. Ils trompent ainsi facilement les victimes peu méfiantes et les incitent à communiquer des informations financières ou personnelles.

Il a été remarqué une très forte hausse du phishing depuis Mars 2020, début du confinement et du télétravail pour beaucoup de personnes : le volume des sites de phishing a augmenté de 47 % pour le premier trimestre de 2020, et 82,7% des attaques de phishing ont utilisé des certificats SSL DV. Ce problème ne fait que s’accroitre et accentue la nécessité de vérifier les identités en ligne.

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Nouvelle fiche « 5 minutes pour comprendre : Les certificats SSL / TLS »

Fiche 5 minutes pour comprendre : les certificats SSL / TLS - Nameshield

Un certificat SSL ou TLS authentifie un serveur et chiffre les données échangées avec celui-ci. Les données sont ainsi échangées en confiance, entre deux acteurs dont l’identité est connue. Les données échangées ne peuvent être espionnées ni altérées par un tiers : confidentialité et intégrité.

Téléchargez cette fiche « 5 minutes pour comprendre : les certificats SSL / TLS » depuis notre page ressources.

Nouvelle fiche « 5 minutes pour comprendre – Le vol de données d’un site Internet » à découvrir sur le site de Nameshield

Fiche 5 minutes pour comprendre - Cybersécurité - Vol de données - Nameshield

Chaque jour, de nouvelles cyberattaques viennent mettre à mal les systèmes de défense des entreprises, et fragilisent encore plus les relations avec l’internaute, en particulier sur les sites marchands. Usurpation d’identité et vol de données sont devenus habituels.

Les risques qu’une personne malveillante intercepte les données transmises par l’internaute sur votre site Internet et plus largement toutes les informations transmises entre le navigateur et le serveur de votre site, sont en forte augmentation.

Retrouvez dans cette fiche « 5 minutes pour comprendre », disponible en téléchargement sur le site de Nameshield, quelle est la solution à mettre en place face à ces risques.

Firefox 83 lance le mode HTTPS-Only

Mozilla a sorti, le 17 novembre dernier, la version 83 du navigateur Firefox, promettant notamment des performances accrues sur le chargement des pages et la réactivité dans la navigation ainsi qu’une baisse significative de la mémoire utilisée.

Mais Mozilla introduit surtout une grande nouveauté dans le petit monde des navigateurs, une option « HTTPS-Only Mode » pour limiter la navigation aux seules connexions sécurisées en HTTPS *.

Firefox 83 lance le mode HTTPS-only - Nameshield
Source de l’image : Mozilla Security Blog

Mozilla enfonce le clou en ce qui concerne la volonté des principaux navigateurs de faire passer le protocole HTTPS comme le protocole de navigation par défaut en lieu et place du HTTP non chiffré et donc totalement visible.

Quel affichage lors de la navigation ?

Lorsque l’option est activée, n’importe quelle page web ne disposant pas d’un certificat SSL/TLS (permettant d’afficher le HTTPS et le cadenas de sécurité dans la barre d’adresse du navigateur) se verra précédée du message d’alerte ci-dessous, rédhibitoire pour les internautes. 

Firefox 83 lance le mode HTTPS-only - Nameshield
Source de l’image : Mozilla Security Blog

A quoi s’attendre dans les années à venir ?

Si l’option n’est pas encore activée par défaut, la direction de Mozilla indique s’attendre à ce que le HTTPS devienne la norme pour naviguer sur le Web. Incités par les évolutions successives des navigateurs et de leurs affichages de plus en plus ostentatoires de l’absence de sécurité, de plus en plus de sites Web migrent vers le HTTPS par défaut. Il y a fort à parier que les fabricants de navigateurs décident de déprécier complètement les connexions HTTP dans un avenir proche, rendant de facto le HTTPS protocole par défaut de la navigation sur le Web.

Comment les entreprises peuvent-elles se préparer ?

La plupart des entreprises ont déjà entamé la migration vers le HTTPS par défaut de leur(s) site(s) Web. Il est important de maintenir à jour un inventaire exhaustif des sites et pages Web de l’entreprise, de maîtriser les certificats SSL-TLS associés dont les risques principaux sont les erreurs de renouvellement et mauvaise installation. Il est primordial d’établir des procédures claires et d’y associer une bonne communication à destination des interlocuteurs en charge des sites Web. Des acteurs tels que Nameshield sont là pour vous accompagner dans cette démarche. Ils disposent de l’expertise et des outils nécessaires à la simplification de ces tâches et à la réduction du risque d’erreur.


* HTTPS : quelques liens utiles au besoin

REPLAY WEBINAR CYBERSÉCURITÉ – SSL & HTTPS : définition, importance et risques liés aux certificats SSL

La croisade de Google pour l’adoption du HTTPS par défaut

Référencement naturel et certificats SSL : faut-il passer au HTTPS:// ?

Les dangers des certificats Wildcard

Certificats wildcard - certificat SSL/TLS
Source de l’image : skylarvision via Pixabay

Les certificats TLS/SSL sont utilisés pour authentifier les serveurs (Web le plus souvent) et chiffrer le trafic entre les sites Web et les utilisateurs. Ils garantissent ainsi l’intégrité des données échangées et empêchent l’espionnage de celles-ci. La digitalisation de l’entreprise et du monde en général, ainsi que la volonté des navigateurs d’imposer le HTTPS:// par défaut, ont multiplié de manière exponentielle les besoins en matière de certificats.

Pour répondre à ces besoins croissants, le certificat wildcard (*.nomdedomaine.com) est de plus en plus envisagé par les entreprises. S’il présente certains avantages, notamment en matière de réduction des coûts et de flexibilité, il convient d’en connaître les inconvénients pour choisir le bon certificat en toute connaissance de cause. Petit tour d’horizon du certificat wildcard.

Qu’est-ce qu’un certificat wildcard ?

Un certificat TLS standard permet de sécuriser un nom d’hôte (CN pour Common Name ou FQDN pour Fully Qualified Domain Name) explicite, défini dans ses métadonnées. Exemple, Google détient un certificat pour mail.google.com.

  • Ce certificat est valide uniquement pour : https://mail.google.com/
  • Il ne peut être utilisé pour : https://google.com/ – https://images.google.com/ – https://my.mail.google.com/

En d’autres termes, le nom d’hôte doit être une correspondance exacte. Si vous essayez d’utiliser ce certificat sur https://my.mail.google.com/ vous obtenez une erreur de certificat de votre navigateur.

Un certificat TLS wildcard est différent. Comme son nom l’indique, il utilise une correspondance générique plutôt qu’une correspondance exacte. Cette correspondance générique est matérialisée par « * » dans le CN et couvre tous les sous-domaines d’un même niveau. Exemple avec le certificat *.google.com.

  • Ce certificat est valide pour : https://mail.google.com/ ET https://images.google.com/ ainsi que tous les sous-domaines possibles de google.com.
  • Il ne peut être utilisé pour : https://google.com/ (sans sous-domaine) ou https://my.mail.google.com/ (le niveau de sous-domaine n’est pas le même).

Le côté pratique du certificat wildcard ?

Dans certaines situations, le certificat wildcard est très utile. Un hébergeur qui propose des sites web pour différents clients, hébergés sur un serveur mutualisé, et accessibles via des sous-domaines différents… client1.monsite.com,  client2.monsite.com, client3… Il est peu pratique, techniquement plus compliqué et de facto plus cher de demander un nouveau certificat pour chaque client qui s’inscrit ; l’option la plus simple est un certificat wildcard pour *.monsite.com, certificat unique qui couvrira tous les clients. Le cas est identique pour une entreprise qui souhaite accéder à ses sites web via des FQDN dérivés d’un même domaine et hébergés sur un même serveur web, *.monentreprise.com. Jusque-là tout va bien.

Mais alors, quel est le risque ?

Dans les cas ci-dessus, tous les sites sont hébergés sur un seul serveur. Dans les grandes entreprises, ou pour les sites web importants, les hébergements sont souvent plus complexes et sur des serveurs différents. Reprenons notre exemple de Google avec images.google.com et mail.google.com, ces deux applications sont liées à des services différents de l’entreprise, hébergées sur des serveurs différents et gérées par des équipes techniques différentes. Ce genre d’organisation est extrêmement fréquent dans l’entreprise. Et c’est là que la sécurité des certificats wildcard s’arrête.

Le problème du certificat wildcard, et dans une moindre mesure des certificats contenant des entrées multiples (les fameux SAN, Subject Alternative Names), vient du fait de les déployer sur plusieurs serveurs. En effet, pour assurer la sécurité d’un certificat TLS/SSL, il faut absolument protéger la clé privée associée au certificat. Idéalement la mettre au coffre ou dans un HSM. Lorsqu’on installe un certificat sur plusieurs serveurs, les clés privées associées circulent, augmentant l’exposition au risque de compromission.

Cas de la compromission d’un certificat

En cas de compromission d’un certificat, ou d’erreur sur le certificat (problème de renouvellement), il convient d’intervenir rapidement pour limiter les dommages causés. Demande d’un nouveau certificat (ou renouvellement), installation du nouveau certificat et, le cas échéant, révocation du certificat compromis.

Dans notre exemple de création de sites Web sur serveur unique, ce n’est pas un problème. Nous avons un seul serveur, il a été compromis, le certificat volé/expiré/compromis ne fonctionne que pour ce seul serveur ; nous avons limité les dégâts autant que possible.

Dans un scénario à « plusieurs serveurs », si le certificat d’un seul des serveurs est affecté, il devient compromis sur l’ensemble des serveurs, ce qui va entraîner des conséquences sur l’ensemble de ceux-ci et demander une intervention bien plus large, le plus souvent en urgence, pour réparer les dégâts, et en supposant que l’ensemble des serveurs affectés soit identifié. En effet il n’est pas rare que le certificat circule au sein de plusieurs équipes et installé sans être répertorié sur nombre de serveurs. L’impact peut être considérable.

En reprenant notre exemple de Google. Imaginons que seul le serveur images.google.com ait été piraté et que mail.google.com n’ait pas été affecté. Le certificat pour images.google.com étant un certificat wildcard pour *.google.com commun à mail.google.com, le cyber-attaquant ayant compromis le service d’images a par ricochet usurpé l’identité du serveur mail.google.com et peut intercepter le trafic du service de messagerie alors que ce serveur n’a jamais été piraté !

Bonne pratique à respecter : un certificat TLS/SSL par serveur… 

Dans notre dernier exemple, si nous avions eu deux certificats et non un seul, chacun des serveurs n’ayant accès qu’à son propre certificat, nous aurions limité le risque. Dans un monde idéal, chaque certificat ne doit être utilisé que pour un serveur (ou un cluster homogène de serveurs). Différents services sur différents serveurs doivent avoir leurs propres certificats, généralement non wildcard.

Un wildcard peut être utilisé si vous avez beaucoup de noms d’hôte, de type sous-domaine, pointant vers le même service sur le même serveur. Attention cependant que ce certificat générique ne couvre pas également des noms d’hôte pointant vers d’autres serveurs ; auquel cas chaque service devrait avoir ses propres certificats.

Enfin si vous avez quelques noms d’hôte pointant vers des serveurs uniques et tout le reste sur un seul service, alors il est préférable de dissocier les noms d’hôte. Par exemple, vous pouvez avoir un certificat pour login.monsite.com et un certificat (wildcard) pour *.clients.monsite.com. Sur ce dernier exemple, si le nombre de clients est fixe ou clairement défini, il vaut mieux s’orienter vers un certificat avec une liste de SAN précise, pour mieux maîtriser les noms d’hôte sécurisés et ne pas permettre le httpS:// sur des noms d’hôte non maîtrisés.

Conclusion

L’option du certificat wildcard existe et c’est une bonne chose pour certains besoins très spécifiques. Dans les faits, on ne devrait jamais avoir besoin de mettre en place un certificat wildcard, pas plus qu’on ne devrait installer un même certificat sur différents serveurs non bâtis en cluster.