Interview avec notre experts DMARC dans le cadre de la série « Supporter Spotlight » du CSA

Sébastien Fisher, expert DMARC chez Nameshield a été interviewé par la Certificatied Senders Alliance (CSA) pour parler de DMARC et de délivrabilité email.

Un environnement de messagerie sain ne se met pas en place tout seul. Il nécessite l’engagement actif des entreprises et des personnes qui veillent à ce que le courrier électronique reste un canal de communication ouvert, sécurisé et fiable. La Certified Senders Alliance (CSA) rend hommage à cet engagement à travers sa série « Supporter Spotlight » à laquelle Nameshield a été ravi de participer.

La CSA est l’organisme européen de certification des expéditeurs d’e-mails depuis 2004 et, en tant qu’initiative conjointe « d’eco, Association of the Internet Industry » et de la « Deutscher Dialogmarketing Verband DDV« . Elle joue le rôle d’intermédiaire entre les fournisseurs de services de messagerie et les expéditeurs. En tant que sponsor, aux côtés de notre partenaire Merox, nous mettons notre expertise DMARC au service de la lutte contre le phishing et l’usurpation d’identité.

Sébastien Fischer, consultant DMARC chez Nameshield et expert en délivrabilité des e-mails depuis 18 ans, revient sur ses débuts chez Emailvision jusqu’à son travail actuel à nos côtés dans le domaine de la sécurité des domaines. Voici l’interview complète.

CSA : Qu’est-ce qui vous fascine encore aujourd’hui dans l’e-mail ?

Pour commencer, revenons sur son parcours : nous avons voulu savoir ce qui l’avait fasciné dans ce domaine au fil des années.

Sébastien Fischer : J’ai fait mes premiers pas dans le marketing par e-mail – et plus particulièrement dans le domaine de la délivrabilité des e-mails – il y a 18 ans chez Emailvision. C’est là que j’ai découvert un canal de communication incroyable, en constante évolution, ce qui le rend si fascinant à bien des égards :

  • L’évolution des pratiques marketing : les e-mails de masse – que certains annonceurs continuent d’envoyer – ont cédé la place à des e-mails plus ciblés, au contenu personnalisé.
  • Évolution des techniques de spam : les spammeurs peuvent être des spécialistes du marketing très compétents et s’adaptent rapidement aux nouvelles technologies pour contourner les filtres anti-spam et tromper les utilisateurs finaux.
  • Progrès des techniques de filtrage : les filtres anti-spam utilisent des systèmes de réputation complexes basés sur divers indicateurs, notamment la configuration technique, l’authentification, l’historique de réputation des domaines et des adresses IP, l’analyse de contenu, la détection de comportements suspects et l’analyse des habitudes des utilisateurs en matière d’e-mails.
  • Évolution des normes : au cours des 20 dernières années, de nombreuses RFC ont été publiées, et certaines ont évolué ou continueront d’évoluer — je pense notamment au DMARC et à la version 2 du DKIM.
  • Évolutions juridiques : l’entrée en vigueur du RGPD il y a quelques années a changé la donne. Tous les annonceurs doivent s’adapter rapidement à ces changements s’ils souhaitent continuer à atteindre les boîtes de réception de leurs utilisateurs.

CSA : Quel est le défi que Nameshield s’engage tout particulièrement à relever ?

L’un des principaux défis de Nameshield consiste à protéger les marques contre l’usurpation de noms de domaine et le phishing, grâce à l’utilisation ciblée de protocoles d’authentification tels que SPF, DKIM et DMARC afin de sécuriser l’identité numérique des entreprises.

Sébastien Fischer : Nameshield est un leader mondial de la gestion de noms de domaine. Il est important pour nous d’être un guichet unique pour nos clients lorsqu’il s’agit de déployer des technologies de pointe pour sécuriser le trafic de messagerie entrant et sortant, tout en jouant le rôle de promoteur de ces technologies afin d’assurer une transition en douceur pour tous nos clients – de sorte que cet important canal de communication reste aussi sûr et fiable que possible.

CSA : Que faut-il faire pour que l’e-mail reste un canal fiable ?

Sébastien Fischer : L’e-mail est un formidable canal de communication, mais il existe certains domaines dans lesquels il pourrait encore être considérablement amélioré :

  • Une sécurité renforcée : l’adoption du protocole DMARC avec une politique de sécurité restrictive reste trop faible — une aubaine pour tout pirate qui aime utiliser des domaines non protégés pour ses e-mails de hameçonnage.
  • Un recours accru au BIMI : l’utilisation d’un certificat de marque VMC avec BIMI – qui permet d’afficher le logo et une coche distinctive dans les boîtes de réception de certains fournisseurs – renforce la visibilité d’une marque, pour le plus grand plaisir des équipes marketing. Elle confère également une plus grande légitimité aux e-mails envoyés dans les boîtes de réception des destinataires, contribuant ainsi à éviter toute confusion.
  • Une meilleure sensibilisation aux cybermenaces chez les entreprises et les particuliers : savoir reconnaître les e-mails de hameçonnage et protéger ses mots de passe pour prévenir le vol de comptes et de données.
  • Un nombre croissant de membres de la CSA (Certified Senders Alliance) et de son programme de certification : pour faire parvenir le bon message à la bonne personne dans sa boîte de réception au bon moment.

CSA : En quoi la collaboration entre la CSA et Nameshield est-elle importante pour vous ?

Sébastien Fischer : La CSA est une organisation européenne de premier plan dans le domaine de la délivrabilité et de la confiance en matière d’e-mails, notamment grâce à son programme de certification des e-mails. La CSA n’est pas seulement un tiers de confiance pour de nombreux fournisseurs locaux et internationaux, mais fait également office d’autorité juridique et technologique, ce qui lui confère une forte légitimité et un prestige considérable au sein du secteur. L’organisation apporte un soutien inestimable à tous ceux qui cherchent à améliorer la qualité de leur marketing par e-mail – et c’est précisément pour cette raison que nous nous engageons à la soutenir.

Notre entretien avec Sébastien Fischer démontre une fois de plus qu’un écosystème de messagerie sécurisé et fiable est le fruit d’un effort collectif. Chez Nameshield, nous travaillons chaque jour, en collaboration avec des partenaires tels que la CSA, pour faire progresser encore davantage la sécurité des domaines et la délivrabilité des e-mails.

Un grand merci à la CSA pour leurs questions pertinentes et cette collaboration !

Pour en savoir plus sur DMARC, n’hésitez pas à nous contacter.

Préparez-vous au .web, l’extension qui aura attendu plus de trente ans son lancement

Le 22 juillet dernier, l’opérateur de registre Verisign annonçait la délégation du .web. L’information aurait presque pu paraitre inaperçue durant cet été caniculaire où l’industrie des noms de domaine était concentrée sur la fenêtre de candidature du nouveau round ICANN refermée le 12 août dernier. Cette délégation qui annonce donc le lancement prochain du .web constitue un événement majeur dans l’industrie du nommage.

Le 22 juillet dernier, l’opérateur de registre Verisign annonçait la délégation du .web. L’information aurait presque pu paraitre inaperçue durant cet été caniculaire où l’industrie des noms de domaine était concentrée sur la fenêtre de candidature du nouveau round ICANN refermée le 12 août dernier.

Cette délégation qui annonce donc le lancement prochain du .web constitue un événement majeur dans l’industrie du nommage. Le .web a en effet été vu très tôt comme ayant une vocation universelle susceptible de devenir une véritable alternative au .com.

Candidate avant même la création de l’ICANN, puis au cœur du programme des nouveaux gTLDs lancé en 2012, cette extension n’arrive finalement sur le marché qu’en 2026, après plus de dix ans de procédures et près de trente ans d’histoire.

Retour sur un dossier emblématique qui a profondément influencé les règles du dernier round des nouveaux gTLD.

Une extension imaginée avant même l’ICANN

Peu de lecteurs savent que le .web n’est pas né en 2012.

En effet, dès 1996, la société californienne Image Online Design (IOD) propose un .web sur un système DNS alternatif mais qui n’est pas intégré à la racine DNS officielle. À cette époque, l’une des figures fondatrices d’Internet Jon Postel, avait déjà envisagé l’ajout d’extensions supplémentaires aux extensions historiques comme le .com, .net, .org. Cependant en 2000, lorsque l’ICANN lance son premier vrai processus de sélection de nouveaux gtlds, le .web soutenu par IOD n’est pas retenu ce qui met fin au projet.

2012 : Sept candidats pour une seule extension

Il faudra attendre 2012 et le lancement par l’ICANN d’une série de nouvelles extensions avec des règles de candidatures plus ouvertes pour voir resurgir des projets de création d’un .web. Si l’extension .app recueille alors le record de 13 candidatures, le .web suscite le plus vif intérêt avec sept candidatures, la plupart y voyant une réelle alternative au .com.

L’enchère record qui change tout

En 2012, lorsque plusieurs candidats se disputaient la même extension, les règles de l’ICANN prévoyaient d’abord une résolution privée du conflit. À défaut d’accord, une enchère de dernier recours permettait de départager les candidats. Pour le .web, aucun accord n’a été trouvé et l’enchère organisée les 27 et 28 juillet 2016, s’est conclue par la victoire de Nu Dot Co, pour 135 millions de dollars, un montant alors sans précédent pour un nouveau gTLD.

Quelques jours plus tard, Verisign a confirmé avoir financé l’offre de Nu Dot Co, dans le cadre d’un accord prévoyant que le contrat de registre puisse ensuite lui être transféré, sous réserve de l’accord de l’ICANN. Cette annonce a ouvert alors une nouvelle phase dans l’histoire du .web : plusieurs candidats ont contesté la procédure, tandis que l’ICANN a engagé les différentes étapes de revue et de résolution qui vont finalement repousser le lancement de l’extension.

Pourquoi le lancement a-t-il pris dix ans ?

On pourrait imaginer que le lancement du .web a ensuite été retardé par des difficultés techniques. Il n’en est rien. Après l’enchère de 2016, la procédure s’est poursuivie au fil de plusieurs recours, procédures d’Independent Review Process et examens successifs par l’ICANN, portant notamment sur les conditions de l’opération, le financement de l’offre de Nu Dot Co et les enjeux concurrentiels liés à l’exploitation du .web. Plusieurs décisions et réexamens du Board de l’ICANN vont ainsi se succéder avant que le dossier puisse finalement avancer.

2026 : enfin le lancement

Finalement délégué dans la racine en juillet 2026, le .web entre désormais dans sa phase de lancement, avec une période Sunrise à venir, une période d’accès prioritaire, puis son ouverture générale à une date encore non officialisée. Verisign prépare cette ouverture avec soin en s’appuyant sur l’expérience de son infrastructure .com et .net, éprouvée depuis des décennies.

Reste une question plus commerciale que technique : le contexte de 2026 est-il favorable pour un tel lancement ? Depuis le lancement de la première vague de nouveaux gTLDs, le paysage du nommage s’est considérablement transformé. Plus d’un millier de nouvelles extensions ont fait leur apparition, certaines ayant réussi à s’installer durablement, comme .xyz, .shop ou .online et d’autres vont arriver l’année prochaine avec le round 2026. Le .web bénéficie donc aujourd’hui d’un marché beaucoup plus mature et d’habitudes d’enregistrement qui ont évolué. Arrive-t-il trop tard pour bouleverser le marché ? Il est sans doute trop tôt pour le dire. Mais une chose est certaine : après trente ans d’attente, le .web dispose enfin de tous les éléments pour écrire sa véritable histoire.

Au moment où le prochain round des nouveaux gTLDs entre dans la phase d’examen des candidatures, le lancement du .web clôt symboliquement le cycle ouvert en 2012. Après plus d’une décennie de procédures, l’industrie va enfin pouvoir mesurer le potentiel réel de cette extension longtemps présentée comme la seule capable de rivaliser avec le .com. Dans le même temps, les enseignements tirés de ce dossier qui a constitué un vrai cas d’école pour l’ICANN, ont façonné les règles du nouveau programme, avec l’ambition de rendre les futurs lancements plus rapides, plus transparents et moins litigieux.

Suivez nos prochaines publications pour connaitre les dates et conditions d’ouverture du .web. Vos conseillers restent à votre écoute.

Lancement du dot WEB - Les dates clés

La souveraineté numérique européenne face aux objectifs de 2030 

Au début de l’été, la Commission Européenne a publié son quatrième rapport sur « l’état d’avancement de la Décennie numérique ». Alors que la rentrée approche, Nameshield vous transmet les informations importantes de ce bilan stratégique, qui dessine les contours de la souveraineté technologique de l’Union Européenne à l’horizon 2030.

La souveraineté numérique européenne face aux objectifs de 2030 

Au début de l’été, la Commission Européenne a publié son quatrième rapport sur « l’état d’avancement de la Décennie numérique ». Alors que la rentrée approche, Nameshield vous transmet les informations importantes de ce bilan stratégique, qui dessine les contours de la souveraineté technologique de l’Union Européenne à l’horizon 2030.

Ce document révèle comment l’Europe souffre de dépendances stratégiques critiques en matière de cybersécurité, de cloud, et d’actifs numériques. Pour rester compétitives et résilientes face aux géants américains et chinois, les entreprises européennes doivent accélérer leur transformation et faire le choix délibéré d’acteurs de confiance souverains.

La politique numérique européenne, un bilan 2026 en demi-teinte 

Sur le plan des infrastructures de base, le rapport met en exergue des résultats encourageant en Europe :

  • Le déploiement de la 5G couvre désormais 96,8% des ménages européens,
  • Près d’une entreprise sur deux (46,7%) utilise des services de cloud computing,
  • Pour ce qui est de l’IA, 20% des entreprises déploient des solutions en interne, son adoption ayant bondi de 48% en un an (notamment pour le secteur de la santé), tandis que 60% de la population européenne dispose de compétences numériques de base en ce qui la concerne.

Mais les concurrents américains captent l’essentiel de la valeur technologique et l’écart se creuse sur plusieurs points stratégiques :

  • L’Europe fait face à une dépendance matérielle persistante : elle ne représente que 9% du marché mondial de semi-conducteurs, loin de l’objectif de 20% fixé pour 2030.
  • Le rapport fait aussi bilan d’une pénurie de talents IT et cyber. En 2025, les spécialistes des technologies de l’information et de la communication (TIC) ne représentent que 5% de l’emploi total en Europe (la cible est de 10% pour 2030, impactant les domaines de la sécurité, du cloud et de la cybersécurité). La représentation féminine parmi les spécialistes des TIC reste figée sous la barre des 20% depuis 2024, malgré une demande qui augmente.
  • Enfin, en ce qui concerne les PME, celles-ci font face à un triple obstacle : manque de données, de compétences internes et des ressources financières limitées, ce qui paralyse l’intégration d’outils numériques avancés et sécurisés.

L’Europe face à une dépendance externe en termes de cybersécurité 

Le constat de la Commission Européenne est sans appel : l’Europe maintient une dépendance structurelle majeure à l’égard de prestataires de cybersécurité établis hors de l’Union Européenne. Les champions technologiques européens restent malheureusement sous-représentés sur la scène internationale.

Pour les entreprises, cette dépendance fait peser des risques juridiques, géopolitiques et opérationnels sur leurs données et leurs actifs numériques. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, rappelle dans le rapport, que la mise en place de bases règlementaires solides en Europe doit servir de levier pour bâtir notre propre résilience industrielle.

Maîtriser ses infrastructures, ses données et ses fournisseurs technologiques

Face à des menaces grandissantes en termes de vie privée et de protection des données, le récent « Eurobaromètre sur la décennie numérique », porté par la Commission Européenne, montre une prise de conscience citoyenne et professionnelle inédite sur la question : 

  • 82% des Européens jugent indispensable de réduire nos dépendances technologiques vis-à-vis de pays tiers.
  • 85% exigent que l’UE investisse prioritairement dans des services numériques développés et contrôlés sur le sol européen.
  • 58% se déclarent prêts à migrer vers un fournisseur européen, quitte à payer plus cher.

Pour une entreprise, choisir un partenaire de confiance européen n’est plus qu’une démarche éthique, mais un facteur de différenciation et de réassurance majeur, et ce, pour différentes raisons :

  • Sécurité et fiabilité accrues (50% des répondants),
  • Meilleure protection des données personnelles (49%),
  • Des règles claires et une protection renforcée (39%),
  • Une dépendance réduite vis-à-vis des juridictions étrangères (33%),
  • Un soutien à la compétitivité économique européenne (30%).

Autonomie numérique : protéger ses noms de domaine, la première ligne de défense de votre marque

La sécurité de vos actifs numériques (noms de domaine, serveurs DNS…) s’inscrit directement dans la lutte contre les cybermenaces identifiées par l’Eurobaromètre de la Commission Européenne.

87% des citoyens estiment dans le rapport, que la manipulation en ligne, la désinformation, l’utilisation malveillante de l’IA et les deepfakes constituent une menace directe pour nos démocraties.

Le détournement des noms de domaine, sert fréquemment de vecteur pour déployer des campagnes de phishing massives, usurper l’identité d’entreprises légitimes ou propager de fausses informations. Sécuriser vos noms de domaine auprès d’un opérateur français et souverain, permet de protéger efficacement vos clients.

La souveraineté numérique au cœur des débats européens 

Le message de la Commission Européenne pour les années à venir est limpide : pour éviter le déclassement économique et technologique, l’Europe doit transformer son alignement réglementaire en une véritable puissance industrielle.

Pour les entreprises françaises et européennes, cette dynamique se traduit par des choix concrets. En confiant la protection de vos domaines et actifs numériques à un expert souverain, vous réduisez à la fois les risques opérationnels, tout en répondant aux exigences de confiance et de sécurité en vigueur.

À l’approche de la rentrée, la souveraineté numérique s’impose comme un axe majeur des discussions européennes. Les UECC organisées par Hexatrust, autour de la question « L’Europe est-elle prête à conquérir sa souveraineté ? », prolongeront les constats et interrogations du rapport 2026 de la Commission Européenne et mettront en lumière un enjeu concret : transformer les ambitions européennes en choix technologiques maîtrisés.

Dans ce contexte, des acteurs comme Nameshield contribuent à renforcer la résilience des entreprises et administrations en protégeant leurs noms de domaine stratégiques contre les cybermenaces.

Si vous avez des questions sur cet article, n’hésitez pas à nous contacter.

L’extension .dot fait son arrivée en juillet : tout ce qu’il faut savoir

new gTLD .dot

Le monde des noms de domaine s’enrichit d’une nouvelle extension générique de premier niveau (gTLD) : le .dot. Pensée pour les développeurs web, elle promet de susciter un engouement important.

De l’exclusivité à l’ouverture du .dot

Le .dot avait initialement été demandé par Google, mais a finalement été acquis par la société Dish DBS Corporation. Jusqu’à présent, son utilisation était strictement réservée à cette entreprise et à ses filiales. Mais dès le 21 juillet, cette extension pourra être réservée par les marques accréditées.

À qui s’adresse cette extension et quels sont ses avantages ?

Le .dot se positionne comme l’espace par défaut pour les développeurs, ingénieurs, mainteneurs de projets open-source, startups et marques technologiques. Ses applications s’intègrent nativement au vocabulaire du développement :

  • Marque personnelle : Les développeurs peuvent créer des adresses courtes et facilement reconnaissables (prenom-nom.dot).
  • Infrastructure et environnement interne : L’extension offre une structuration claire pour les environnements de test, les régions géographiques ou les API, tels que api.entreprise.dot

Le .dot bénéficie d’une acceptation universelle par tous les navigateurs, clients de messagerie et autorités de certification majeures.

Le calendrier de lancement du .dot

Afin de garantir un lancement équitable et sécurisé pour les entreprises, le lancement de l’extension sera divisé en trois étapes distinctes :

  1. Phase Sunrise (du 21 juillet au 19 octobre 2026) : Une fenêtre de 90 jours est exclusivement réservée aux détenteurs de marques inscrites dans la TMCH, leur permettant d’enregistrer leur nom exact avant le grand public.
  2. Early Access Period (du 20 octobre au 1er novembre 2026) : Pendant 13 jours, l’enregistrement sera ouvert à tous selon la règle du premier arrivé, premier servi, mais avec un système de tarification dégressive.
  3. Disponibilité Générale (À partir du 2 novembre 2026) : L’enregistrement d’un nom de domaine en .dot est ouvert à tous à condition qu’il n’ait pas été réservé avant.

Avec une demande particulièrement forte de la part des investisseurs pour des termes génériques de développement (api.dot ou docs.dot), ce lancement représente une opportunité intéressante pour les professionnels de l’informatique.

Nameshield vous accompagne à chaque étape dans l’acquisition de votre nom de domaine en .dot : réservation, sécurisation et déploiement s’inscrivent dans un processus clair et maîtrisé. Si vous souhaitez bénéficier de notre accompagnement, n’attendez plus : contactez-nous.

ICANN86 : Nouveau round ICANN ouvert, intelligence artificielle et abus du DNS

ICANN86
Source de l’image : Site de l’ICANN

Du 8 au 11 juin 2026, la communauté ICANN s’est retrouvée à Séville en Espagne pour l’ICANN86 Policy Forum. L’Espagne accueillait pour la deuxième fois une réunion publique de l’ICANN après l’ICANN63 organisé à Barcelone en octobre 2018. À l’extérieur, Séville offrait déjà un avant-goût de l’été andalou ; à l’intérieur, la climatisation du centre FIBES permettait aux 1 337 participants présents de conserver toute leur énergie pour les 116 sessions prévues. Un contraste apprécié au moment d’aborder les sujets chauds de cette édition, suivie également par 548 participants à distance.

Au menu, des sujets très suivis : le cycle de candidatures aux nouvelles extensions génériques désormais ouvert depuis le 30 avril dernier, la lutte contre les abus du DNS mais aussi l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur le secteur des noms de domaine. Ils ont largement dominé les discussions dans les couloirs comme dans les salles de réunions.

ICANN86
Le centre de conférences FIBES à Séville, lieu de l’ICANN86

Le prochain round est lancé, tandis que le SPIRT se met en place

La fenêtre de candidatures pour la nouvelle série d’extensions de noms de domaine est déjà à mi-chemin de sa fermeture prévue le 12 août prochain. A Séville, les échanges ont essentiellement porté sur les derniers ajustements opérationnels, la préparation des candidats et la capacité de l’écosystème à absorber un volume potentiellement important de dossiers. Aucun chiffre officiel n’a filtré sur le nombre de candidats qui se sont déjà positionnés. Pour les extensions fermées dédiées aux marques, les dot brands, la communauté a majoritairement partagé le constat que la fenêtre de candidatures concentrée sur quinze semaines en plein été, n’est pas adaptée aux cycles de décisions internes des entreprises. 

Si le dispositif de mise en œuvre du cycle de candidatures apparaît largement stabilisé, les discussions ont également permis de mesurer l’importance du Standing Predictable Implementation Review Team (SPIRT), un mécanisme conçu pour traiter les questions d’interprétation ou les difficultés qui pourraient apparaître durant la mise en œuvre des recommandations de la politique SubPro liée à cette nouvelle série. Le SPIRT va réellement intervenir lors de l’examen des candidatures. Il est né directement d’un constat issu du round 2012 : le guide de candidatures ne pouvait pas prévoir tous les cas de figure rencontrés pendant l’évaluation et la délégation des nouvelles extensions. Lorsqu’un problème inédit apparaissait, il n’existait pas de mécanisme clair permettant de déterminer rapidement s’il fallait simplement interpréter le guide de candidatures, modifier une procédure ou renvoyer la question vers un processus de politique beaucoup plus lourd. Le cadre de prévisibilité (« Predictability Framework ») et le SPIRT ont été créés pour traiter précisément ces problématiques qui risquent de se poser à nouveau lors de cette nouvelle série.

Intelligence artificielle et abus : des sujets omniprésents qui dépassent le rythme de l’ICANN

L’intelligence artificielle s’est aussi invitée dans les sessions de la semaine sévillane et a d’ailleurs constitué l’un des thèmes les plus suivis de cette édition. Plusieurs sessions ont en effet été consacrées à l’impact de l’IA sur l’écosystème des noms de domaine et en particulier sur les abus du DNS. Nombreux ont été les participants sur place à devoir rester debout ou à s’assoir sur le sol.

ICANN86 - L’une des sessions sur l’IA et les abus du DNS
L’une des sessions sur l’IA et les abus du DNS

L’ICANN86 a permis de rappeler que l’IA ne crée pas une nouvelle catégorie d’abus du DNS mais qu’elle permet notamment d’industrialiser sans connaissances spécifiques les abus existants. Elle permet de produire davantage de domaines malveillants, des contenus de phishing plus crédibles et des campagnes plus ciblées. Mais elle offre également de nouveaux moyens de détection et d’analyse. Cette double réalité a largement dominé les discussions de Séville, où de nombreux participants ont souligné le risque de voir l’évolution technologique dépasser la capacité des processus de gouvernance de l’ICANN à s’adapter.  

L’institut NetBeacon a résumé l’impact de l’IA en évoquant un phénomène émergent, l’IA étant susceptible d’accélérer l’ampleur et la gravité des attaques en rappelant que la part des abus générés par l’IA reste difficile à déduire des données, l’automatisation étant possible sans IA. Pour les remédiations, l’IA peut être utile à condition d’être utilisée avec prudence, en complément de processus humains. Pour la gouvernance, l’institut a plaidé pour que les travaux sur les politiques s’appuient sur de grands principes et se concentrent sur des problèmes spécifiques pouvant être résolus.

Ces sessions ont aussi mis en lumière une réalité connue : l’ICANN apparaît souvent en décalage avec les réalités du marché. Son modèle multipartite repose en effet sur des processus d’élaboration de politiques longs, structurés et fondés sur la recherche du consensus. Si cette approche garantit la légitimité des décisions, elle rend difficile une réponse rapide à des phénomènes qui évoluent parfois en quelques mois seulement.

Les abus du DNS restent au cœur des travaux politiques

La lutte contre les abus du DNS demeure en tout cas l’un des principaux chantiers de politiques de l’ICANN. Plusieurs travaux sont en cours.

Le premier concerne les « Associated Domain Checks », souvent désignés comme le PDP1 sur les abus du DNS. Ce processus d’élaboration de politique vise à examiner les contrôles pouvant être effectués sur des ensembles de noms de domaine liés entre eux afin d’améliorer la détection d’activités abusives. Son calendrier actuel prévoit une finalisation des travaux à l’horizon novembre 2027.

Le deuxième chantier, désigné comme PDP2, doit porter sur les garanties entourant l’accès aux interfaces de programmation (API) utilisées dans le cadre des nouveaux enregistrements. Ces travaux, qui concernent principalement les registrars, n’ont pas encore débuté mais figurent parmi les prochaines étapes identifiées.

Un PDP3 va aussi se concentrer sur les obligations et mesures applicables aux registres afin de renforcer la prévention et le traitement des abus. Ces deux PDP pourraient être menés en parallèle si les ressources nécessaires peuvent être mobilisées pour mener ces deux sujets de front.

Sur ces différents sujets, les positions du Governmental Advisory Committee (GAC), l’instance représentant les gouvernements et du Country Code Names Supporting Organization (ccNSO) qui représente les registres d’extensions pays, continuent de jouer un rôle important. Le GAC pousse régulièrement pour des mesures plus robustes et une action plus rapide face aux abus affectant les utilisateurs. Le ccNSO, tout en partageant l’objectif de lutte contre les usages malveillants, demeure attentif à la préservation des spécificités des registres nationaux et à l’équilibre entre efficacité opérationnelle et contraintes réglementaires. Les échanges de Séville ont confirmé que ces deux organisations continueront d’influencer les débats à mesure que ces travaux vont progresser.

Cap sur Bali et les premiers enseignements du nouveau round

Les regards se sont désormais tournés vers l’ICANN87 qui se tiendra à Bali à la fin du mois d’octobre 2026.

Cette réunion devrait intervenir à un moment particulièrement stratégique. La fenêtre de dépôt des candidatures du prochain round des nouvelles extensions sera alors fermée et la communauté disposera potentiellement des premiers éléments concrets sur le niveau de participation. Si le calendrier est respecté, le traditionnel « Reveal Day » (Jour des révélations) pourrait avoir eu lieu, offrant une première photographie des projets déposés, des chaînes les plus convoitées et des acteurs engagés dans cette nouvelle phase d’expansion de l’espace des noms de domaine.

L’ICANN86 a montré que le programme de la nouvelle série d’extensions de noms de domaine avance conformément au calendrier envisagé par l’ICANN. Point de préoccupation largement partagé parmi les participants à Séville, la fenêtre de candidatures ouverte uniquement durant 15 semaines dont la moitié tombe en plein été n’est pas adaptée aux candidats à des .brand. Un sujet que Nameshield a porté au nom des entreprises qui peinent à boucler leur décision sur un projet de Brand TLD. Le processus de décisions sur de tels projets est en effet long en raison de contraintes organisationnelles et la période estivale n’est pas propice en termes de disponibilité pour beaucoup d’interlocuteurs décisionnaires. Il faut néanmoins garder en tête qu’à l’heure actuelle, la fenêtre de dépôts des projets va bien se refermer le 12 août prochain et qu’à l’heure de la publication de cet article, c’est donc la toute dernière opportunité de positionner votre projet. Nameshield mettra en œuvre tous ses efforts pour construire et soumettre votre projet dans le peu de temps qu’il reste, mais il faut agir tout de suite.

À l’heure où l’intelligence artificielle permet de générer à grande échelle des contenus frauduleux et des attaques de plus en plus convaincantes, le .brand apparaît comme une réponse étonnamment simple à un problème complexe. Si l’IA peut imiter une marque, elle ne peut pas enregistrer un nom de domaine sous son extension : un .brand est en effet un espace de nommage fermé, réservé à la marque. Chaque domaine y est, par définition, authentique. Au prochain sommet ICANN, dans quatre mois, l’heure sera déjà au bilan des candidatures positionnées, potentiellement sur des marques concurrentes qui auront su saisir cette opportunité unique.