ICANN87 : nouveau round, abus DNS, données privées au cœur des décisions

ICANN87 à Bali : round 2026, abus DNS, accès aux données. Les dossiers clés et les réflexes à adopter pour les titulaires de marques.

À Bali en Indonésie, l’ICANN est entré dans la phase concrète du round 2026, a préparé de nouvelles obligations contre les abus DNS et poursuivi le chantier sensible de l’accès aux données d’enregistrements non publiques. Trois dossiers que nous avons suivi de près.

Du 17 au 22 octobre 2026, l’ICANN a retrouvé l’Asie-Pacifique pour sa 87e réunion publique, au Bali International Convention Center, en Indonésie. Cette édition était aussi l’Annual General Meeting (AGM), l’Assemblée Générale Annuelle, qui combine les travaux habituels de politiques avec le renouvellement de certaines fonctions de gouvernance et un bilan des orientations de l’organisation.

Les discussions ont commencé dès le samedi 17 octobre : un week-end studieux préalable à la semaine d’échanges où le round 2026, la lutte contre les abus DNS et l’accès aux données d’enregistrement ont déjà dominé les sessions. Lundi, lors de la traditionnelle Cérémonie d’ouverture, Tripti Sinha, la présidente du Conseil d’administration de l’ICANN, a rappelé la réussite fondamentale de la gouvernance multipartite : dix ans après la transition de la supervision IANA et « de changements exponentiels », « le DNS ne s’est pas fragmenté ». Reste à démontrer que ce modèle sait produire des résultats suffisamment rapides et concrets.

Tripti Sinha lors de la Cérémonie d’ouverture de l’ICANN87

Round 2026 : 1 615 candidatures, et maintenant?

Le Reveal Day (NDLR : jour de dévoilement des chaînes) du 7 octobre a dévoilé 1 615 candidatures, dont 333 .BRAND, déposées par 481 organisations. Ces chiffres restent néanmoins provisoires jusqu’au String Confirmation Day (NDLR : Jour de confirmation des chaines) du 17 novembre. C’est en effet l’une des différences majeures par rapport au round de 2012 : les candidats ont eu la possibilité de positionner une chaine de remplacement qu’ils ont pu substituer à leur chaine initiale jusqu’au 21 octobre.

À Bali, le constat dressé a fait état de 263 ensembles de contention potentiels identifiés concernant 891 candidatures, un taux nettement supérieur au round 2012. Post Reveal Day, il y avait en effet 751 candidatures identifiées en contention sur un total de 1930. La bataille ne fait donc que commencer.

Le GAC, l’instance qui représente les gouvernements, invite ces derniers à examiner les chaînes publiées, à repérer les dossiers sensibles et à préparer d’éventuelles alertes précoces. Pour les registres de marques, la priorité est opérationnelle : surveiller les chaînes concurrentes ou proches, vérifier les remplacements de chaines, suivre les contentions et anticiper les commentaires et objections.

La prochaine étape décisive débutera après la confirmation des chaînes, avec une période de contributions et d’objections qui doit courir jusqu’au 16 mars 2027. L’évaluation du round en termes de succès va prendre du temps car elle ne peut pas se limiter au nombre de candidatures déposées : il faudra regarder combien seront contractualisées, déléguées et réellement utilisées.

Le programme de soutien aux candidats illustre cet enjeu. Les chiffres rapportés lors des sessions évoquent 78 demandes soumises dont 56 ont été approuvées, mais 51 candidatures seulement issues de candidats soutenus figuraient au Reveal Day. Le GAC veut comprendre les abandons et mieux accompagner les candidats pendant les étapes suivantes. Autre signal marquant pour le GAC : les candidatures IDN, des extensions internationalisées, ne représentent que 1,3 % du total. Elle représentaient près de 6% en 2012.

Abus DNS : jusqu’où les registrars et les registres devront-ils enquêter ?

La lutte contre les abus DNS pourrait entraîner de nouvelles obligations pour les registres et les bureaux d’enregistrement après l’ajout de nouvelles exigences en 2024. Un premier processus de développement de politiques en cours, le PDP1, porte notamment sur les Associated Domain Checks (NDLR : vérifications de domaines associés) lorsqu’un domaine est identifié comme associé à un abus. Le bureau d’enregistrement serait amené à rechercher d’autres domaines liés au même client ou à la même activité.

Le rapport initial du PDP1 a été soumis à consultation et est actuellement retravaillé à la lumière des commentaires. L’objectif est d’avancer rapidement, avec un rapport final espéré fin novembre et une transmission au Conseil du GNSO, l’instance des politiques de domaines génériques, en décembre.

Comme l’ont rappelé certains participants, le point sensible reste la proportionnalité. Un domaine compromis à l’insu de son titulaire n’est pas équivalent à un domaine enregistré à des fins malveillantes. Quels indices suffiront à établir un lien entre plusieurs domaines ? Quelles vérifications seront raisonnablement exigibles ? Comment éviter qu’un signalement entraîne la suspension d’un portefeuille entier, y compris de domaines sans rapport avec l’abus ?

Un second processus de développement de politique, dit PDP2, encore à son lancement, explore de son côté les moyens de limiter les enregistrements abusifs à grande échelle, notamment par des comptes nouveaux ou considérés comme non fiables. Sur ce second processus, des participants ont rappelé qu’un volume important d’enregistrements peut répondre à des besoins légitimes des titulaires.

Le GAC continue de son côté à pousser pour des contrôles efficaces et des données d’enregistrement plus exactes. Les registres et bureaux d’enregistrement doivent, eux, veiller aux coûts, aux contraintes opérationnelles et aux risques de faux positifs. L’enjeu va donc consister à renforcer la sécurité sans transformer la lutte contre les abus en mécanisme de suspension disproportionné.

Accès aux données : le SSAD revient, mais avec quelles garanties ?

L’accès aux données d’enregistrement non publiques reste un point d’échanges sujets à friction entre les besoins des autorités et des titulaires de droits, d’une part, et la protection de la vie privée, d’autre part.

En mars 2026, le Conseil d’administration de l’ICANN n’avait pas adopté les 18 recommandations initiales du SSAD (System for Standardized Access/Disclosure). Il avait demandé une approche plus pragmatique, tirant notamment les enseignements du RDRS (Registration Data Request Service), un service pilote pour des demandes d’accès aux données d’enregistrement en test depuis novembre 2023. À Bali, les travaux sur le SSAD ont abouti à 12 projets de recommandations complémentaires. Une consultation publique est prévue en novembre avant une transmission au Conseil du GNSO estimée au printemps 2027.

En parallèle, un groupe de travail étudie l’authentification des autorités d’application de la loi souhaitant accéder au service, notamment via leurs comptes institutionnels. Mais une distinction essentielle a été rappelée lors des échanges : authentifier un demandeur ne signifie pas autoriser automatiquement la divulgation.

Extensions internationalisées : deux avancées, malgré un round décevant sur les IDN

Le contraste est frappant : les candidatures IDN restent marginales dans le round 2026, mais deux dossiers de politique ont progressé à Bali.

Le Conseil du GNSO a approuvé le rapport final sur les caractères diacritiques de l’alphabet latin, avec 45 recommandations et 12 éléments de guidage. Un caractère diacritique est un signe ajouté à une lettre pour en modifier la prononciation ou la distinguer d’une autre, comme l’accent aigu dans é, ou l’umlaut (ä, ö, ü) en allemand. Le texte vise les extensions qui diffèrent par un signe diacritique sans être considérées comme des variantes au sens des règles actuelles sur les IDN. Il propose, sous certaines conditions, qu’un même opérateur puisse à l’avenir exploiter les deux chaînes, avec des garanties contre la confusion et pour la stabilité du DNS. Cette avancée est notable car des candidatures ont pâti de ce gap dès le round de 2012. Ce dossier passe désormais à la mise en œuvre.

Lors du traditionnel Conseil d’administration ouvert au public, session qui marque la fin de l’AGM, le Board ICANN a également approuvé l’essentiel de la politique de la ccNSO, l’instance qui représente les extensions pays, sur la sélection et la désélection des extensions représentant des pays ou territoires dans des alphabets autres que le latin. Il existe par exemple aujourd’hui pour la Russie le .ru (latin) et .рф (cyrillique). La nouvelle politique qui va pouvoir passer dans sa phase de mise en œuvre établit un cadre complet pour gérer les extensions nationales en écritures non latines sur l’ensemble de leur cycle de vie : sélection, délégation, transfert et retrait. Elle prévoit aussi la gestion des variantes d’une même extension.

Ces deux avancées montrent que les règles progressent, mais le faible nombre de candidatures IDN rappelle que l’adoption dépend aussi de l’usage, de la préparation technique et de l’intérêt des candidats.

Le vrai test : passer des politiques à l’exécution

À Bali, l’ICANN a clarifié plusieurs échéances et chantiers, mais leur portée dépendra désormais de leur mise en œuvre. Avant Lisbonne où se tiendra l’ICANN88 en mars 2027, pour les détenteurs de marques et de portefeuilles de domaines plusieurs risques sont à prendre en considération.

Voici quatre réflexes à adopter dès maintenant :

  • Surveillez les nouvelles extensions. Identifiez les candidatures susceptibles d’affecter vos marques, les chaînes proches et les situations de contention avant qu’il ne soit trop tard pour agir.
  • Auditez votre patrimoine DNS. Vérifiez vos domaines, sous-domaines, délégations et CNAME, notamment ceux liés à des services tiers susceptibles d’avoir été abandonnés.
  • Préparez-vous au renforcement des contrôles anti-abus et à des changements sur l’accès aux données d’enregistrement. Les futures règles pourraient modifier les vérifications et mesures attendues de la part des bureaux d’enregistrement dans un contexte de net renforcement des vérifications déjà nécessaires sur les extensions pays.
  • Élargissez votre veille aux variantes de marques. Intégrez les accents, les caractères internationalisés et les ressemblances visuelles dans votre stratégie de protection, au-delà des seules correspondances exactes.

Appuyez-vous sur nos conseillers et nos solutions pour simplifier la mise en œuvre de ces mesures : n’hésitez pas à nous contacter.

Lancement de l’extension .Phone : mettez en avant la téléphonie et la relation client

L’arrivée de l’extension « .phone » le 6 octobre 2026 s’impose comme une opportunité majeure pour les entreprises qui souhaitent associer plus clairement leur activité aux services de communication, à la confiance et à l’engagement client.

L’arrivée d’une nouvelle extension sur le web (new gTLD) représente toujours un tournant stratégique pour les organisations. Annoncée par le registre Tucows, l’ouverture prochaine de l’extension .phone s’impose comme une opportunité majeure pour les entreprises qui souhaitent associer plus clairement leur activité aux services de communication, à la confiance et à l’engagement client.

À qui s’adresse le .phone ?

L’extension .phone s’adresse en premier lieu aux opérateurs de télécommunications, aux équipementiers, ainsi qu’aux entreprises proposant des solutions de téléphonie sur IP ou des centres de relation client. Pour ce secteur, l’enjeu est de taille : il s’agit de renforcer la crédibilité des parcours digitaux et de rassurer les utilisateurs dès le premier contact.

Plus largement, cette extension concerne toutes les marques désireuses de sécuriser un espace numérique cohérent avec leurs services de support, tout en prévenant les risques de détournement de leur image.

Enjeux stratégiques : protection et crédibilité

Le lancement de l’extension .phone marque une étape clé pour la cybersécurité des marques. Un nom de domaine évoquant directement la téléphonie ou le support client constitue une cible de choix pour les acteurs malveillants cherchant à orchestrer des campagnes de phishing ou des usurpations d’identité.

Posséder son nom en .phone permet de :

  • Lutter contre la fraude en empêchant des tiers non autorisés d’exploiter l’extension.
  • Renforcer la confiance des clients en garantissant l’authenticité des canaux de communication officiels.
  • Valoriser l’écosystème digital de la marque à travers un positionnement moderne et intuitif.

Calendrier et phases clés

  • Phase Sunrise : Du 6 octobre 2026 au 4 janvier 2027. Réservée en priorité aux titulaires de marques, cette période permet de sécuriser en amont les actifs hautement stratégiques.
  • Early Access Program (EAP) : Du 5 janvier 2027 au 18 janvier 2027. Une fenêtre d’accès anticipé à tarification dégressive pour les structures souhaitant se positionner rapidement.
  • Disponibilité Générale (GA) : À partir du 19 janvier 2027. L’extension s’ouvre plus largement selon le principe du premier arrivé, premier servi.

À la croisée de la relation client, de la sécurité numérique et de la stratégie de marque, l’extension .phone s’annonce comme un actif incontournable.
Face à un calendrier serré, l’anticipation reste la meilleure alliée des décideurs pour bâtir une défense proactive.

Ne laissez pas la sécurité de votre marque au hasard. Contactez dès aujourd’hui les experts de Nameshield pour auditer vos besoins, identifier vos variantes sensibles et définir la stratégie d’enregistrement la plus adaptée à vos ambitions.

Google registry lance 3 nouvelles extensions : .eat, .fly et .here 

Google Registry a annoncé le lancement en 3 étapes des extensions .eat, .fly et .here entre le 1er septembre et le 17 novembre 2026. Ce triple lancement représente une opportunité pour les professionnels de secteurs très variés de renforcer leur présence en ligne, mais aussi un risque face à la nécessité d’anticiper et de limiter les cas de cybersquatting. Alors soyez prêts et ne passez pas à côté de cette actualité.

Google registry lance 3 nouvelles extensions : .eat, .fly et .here

Alors que la rentrée est là, Google Registry a annoncé le lancement des extensions .eat, .fly et .here. Ces new gTLDs promettent d’élargir les possibilités d’adressage sur internet grâce à des noms de domaine liés à une activité, une destination ou un ancrage précis.

Les extensions partagent toutes trois le même calendrier de lancement progressif et risquent d’être très populaires au sein de leurs secteurs respectifs.  

À qui s’adressent ces trois extensions et quels sont leurs intérêts ? 

Le .eat : une extension dédiée à la restauration, aux marques culinaires et aux plateformes de livraison.  

Le .eat va naturellement intéresser les restaurateurs, chefs et autres métiers de bouche qui souhaitent affirmer leurs identités en ligne. Cette extension crée un lien immédiat avec l’univers de la gastronomie et peut convenir aux chefs, traiteurs, producteurs, marques alimentaires, créateurs de contenus ou encore plateformes de livraison de nourriture qui souhaitent présenter leur savoir-faire, promouvoir et vendre leurs services et produits.

Le .food, lancé en 2024, bénéficie d’une popularité grandissante depuis son lancement, avec plus de 35000 domaines déposés, ce qui est prometteur pour l’avenir du .eat.

Le .fly : une extension qui s’adresse aux compagnies aériennes, aéroports, agences de voyage et aux plateformes de réservation de vacances.  

Le .fly sera de son côté utilisé dans le secteur du transport aérien, permettant de transformer des adresses web en une initiation au voyage. Cette extension permettra à son écosystème de proposer voyages, itinéraires et réservations sous une identité claire, mémorisable et cohérente pour que les futurs voyageurs puissent préparer leurs vacances en toute sérénité.

Le secteur aérien étant particulièrement exposé au cybersquatting, il sera nécessaire pour de nombreuses marques de préparer des dépôts défensifs pour éviter les enregistrements opportunistes ou abusifs de la part de cyberattaquants.

Le .here : une extension qui marque un ancrage pour les entreprises locales et les communautés.

Lorsqu’une entreprise va vouloir renforcer sa présence dans un lieu défini, le .here signalera une appartenance à une localisation spécifique : cette extension s’adresse donc à une typologie d’acheteurs large et variée. Le .here convient ainsi aux commerces de proximité, plateforme de géolocalisation, médias locaux, offices du tourisme, collectivités territoriales ou agences immobilières qui souhaitent présenter leurs offres ou initiatives locales à leur clientèle.

Du fait de son aspect plus générique, le .here sera sans aucun doute adopté par des secteurs et des acteurs très hétérogènes, mais il s’ancrera toujours dans le local.

Quel est le calendrier de lancement de ces extensions ?  

Le lancement des extensions . eat, .fly et .here se fera en trois étapes :

  • Période Sunrise : du 1er septembre 2026 au 9 Novembre 2026. Pendant cette période, les titulaires de marques ayant soumis leur marque au Trademark Clearinghouse (TMCH) seront prioritaires pour enregistrer leurs noms de domaine en .eat, .fly et .here.
  • Early Access Period : du 10 novembre 2026 au 17 novembre 2026. Durant une semaine, l’enregistrement de ces extensions sera ouvert à tous, selon la règle du premier arrivé, premier servi, moyennant des frais supplémentaires dégressifs à l’approche du terme de la période d’EAP.
  • Disponibilité Générale : à partir du 17 novembre 2026. L’enregistrement de noms de domaine pour les 3 extensions sera ouvert à tous, à condition qu’ils soient encore disponibles. 

Ces trois nouvelles extensions promettent d’être particulièrement intéressantes pour nombre d’entreprises : ce triple lancement représente une opportunité pour les professionnels de secteurs très variés de renforcer leur présence en ligne, mais aussi un risque face à la nécessité d’anticiper et de limiter les cas de cybersquatting.

Nameshield se tient à votre disposition pour vous accompagner dans l’acquisition, le déploiement et la gestion de vos noms de domaine en .eat, .fly et/ou .here. Si vous êtes intéressés ou avez des questions, contactez-nous.

Préparez-vous au .web, l’extension qui aura attendu plus de trente ans son lancement

Le 22 juillet dernier, l’opérateur de registre Verisign annonçait la délégation du .web. L’information aurait presque pu paraitre inaperçue durant cet été caniculaire où l’industrie des noms de domaine était concentrée sur la fenêtre de candidature du nouveau round ICANN refermée le 12 août dernier. Cette délégation qui annonce donc le lancement prochain du .web constitue un événement majeur dans l’industrie du nommage.

Le 22 juillet dernier, l’opérateur de registre Verisign annonçait la délégation du .web. L’information aurait presque pu paraitre inaperçue durant cet été caniculaire où l’industrie des noms de domaine était concentrée sur la fenêtre de candidature du nouveau round ICANN refermée le 12 août dernier.

Cette délégation qui annonce donc le lancement prochain du .web constitue un événement majeur dans l’industrie du nommage. Le .web a en effet été vu très tôt comme ayant une vocation universelle susceptible de devenir une véritable alternative au .com.

Candidate avant même la création de l’ICANN, puis au cœur du programme des nouveaux gTLDs lancé en 2012, cette extension n’arrive finalement sur le marché qu’en 2026, après plus de dix ans de procédures et près de trente ans d’histoire.

Retour sur un dossier emblématique qui a profondément influencé les règles du dernier round des nouveaux gTLD.

Une extension imaginée avant même l’ICANN

Peu de lecteurs savent que le .web n’est pas né en 2012.

En effet, dès 1996, la société californienne Image Online Design (IOD) propose un .web sur un système DNS alternatif mais qui n’est pas intégré à la racine DNS officielle. À cette époque, l’une des figures fondatrices d’Internet Jon Postel, avait déjà envisagé l’ajout d’extensions supplémentaires aux extensions historiques comme le .com, .net, .org. Cependant en 2000, lorsque l’ICANN lance son premier vrai processus de sélection de nouveaux gtlds, le .web soutenu par IOD n’est pas retenu ce qui met fin au projet.

2012 : Sept candidats pour une seule extension

Il faudra attendre 2012 et le lancement par l’ICANN d’une série de nouvelles extensions avec des règles de candidatures plus ouvertes pour voir resurgir des projets de création d’un .web. Si l’extension .app recueille alors le record de 13 candidatures, le .web suscite le plus vif intérêt avec sept candidatures, la plupart y voyant une réelle alternative au .com.

L’enchère record qui change tout

En 2012, lorsque plusieurs candidats se disputaient la même extension, les règles de l’ICANN prévoyaient d’abord une résolution privée du conflit. À défaut d’accord, une enchère de dernier recours permettait de départager les candidats. Pour le .web, aucun accord n’a été trouvé et l’enchère organisée les 27 et 28 juillet 2016, s’est conclue par la victoire de Nu Dot Co, pour 135 millions de dollars, un montant alors sans précédent pour un nouveau gTLD.

Quelques jours plus tard, Verisign a confirmé avoir financé l’offre de Nu Dot Co, dans le cadre d’un accord prévoyant que le contrat de registre puisse ensuite lui être transféré, sous réserve de l’accord de l’ICANN. Cette annonce a ouvert alors une nouvelle phase dans l’histoire du .web : plusieurs candidats ont contesté la procédure, tandis que l’ICANN a engagé les différentes étapes de revue et de résolution qui vont finalement repousser le lancement de l’extension.

Pourquoi le lancement a-t-il pris dix ans ?

On pourrait imaginer que le lancement du .web a ensuite été retardé par des difficultés techniques. Il n’en est rien. Après l’enchère de 2016, la procédure s’est poursuivie au fil de plusieurs recours, procédures d’Independent Review Process et examens successifs par l’ICANN, portant notamment sur les conditions de l’opération, le financement de l’offre de Nu Dot Co et les enjeux concurrentiels liés à l’exploitation du .web. Plusieurs décisions et réexamens du Board de l’ICANN vont ainsi se succéder avant que le dossier puisse finalement avancer.

2026 : enfin le lancement

Finalement délégué dans la racine en juillet 2026, le .web entre désormais dans sa phase de lancement, avec une période Sunrise à venir, une période d’accès prioritaire, puis son ouverture générale à une date encore non officialisée. Verisign prépare cette ouverture avec soin en s’appuyant sur l’expérience de son infrastructure .com et .net, éprouvée depuis des décennies.

Reste une question plus commerciale que technique : le contexte de 2026 est-il favorable pour un tel lancement ? Depuis le lancement de la première vague de nouveaux gTLDs, le paysage du nommage s’est considérablement transformé. Plus d’un millier de nouvelles extensions ont fait leur apparition, certaines ayant réussi à s’installer durablement, comme .xyz, .shop ou .online et d’autres vont arriver l’année prochaine avec le round 2026. Le .web bénéficie donc aujourd’hui d’un marché beaucoup plus mature et d’habitudes d’enregistrement qui ont évolué. Arrive-t-il trop tard pour bouleverser le marché ? Il est sans doute trop tôt pour le dire. Mais une chose est certaine : après trente ans d’attente, le .web dispose enfin de tous les éléments pour écrire sa véritable histoire.

Au moment où le prochain round des nouveaux gTLDs entre dans la phase d’examen des candidatures, le lancement du .web clôt symboliquement le cycle ouvert en 2012. Après plus d’une décennie de procédures, l’industrie va enfin pouvoir mesurer le potentiel réel de cette extension longtemps présentée comme la seule capable de rivaliser avec le .com. Dans le même temps, les enseignements tirés de ce dossier qui a constitué un vrai cas d’école pour l’ICANN, ont façonné les règles du nouveau programme, avec l’ambition de rendre les futurs lancements plus rapides, plus transparents et moins litigieux.

Suivez nos prochaines publications pour connaitre les dates et conditions d’ouverture du .web. Vos conseillers restent à votre écoute.

Lancement du dot WEB - Les dates clés

La nouvelle extension .MOBILE vient d’être lancée 

dot MOBILE - La nouvelle extension .MOBILE vient d’être lancée 

Le 17 novembre 2025, l’extension .MOBILE a été ouverte à l’enregistrement, offrant de nouvelles opportunités pour un large éventail d’acteurs incluant les entreprises et les marques souhaitant apparaitre en ligne, via des e-commerces, mais aussi plus largement, tout le secteur mobile. L’univers des noms de domaine s’élargit donc de nouveau, avec une opportunité qui va pouvoir parler à tous les acteurs du digital. En effet, toute structure souhaitant séparer ses services mobiles de son site principal, va pouvoir utiliser cette extension en .mobile comme levier important de différenciation.

Le planning d’ouverture de l’extension .MOBILE a été divisée en 4 phases :

La première, la Sunrise Period, permettra à une audience limitée de se positionner sur les noms de domaine qu’ils souhaitaient enregistrer en .mobile, du 17 novembre 2025 au 17 décembre 2025. Ce sont les titulaires de marques enregistrées auprès de la TMCH (Trademark Clearinghouse), qui ont la priorité d’enregistrement lors de cette étape de lancement.

Une seconde période est ensuite ouverte, la Telco Limited Registration Period (LRP) allant du 18 décembre 2025 au 3 février 2026.

La troisième phrase, la Early Access Period aura lieu du 4 au 18 février 2026 et permettra d’enregistrer, à des prix décroissants, les noms de domaine en forte demande en amont de la disponibilité publique.

Enfin, la dernière période, de l’Ouverture Générale de l’extension offrira la possibilité à tous d’acquérir leur nom de domaine en .mobile. Disponible et accessible à tous, sans condition préalable, cette étape fonctionne sur le principe du « premier arrivé, premier servi ». Le 19 février 2026, toutes les marques et entreprises intéressées par une telle démarche pourront ainsi affirmer leur présence « mobile » grâce à cette nouvelle extension.

Ne prenez pas le risque de rater cette opportunité : adoptez un nom de domaine en .mobile pour protéger votre réputation, assurer votre légitimité digitale et renforcer votre compétitivité en ligne.

Si vous souhaitez être accompagné pour acquérir un nom de domaine en .mobile ou si vous êtes simplement curieux des bénéfices de l’extension pour votre marque, contactez l’équipe Nameshield sans attendre, et nous répondrons à toutes vos questions.