ICANN72, entre besoins de priorisation et risques de fragmentation

ICANN72, entre besoins de priorisation et risques de fragmentation

Fin octobre s’est tenu le 72ième sommet de l’ICANN consacré au développement des politiques qui impactent le système de noms de domaine (DNS) et la communauté Internet mondiale. Comme déjà annoncé durant cet été, ce dernier rendez-vous annuel allait se tenir en visio-conférences sur le fuseau horaire de Seattle aux Etats-Unis. Les « nuits blanches » n’étaient donc pas du côté de Seattle mais plutôt de l’Europe.

ICANN72, entre besoins de priorisation et risques de fragmentation

L’épine du prochain cycle de nouvelles extensions génériques

Un mois avant ce sommet, ICANN annonçait le calendrier de la phase de design opérationnelle (ODP) pour l’un des sujets les plus attendus par les parties contractantes : l’organisation d’un nouveau cycle de candidatures à de nouvelles extensions génériques. L’ODP est un nouveau dispositif désormais adossé au processus de développement de politiques (PDP). Il s’apparente à un cadrage de projet car il vise à identifier les étapes, les risques, les coûts et les ressources à allouer pour mettre en œuvre un projet, ici un nouveau cycle d’extensions génériques. Le PDP a été conduit entre 2015 et 2020, avec la remise d’un rapport final de recommandations au Board ICANN en mars de cette année. Ce n’est pourtant qu’en février 2023, soit près de deux années plus tard que le Board devrait examiner ces recommandations, le temps de laisser conduire l’ODP. ICANN a en effet confirmé avant l’ouverture de l’ICANN72 que cette phase de cadrage devrait durer seize mois dans sa totalité dont dix mois pour la conduite de l’ODP, trois mois en amont pour initier ce dernier et notamment constituer les équipes qui vont le conduire et trois mois en aval pour conclure les travaux. Un calendrier qui avait surpris beaucoup de parties contractantes et suscité de nombreux mécontentements. Ces mécontentements se sont particulièrement exprimés au travers du Brand Registry Group qui  représente et promeut les intérêts de ses membres, des propriétaires de dotBrand. Au premier jour du sommet de l’ICANN, pour la plupart des membres, les choses n’avancent pas suffisamment vite et l’ODP serait même en partie inutile puisque certains aspects recoupent les travaux déjà conduits durant le PDP préalable. Autre aspect pointé du doigt : un coût de 9 millions de dollars pour cette ODP, une somme non négligeable.

Les nuages s’amoncellent comme les processus en cours

Au fil des autres sessions programmées durant cette semaine de sommet, force est de constater que les nuages ont continué de s’amonceler dans la météo des politiques conduites par l’ICANN. Ainsi par exemple, l’annonce du lancement d’un processus de développement de politique dit expéditif (ePDP) pour réviser la procédure de résolution de litiges UDRP (Uniform Domain-Name Dispute Resolution Policy) qui permet de récupérer des noms de domaine litigieux, a suscité beaucoup d’incompréhension alors qu’une revue sur l’ensemble des mécanismes de protection des droits (RPM) a déjà été conduite entre 2016 et 2020 et que ses recommandations finales n’ont pas encore été examinées par le Board ICANN. Désormais cet examen du Board qui vise à valider les recommandations est prévu au mieux à l’été 2022, date à laquelle l’ePDP précité devrait être finalisé. Cet exemple a illustré le fossé qui est en train de se créer entre les attentes de décisions de la communauté et les instances décisionnaires de l’ICANN qui semblent dépassées par les processus de négociations de politiques qui s’empilent et s’étirent dans le temps, risquant au passage de rendre des décisions caduques si elles sont rendues trop tardivement. De l’aveu de certains, il en va même de la capacité de l’ICANN à toujours assumer sa mission inscrite dans ses textes fondateurs : Préserver et renforcer la stabilité opérationnelle, la fiabilité, la sécurité et l’interopérabilité mondiale de l’Internet.

« Priorisation », le mot est lâché

Dès le premier jour des sessions, Goran Marby, le patron de l’ICANN s’est défendu contre l’idée que le Board tardait à prendre des décisions. Il a ainsi mis en avant que ce dernier a récemment examiné 228 recommandations du Competion Consumer Choice & Consumer Trust (CCT) qui vient de conduire un examen pour évaluer dans quelle mesure l’expansion des extensions génériques, les gTLDs, a favorisé la concurrence, la confiance des consommateurs et leur choix. 166 ont été approuvées à ce jour, 44 placées en attente et 18 rejetées. Beaucoup de ces mesures sont corrélées à des conduites d’études et à la collecte de données pour mieux comprendre les tendances du marché des nouvelles extensions.

Goran Marby, a également justifié les délais sur les prises de décisions en raison du grand nombre de sujets en cours dont certains se chevauchent et par le fait que pour trancher ICANN a parfois besoin d’expertise additionnelle. Pour répondre aux critiques, il a également indiqué que l’ICANN travaille désormais sur une forme de priorisation, un souhait formulé par NAMESHIELD qui semble donc avoir été entendu. Marteen Botterman du Board a toutefois nuancé en précisant que la priorisation n’est pas du ressort du Board car il doit veiller à respecter le modèle multipartite et se doit donc de garder une certaine neutralité sur les sujets qui lui sont soumis.

Un risque de fragmentation

D’une organisation qui a du mal à prendre des décisions, à sa remise en question il n’y a qu’un pas. Dès le premier jour des sessions, Goran Marby, particulièrement impliqué dans les échanges, a parlé de « menaces contre l’ICANN ». ICANN travaille donc à un cadre de gestion des risques de l’organisation. Il a également évoqué le besoin de discuter plus étroitement avec les gouvernements dans un contexte de remise en question du modèle de gouvernance actuel. Il suffit en effet de regarder du côté de la Russie pour voir qu’en novembre 2019, le pouvoir russe a introduit de nouvelles réglementations qui créent un cadre juridique pour une gestion étatique centralisée de l’Internet à l’intérieur des frontières de la Russie. La Russie a également proposé de confier la gestion des serveurs racines à des États membres des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Preuve que les Etats passent à l’offensive au niveau de leurs législations, de récentes directives européennes impactent également la gouvernance comme le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD), ou encore la directive NIS2 (Network and Information Systems) à venir, des sujets également rappelés à l’occasion de ce sommet. Autre exemple, en Chine, c’est une loi renforçant les contrôles sur les services numériques opérés en Chine qui vient d’être adoptée.

L’échec du modèle de gouvernance de l’ICANN s’il venait à se confirmer, pourrait donc conduire à une fragmentation du système DNS tel que nous le connaissons actuellement, une fragmentation qui prend corps à mesure que l’ICANN s’enlise dans des débats stériles. Ce sommet a mis en lumière que la communauté et les dirigeants de l’ICANN ont identifié ce risque. Il s’agit pour l’avenir d’y remédier. Rendez-vous à l’ICANN73 en mars 2022.

Le constat d’enlisement des politiques de régulation du DNS particulièrement présent lors de l’ICANN72 a été largement partagé par NAMESHIELD bien avant ce sommet. NAMESHIELD avait notamment fait part d’un besoin de priorisation des sujets en accord avec la communauté lors de la session préparatoire de l’ICANN72. NAMESHIELD qui participe à des groupes de travail œuvrant aux recommandations dans le cadre des revues périodiques conduites par l’ICANN, a également plaidé pour ré-enchanter le volontariat et pour contribuer à la diversité des représentants dans ces groupes de travail, beaucoup étant aujourd’hui acculés par un volume croissant de sujets à considérer à mesure que les processus s’accumulent et que les décisions ne suivent pas. Quant aux nouveaux participants, ils sont dissuadés de s’intéresser à ces sujets du fait de processus trop longs et trop lourds.

Source de l’image : David Mark via Pixabay

Nouvelle fiche : 5 minutes pour comprendre les extensions de noms de domaine (TLD)

Fiche 5 minutes pour comprendre - Les extensions de Noms de domaine - Nameshield

Les « Top Level Domains » également appelés TLD ou extensions, sont définis par l’IANA (Internet Assigned Numbers Authority) qui dépend de l’ICANN depuis 1998.

L’ICANN et l’IANA sont en charge d’allouer l’espace des adresses de protocole Internet (IP), d’attribuer les identificateurs de protocole et de gérer le système de noms de domaine de premier niveau, c’est-à-dire les « Top Level Domains ».

Découvrez dans cette fiche 5 minutes pour comprendre, disponible en téléchargement sur le site de Nameshield, les différents types de domaines de premier niveau.

.SBS – Ouverture de la période de sunrise

.SBS - new gTLD - Nameshield

Le .SBS (.side by side) est une nouvelle extension courte et réfléchie de trois lettres, parfaite pour les causes sociales, les organisations caritatives et autres initiatives philanthropiques, ainsi que toute entreprise, individu ou communauté progressiste qui croit en l’inclusion sociale et financière.

Soulignons qu’une partie des gains liés aux dépôts de nom de domaine en .SBS sera reversée par le registre ShortDot à une organisation à but non lucratif.

Voici le calendrier des ouvertures :

  • Phase Sunrise : 6 Mai – 7 Juin 2021 (priorité aux titulaires des marques enregistrés à la TMCH)
  • EAP (Early Access Period) : 8 Juin – 15 Juin
  • Ouverture générale : 8 Juin, sur la base du premier arrivé, premier servi.

Pour plus d’informations sur les conditions d’enregistrement de votre .SBS, n’hésitez pas à contacter votre consultant Nameshield.

Image by truthseeker08 from Pixabay

Nouvelle fiche : 5 minutes pour comprendre la procédure UDRP

Fiche 5 minutes pour comprendre la procédure UDRP

Établie sur proposition de l’ICANN, la procédure extrajudiciaire UDRP permet de sanctionner des atteintes manifestes et incontestables à un droit de marques résultant de la réservation par des tiers de noms de domaine identiques ou similaires, pratique communément désignée sous le terme de « cybersquatting ».

L’UDRP s’applique non seulement aux extensions génériques (gTLDs) en .aero, .biz, .com, .coop, .info, .jobs, .mobi, .museum, .name, .net, .org, .pro, .travel et nouvelles extensions (new gTLDs), mais aussi aux extensions géographiques (ccTLDs) dont l’organe d’enregistrement (le registre) a accepté les principes UDRP.

New gTLD : le .TRUST fait son entrée !

nouvelle extension : le .TRUST fait son entrée !
Image by Lisa Caroselli from Pixabay

C’est à la fin du mois de mars 2021 que va s’ouvrir la nouvelle extension .TRUST, gérée par la société Uniregistry.

Ce nouveau gTLD est très intéressant à l’heure où les critères de l’authenticité et de la sécurité sont devenus absolument prépondérants pour les marques en ligne.

Notons de plus que le registre autorise les enregistrements à partir de 1 caractère et qu’il ne propose pas à date de noms de domaine « premium » (dont le prix de vente est plus élevé) mais un tarif unique.

Voici pour rappel le calendrier de lancement du .TRUST :

  • Phase Sunrise :
    Du 24/03/2021 au 21/04/2021 – Principe du « 1er arrivé – 1er servi » – Une marque inscrite à la TMCH est nécessaire pour bénéficier de la sunrise.
  • EAP (Early Access Program) :
    Du 21/04/2021 au 27/04/2021
  • Ouverture générale :
    Le 28/04/2021

Votre consultant se tient bien sûr à votre disposition pour toute question sur le .TRUST.

Mise à jour : Le registre en charge du .TRUST a récemment annoncé que la sortie du .TRUST était suspendue pour une période indéfinie.

Prolongation de la période sunrise pour le .FORUM

Sortie du .FORUM - new gTLDs
Source de l’image : ary74 via Pixabay)

Le registre du .FORUM a annoncé étendre la période sunrise jusqu’au 25 février 2021.

Pour rappel le .FORUM est une nouvelle extension intéressante tant à exploiter qu’à sécuriser. Ce nouveau gTLD peut aider les internautes à trouver plus rapidement vos pages de forum en optimisant le référencement.

Ouverture de la sunrise du .FORUM

Sortie du .FORUM - new gTLDs
Source de l’image : ary74 via Pixabay

Le .FORUM est une nouvelle extension intéressante tant à exploiter qu’à sécuriser.

Voici le calendrier des ouvertures :

  • Phase Sunrise : 16 novembre 2020 – 16 décembre 2020
  • Ouverture générale : 02 mars 2021, sur la base du premier arrivé, premier servi !

Pour plus d’informations sur les conditions d’enregistrement de votre .FORUM, n’hésitez pas à contacter votre consultant Nameshield.

Sortie du new gTLD .CONTACT

New gTLD - .CONTACT
Source de l’image : Tumisu via Pixabay

Lancée par le registre Donuts, cette extension .CONTACT est intéressante, notamment pour les pages de contact de vos sites web.

Cette extension fait également partie du programme TrueName créé par le registre Donuts : lors de l’enregistrement d’un nom en .CONTACT, Donuts protègera aussi les alternatives typographiques de votre marque en les bloquant, empêchant ainsi certaines tentatives de phishing via l’enregistrement par un tiers d’un nom typographiquement similaire (ex. : loulou.contact vs l0ulou.contact).

Rappel du calendrier :

  • Sunrise [période réservée aux titulaires de marques] : 29 septembre 2020 – 28 novembre 2020
  • Early access phase [ouverte à tous, les prix sont décroissants jour après jour] :

– Early Access Phase (EAP) jour 1 : 2/3 décembre

– Early Access Phase (EAP) jour 2 : 3/4 décembre

– Early Access Phase (EAP) jour 3 : 4/5 décembre

– Early Access Phase (EAP) jour 4 : 5/6 décembre

– Early Access Phase (EAP) jour 5-7 : 6/9 décembre

  • Ouverture totale : à partir du 9 décembre 2020

Pour toute question, votre consultant Nameshield se tient à votre disposition.

Nouvelles dates de lancement du .GAY

Extension .GAY - dotGAY - Blog Nameshield
Source de l’image : Site de Top Level Design

Dans notre article du 24 janvier 2020, nous vous avions annoncé le lancement du .GAY par le registre TOP LEVEL DESIGN. Cette extension est destinée aux individus, organisations, entreprises soutenant la communauté LGBTQ. Elle permettra d’accroître leur visibilité et de créer un espace digital plus sûr.

A l’origine prévue pour le 20 mai dernier, la date de l’ouverture totale a été décalée au 16 septembre 2020.

Actuellement en Phase Sunrise II, voici les nouvelles dates de lancement :

  • Phase Sunrise II (période réservée aux titulaires de marques inscrites ou non à la TMCH, la Sunrise I était seulement réservée aux titulaires de marques qui sont inscrites à la TMCH) : jusqu’au 04/09/2020
  • EAP (Early Access Period): du 08/09/2020 au 15/09/2020
  • Ouverture totale : à partir du 16/09/2020

Retrouvez plus d’informations sur cette nouvelle extension .GAY, dans notre précédent article du 24 janvier. Pour toute question, n’hésitez pas à prendre contact avec un consultant Nameshield.

Le lancement du .GAY est proche !

Extension .GAY - dotGAY - Blog Nameshield
Source de l’image : Site de Top Level Design

En juin 1970, un an après l’émeute de Stonewall, qui a marqué la naissance des mouvements de revendication LGBTQ, les premières Gay Pride se sont tenues dans plusieurs villes des Etats Unis, pour revendiquer la liberté, l’égalité et dénoncer les préjudices, les persécutions, l’intolérance et la haine.

50 ans plus tard, avec le lancement de la nouvelle extension .GAY par le registre TOP LEVEL DESIGN, un nouvel environnement digital est créé pour la communauté LGBTQ. Cette extension est ainsi destinée aux individus, organisations, entreprises soutenant la communauté. Elle permettra d’accroître leur visibilité et de créer un espace digital plus sûr.

Le lancement du .GAY se fera suivant le calendrier ci-dessous.

Calendrier de lancement du .GAY

  • Phase Sunrise : du 10/02/2020 au 06/05/2020
  • EAP (Early Access Period): du 11/05/2020 au 18/05/2020
  • Ouverture totale : à partir du 20/05/2020

Des dons reversés à des organisations à but non lucratif LGBTQ

A noter que pour chaque nouveau nom enregistré, le .GAY reversera 20% de son revenu à des organisations à but non lucratif LGBTQ, telles que les organisations GLAAD et CenterLink qui en sont actuellement les premières bénéficiaires.

L’enregistrement d’un nom de domaine en .GAY deviendra ainsi un moyen d’exprimer son soutien à la communauté LGBTQ.

Politique de Protection des Droits du .GAY

Le .GAY donnera la possibilité de créer un environnement en ligne plus sûr pour la communauté LGBTQ. En effet, l’extension sera soumise à une politique de protection des droits du .GAY qui permettra de signaler tout contenu portant atteinte à la communauté LGBTQ, et de mettre en place des actions pour supprimer ces contenus ou suspendre le site lui-même.

« L’utilisation du .GAY pour des contenus anti-LGBTQ ou ayant pour objectif de diffamer ou nuire aux individus ou groupes LGBTQ est strictement interdite et peut résulter en la suspension immédiate du nom de domaine. Les comportements interdits incluent les harcèlements, menaces et discours haineux », souligne le registre.

L’enregistrement de nom de domaine en .gay sera interdit aux groupes déjà connus aux contenus haineux et incitant à la violence contre la communauté LGBTQ.

Pour plus d’informations sur les conditions d’enregistrement de votre .GAY, n’hésitez pas à prendre contact avec un consultant Nameshield.