ICANN86 : Nouveau round ICANN ouvert, intelligence artificielle et abus du DNS

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Source de l’image : Site de l’ICANN

Du 8 au 11 juin 2026, la communauté ICANN s’est retrouvée à Séville en Espagne pour l’ICANN86 Policy Forum. L’Espagne accueillait pour la deuxième fois une réunion publique de l’ICANN après l’ICANN63 organisé à Barcelone en octobre 2018. À l’extérieur, Séville offrait déjà un avant-goût de l’été andalou ; à l’intérieur, la climatisation du centre FIBES permettait aux 1 337 participants présents de conserver toute leur énergie pour les 116 sessions prévues. Un contraste apprécié au moment d’aborder les sujets chauds de cette édition, suivie également par 548 participants à distance.

Au menu, des sujets très suivis : le cycle de candidatures aux nouvelles extensions génériques désormais ouvert depuis le 30 avril dernier, la lutte contre les abus du DNS mais aussi l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur le secteur des noms de domaine. Ils ont largement dominé les discussions dans les couloirs comme dans les salles de réunions.

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Le centre de conférences FIBES à Séville, lieu de l’ICANN86

Le prochain round est lancé, tandis que le SPIRT se met en place

La fenêtre de candidatures pour la nouvelle série d’extensions de noms de domaine est déjà à mi-chemin de sa fermeture prévue le 12 août prochain. A Séville, les échanges ont essentiellement porté sur les derniers ajustements opérationnels, la préparation des candidats et la capacité de l’écosystème à absorber un volume potentiellement important de dossiers. Aucun chiffre officiel n’a filtré sur le nombre de candidats qui se sont déjà positionnés. Pour les extensions fermées dédiées aux marques, les dot brands, la communauté a majoritairement partagé le constat que la fenêtre de candidatures concentrée sur quinze semaines en plein été, n’est pas adaptée aux cycles de décisions internes des entreprises. 

Si le dispositif de mise en œuvre du cycle de candidatures apparaît largement stabilisé, les discussions ont également permis de mesurer l’importance du Standing Predictable Implementation Review Team (SPIRT), un mécanisme conçu pour traiter les questions d’interprétation ou les difficultés qui pourraient apparaître durant la mise en œuvre des recommandations de la politique SubPro liée à cette nouvelle série. Le SPIRT va réellement intervenir lors de l’examen des candidatures. Il est né directement d’un constat issu du round 2012 : le guide de candidatures ne pouvait pas prévoir tous les cas de figure rencontrés pendant l’évaluation et la délégation des nouvelles extensions. Lorsqu’un problème inédit apparaissait, il n’existait pas de mécanisme clair permettant de déterminer rapidement s’il fallait simplement interpréter le guide de candidatures, modifier une procédure ou renvoyer la question vers un processus de politique beaucoup plus lourd. Le cadre de prévisibilité (« Predictability Framework ») et le SPIRT ont été créés pour traiter précisément ces problématiques qui risquent de se poser à nouveau lors de cette nouvelle série.

Intelligence artificielle et abus : des sujets omniprésents qui dépassent le rythme de l’ICANN

L’intelligence artificielle s’est aussi invitée dans les sessions de la semaine sévillane et a d’ailleurs constitué l’un des thèmes les plus suivis de cette édition. Plusieurs sessions ont en effet été consacrées à l’impact de l’IA sur l’écosystème des noms de domaine et en particulier sur les abus du DNS. Nombreux ont été les participants sur place à devoir rester debout ou à s’assoir sur le sol.

ICANN86 - L’une des sessions sur l’IA et les abus du DNS
L’une des sessions sur l’IA et les abus du DNS

L’ICANN86 a permis de rappeler que l’IA ne crée pas une nouvelle catégorie d’abus du DNS mais qu’elle permet notamment d’industrialiser sans connaissances spécifiques les abus existants. Elle permet de produire davantage de domaines malveillants, des contenus de phishing plus crédibles et des campagnes plus ciblées. Mais elle offre également de nouveaux moyens de détection et d’analyse. Cette double réalité a largement dominé les discussions de Séville, où de nombreux participants ont souligné le risque de voir l’évolution technologique dépasser la capacité des processus de gouvernance de l’ICANN à s’adapter.  

L’institut NetBeacon a résumé l’impact de l’IA en évoquant un phénomène émergent, l’IA étant susceptible d’accélérer l’ampleur et la gravité des attaques en rappelant que la part des abus générés par l’IA reste difficile à déduire des données, l’automatisation étant possible sans IA. Pour les remédiations, l’IA peut être utile à condition d’être utilisée avec prudence, en complément de processus humains. Pour la gouvernance, l’institut a plaidé pour que les travaux sur les politiques s’appuient sur de grands principes et se concentrent sur des problèmes spécifiques pouvant être résolus.

Ces sessions ont aussi mis en lumière une réalité connue : l’ICANN apparaît souvent en décalage avec les réalités du marché. Son modèle multipartite repose en effet sur des processus d’élaboration de politiques longs, structurés et fondés sur la recherche du consensus. Si cette approche garantit la légitimité des décisions, elle rend difficile une réponse rapide à des phénomènes qui évoluent parfois en quelques mois seulement.

Les abus du DNS restent au cœur des travaux politiques

La lutte contre les abus du DNS demeure en tout cas l’un des principaux chantiers de politiques de l’ICANN. Plusieurs travaux sont en cours.

Le premier concerne les « Associated Domain Checks », souvent désignés comme le PDP1 sur les abus du DNS. Ce processus d’élaboration de politique vise à examiner les contrôles pouvant être effectués sur des ensembles de noms de domaine liés entre eux afin d’améliorer la détection d’activités abusives. Son calendrier actuel prévoit une finalisation des travaux à l’horizon novembre 2027.

Le deuxième chantier, désigné comme PDP2, doit porter sur les garanties entourant l’accès aux interfaces de programmation (API) utilisées dans le cadre des nouveaux enregistrements. Ces travaux, qui concernent principalement les registrars, n’ont pas encore débuté mais figurent parmi les prochaines étapes identifiées.

Un PDP3 va aussi se concentrer sur les obligations et mesures applicables aux registres afin de renforcer la prévention et le traitement des abus. Ces deux PDP pourraient être menés en parallèle si les ressources nécessaires peuvent être mobilisées pour mener ces deux sujets de front.

Sur ces différents sujets, les positions du Governmental Advisory Committee (GAC), l’instance représentant les gouvernements et du Country Code Names Supporting Organization (ccNSO) qui représente les registres d’extensions pays, continuent de jouer un rôle important. Le GAC pousse régulièrement pour des mesures plus robustes et une action plus rapide face aux abus affectant les utilisateurs. Le ccNSO, tout en partageant l’objectif de lutte contre les usages malveillants, demeure attentif à la préservation des spécificités des registres nationaux et à l’équilibre entre efficacité opérationnelle et contraintes réglementaires. Les échanges de Séville ont confirmé que ces deux organisations continueront d’influencer les débats à mesure que ces travaux vont progresser.

Cap sur Bali et les premiers enseignements du nouveau round

Les regards se sont désormais tournés vers l’ICANN87 qui se tiendra à Bali à la fin du mois d’octobre 2026.

Cette réunion devrait intervenir à un moment particulièrement stratégique. La fenêtre de dépôt des candidatures du prochain round des nouvelles extensions sera alors fermée et la communauté disposera potentiellement des premiers éléments concrets sur le niveau de participation. Si le calendrier est respecté, le traditionnel « Reveal Day » (Jour des révélations) pourrait avoir eu lieu, offrant une première photographie des projets déposés, des chaînes les plus convoitées et des acteurs engagés dans cette nouvelle phase d’expansion de l’espace des noms de domaine.

L’ICANN86 a montré que le programme de la nouvelle série d’extensions de noms de domaine avance conformément au calendrier envisagé par l’ICANN. Point de préoccupation largement partagé parmi les participants à Séville, la fenêtre de candidatures ouverte uniquement durant 15 semaines dont la moitié tombe en plein été n’est pas adaptée aux candidats à des .brand. Un sujet que Nameshield a porté au nom des entreprises qui peinent à boucler leur décision sur un projet de Brand TLD. Le processus de décisions sur de tels projets est en effet long en raison de contraintes organisationnelles et la période estivale n’est pas propice en termes de disponibilité pour beaucoup d’interlocuteurs décisionnaires. Il faut néanmoins garder en tête qu’à l’heure actuelle, la fenêtre de dépôts des projets va bien se refermer le 12 août prochain et qu’à l’heure de la publication de cet article, c’est donc la toute dernière opportunité de positionner votre projet. Nameshield mettra en œuvre tous ses efforts pour construire et soumettre votre projet dans le peu de temps qu’il reste, mais il faut agir tout de suite.

À l’heure où l’intelligence artificielle permet de générer à grande échelle des contenus frauduleux et des attaques de plus en plus convaincantes, le .brand apparaît comme une réponse étonnamment simple à un problème complexe. Si l’IA peut imiter une marque, elle ne peut pas enregistrer un nom de domaine sous son extension : un .brand est en effet un espace de nommage fermé, réservé à la marque. Chaque domaine y est, par définition, authentique. Au prochain sommet ICANN, dans quatre mois, l’heure sera déjà au bilan des candidatures positionnées, potentiellement sur des marques concurrentes qui auront su saisir cette opportunité unique.

ICANN85 : Le calendrier détaillé de la prochaine série de nouvelles extensions confirmé

ICANN85

Si l’ICANN pose régulièrement ses bagages sur le continent asiatique, il faut remonter à l’ICANN57 il y a 10 ans pour retrouver l’Inde comme pays hôte. Après Hyderabad en 2016, c’est la capitale économique Mumbai qui a accueilli le 85ème sommet de l’ICANN du 7 au 12 mars derniers. Un sommet à seulement sept semaines de l’ouverture de la fenêtre de candidatures aux nouvelles extensions sous le prisme d’un contexte géopolitique chamboulé par le début des frappes militaires en Iran et au Liban.

Une participation qui reste forte malgré le contexte géopolitique

L’ICANN a indiqué une participation de 1407 participants sur site de 112 pays, un chiffre proche des valeurs habituelles des premiers sommets annuels de l’organisation. On a néanmoins eu le sentiment que les salles qui ont accueilli les 200 sessions paraissaient plus clairsemées qu’à l’accoutumée. L’incidence de l’intervention armée en Iran sur les désertes aériennes impactées dans toute la région n’y est sans doute pas étrangère. Nombre de participants ont en effet indiqué avoir dû opter pour une participation à distance ou raccourcie en raison des incertitudes sur les vols.

Une cérémonie d’ouverture entre gravité et focalisation sur le travail à réaliser

La présidente du conseil d’administration de l’ICANN, Tripti Sinha a rappelé aux hôtes lors de la cérémonie d’ouverture qu’elle est née dans l’Etat de Maharashtra dont Mumbai est la capitale. Elle a évoqué la situation globale en précisant que l’ICANN85 se déroule « dans une période de souffrance profonde ». Mais elle a aussi tenu à rappeler que ce qui nous unit est plus fort en évoquant un proverbe sanskrit : « Le monde est une seule famille » qui fait écho au slogan de l’ICANN : « Un monde, un Internet ».

Pour Tripti, cette semaine devait se concentrer sur trois grands sujets :

  • La conclusion d’examen du SMSI +20 qui reconnait le rôle de la gouvernance multipartite de l’Internet ;
  • La redevabilité et la transparence avec la nouvelle revue holistique de l’ICANN en cours ;
  • Et le lancement de la nouvelle série de candidatures à des projets d’extensions Internet.

Sur ce dernier point elle a rappelé qu’il est « l’aboutissement d’années de travail ».

Kurtis Lindqvist, le Président de l’ICANN, a ajouté à ces sujets le travail en cours pour amener à des délais contraignants sur les demandes urgentes d’accès aux données d’enregistrement des noms de domaine et les technologies d’authentification ainsi que les progrès encore nécessaires sur les abus du DNS.

Le calendrier détaillé du prochain round dévoilé

Pas moins de huit sessions thématiques et opérationnelles étaient consacrées au prochain round de nouvelles extensions. Que faut-il en retenir ?

L’ICANN85 a tout d’abord permis de confirmer les grandes étapes à venir du programme ainsi que les dates envisagées.

Du 30 avril au 12 août 2026 : Fenêtre de dépôt des candidatures.

Jusqu’à début octobre 2026 : Période de vérifications administratives des candidatures par l’ICANN.

Mi-octobre : « Reveal Day » (Jour des révélations). Il s’agit de la publication officielle par l’ICANN de la liste complète des candidatures valides déposées.

Jusqu’à début novembre : Période de remplacement des chaînes. C’est un nouveau mécanisme qui permet aux candidats qui ont demandé une même extension ou des extensions jugées similaires d’abandonner leur chaîne initiale et de basculer vers une chaîne de remplacement déclarée dans leur dossier. Les demandeurs d’extensions dot brand pourront opter pour l’ajout à leur marque d’un terme correspondant aux biens et services déclarés dans leur marque enregistrée. La fenêtre de remplacement doit durer 14 jours. L’ICANN espère ainsi réduire les contentieux entre candidats qui demandent des extensions identiques ou trop similaires.

Mi-novembre : « String confirmation Day » (Jour de confirmation des chaînes). L’ICANN va publier la liste officielle et définitive des candidatures aux nouvelles extensions déposées.

Novembre 2026 – Février 2027 (104 jours) : Période d’input communautaire et d’objections. Elle permet aux membres du GAC, l’instance qui représente les gouvernements et aux observateurs de soumettre des commentaires, avis, alertes et des objections.

En parallèle, mi-décembre l’ICANN envisage d’organiser un tirage au sort qui va déterminer l’ordre dans lequel les candidatures seront traitées pendant le processus d’évaluation. Ce dispositif a déjà existé lors du round de 2012.

Juin 2027 : Date de restitution des rapports conduits par un panel d’évaluation sur les similarités de chaînes parmi les candidatures soumises et au regard des extensions déjà existantes. Une période d’objection de 30 jours va être ouverte pour contester une chaîne candidate si elle créée une confusion avec une autre extension.

A partir du second semestre 2027 : La résolution des contentieux devrait suivre ainsi que l’étude des candidatures pour avancer vers la contractualisation et l’insertion à la racine du DNS, la tant attendue délégation des premières extensions.

L’ICANN a tenu à préciser que ces dates restent sujettes à des ajustements notamment en fonction du volume de candidatures qui vont être soumises. L’ICANN a néanmoins indiqué s’être doté de capacités suffisantes pour pouvoir gérer un volume de candidatures similaire au cycle de 2012, soit près de 2000.

Les derniers outils pour le prochain round enfin connus

Parmi les deux grands éléments encore à confirmer pour la prochaine série, l’outil de soumission des candidatures et le contrat des futurs opérateurs de registres qui vont se positionner.

Au TAS (TLD Application System) de 2012, il faudra désormais ajouter la lettre « M ». Le TAMS (TLD Application Management System) est en effet le nom du nouveau portail que l’ICANN a prévu pour permettre de gérer les candidatures lors du cycle de 2026. Ce portail dévoilé relativement tard est actuellement en phase de tests notamment pour évaluer sa robustesse. Des participants ont regretté n’en prendre connaissance que maintenant d’autant plus qu’il ne prévoit pas certaines fonctionnalités aidantes comme l’export d’informations. 

Le nouveau contrat de registre, autre maillon clé pour les futurs opérateurs de registre, a pour sa part trouvé une forme d’épilogue avec l’approbation de ce dernier lors de la session publique du conseil d’administration de l’ICANN qui se tient traditionnellement à la clôture du sommet.

Autres sujets présents, le contexte géopolitique et les abus DNS

Que ce soit au travers de sessions ciblées ou de questions de participants lors de slots de questions-réponses, les sujets géopolitiques se sont aussi invités en filigrane lors de l’ICANN85. L’ICANN a ainsi programmé après la Cérémonie d’ouverture une session appelée : « De la stabilité à la capacité de survie : le rôle de l’ICANN dans l’avenir de la résilience de l’Internet ». Lors de cette session participative, l’ICANN a cherché à examiner comment l’écosystème DNS peut résister à des pannes systémiques globales qui affecteraient le cloud, l’approvisionnement en énergie, la chaîne d’approvisionnement numérique et les dépendances logicielles. Il en ressort par exemple que pour 38% des participants, l’angle mort principal de l’ICANN est la coordination intersectorielle à savoir la communication avec les secteurs de l’énergie, des télécommunications ou de la finance, domaines sur lesquels l’organisation n’a pas d’emprise. En second, c’est sa difficulté à garantir la conformité opérationnelle des registres et bureaux d’enregistrement dans des conditions mondiales qui seraient devenues extrêmement difficiles, qui a été citée. Des participants ont également tenu à sensibiliser l’ICANN sur des situations de fragmentation régionale déjà en cours quand l’accès à Internet est coupé par des autorités ou sur le fait que lorsque des Etats encourent des sanctions internationales, l’ICANN doit veiller à ne pas pénaliser des participants potentiels aussi bien à suivre ses sessions qu’à pouvoir candidater lors du prochain round.

Sur les abus du DNS, sujet également revenu à plusieurs reprises, un bilan en demi-teinte a pu être dressé sur les effets des amendements contractuels introduits depuis deux années pour les opérateurs de registres et les bureaux d’enregistrement. L’ICANN85 a marqué le lancement opérationnel d’un premier nouveau processus de développement de politique pour travailler sur un mécanisme dit « Associated Domain Checks » (Vérification des domaines associés) qui obligerait les bureaux d’enregistrement à vérifier les autres noms de domaine liés à un même titulaire lorsqu’un domaine est identifié comme malveillant. Son objectif est d’identifier des réseaux de domaines utilisés pour des activités comme le phishing, les botnets ou le malware et d’agir plus rapidement contre des campagnes coordonnées.

A moins de cinq semaines de l’ouverture du dépôt des candidatures pour le prochain round, c’est l’occasion de rappeler qu’une candidature à une extension Internet notamment de .marque doit être anticipée car le temps est désormais compté. L’heure est déjà au sprint final. Se positionner ou pas ? Avec quel projet d’extension et quel projet de second choix envisager le cas échéant ? Quels interlocuteurs solliciter pour aider à rassembler les éléments du dossier de candidature ? Sur quels budgets s’appuyer ? Dans un peu plus de quatre mois la fenêtre va en effet déjà se refermer alors qu’une candidature nécessite de la préparation pour pouvoir couvrir les 225 sous-rubriques du dossier de candidature et tenir des délais contraints.

Nameshield apporte une approche clé en main pour simplifier au maximum toutes vos démarches, tenir les délais, suivre votre candidature de bout en bout pour la mener vers la contractualisation puis l’insertion à la racine du DNS mondial et ensuite vous apporter toute l’expertise pour en tirer les meilleurs bénéfices en garantissant sa pérennité contractuelle et règlementaire dans la durée. S’il est un tips à retenir de l’ICANN85 concernant la prochaine série : « N’attendez pas la dernière minute ». Agissez dès maintenant en nous confiant votre projet.

La date d’ouverture de la prochaine série de nouvelles extensions génériques (.BRAND) est enfin connue, ce sera le 30 avril 2026

La date d'ouverture de la prochaine série de nouvelles extensions génériques (.BRAND) est enfin connue, ce sera le 30 avril 2026

Parmi les questions en suspens autour de la nouvelle fenêtre de candidatures à des nouvelles extensions génériques, nous étions nombreux à nous demander quand l’ICANN, l’instance de gouvernance d’Internet, allait donner une date précise pour ce qui constituera le premier jour de soumission des futurs dossiers de candidatures.

L’annonce est apparue dans un article publié sur le blog de l’ICANN, un article de Kurtis Linqvist, le Président et Directeur Général de l’ICANN. Il y précise que 2025 a été une année de progrès notables dans la mise en œuvre du programme de nouvelles extensions génériques permettant d’aller vers l’objectif d’ouvrir une nouvelle fenêtre de dépôts de candidatures, 14 années après la dernière en date. L’une des étapes décisives a été la publication du guide du candidat le 16 décembre 2025. On se souviendra que le guide de candidature, document de référence pour les futures candidatures, avait été approuvé par le Conseil d’administration de l’ICANN, lors de la toute dernière session publique du sommet ICANN84 de Dublin.

Kurtis Linqvist indique que désormais les efforts se portent sur la dernière ligne droite de mise en œuvre du programme: « Nous nous sommes désormais engagés à ouvrir le cycle le 30 avril 2026 ». La période de dépôts des futurs dossiers de candidatures complets, débutera donc à partir du jeudi 30 avril sur 12 à 15 semaines soit possiblement jusqu’à juillet, voire début août. Après il sera trop tard. Les indécis et les retardataires devront attendre une future opportunité qui pourrait très bien survenir à nouveau dans 14 années, qui sait ?

Parmi les autres faits notables de la fin d’année 2025, la période de soumission des demandes de soutien des futurs candidats à l’Applicant Support Program s’est terminée le 19 décembre. Ce programme vise à réduire les barrières économiques et techniques à l’entrée afin d’élargir la participation globale et la diversité des candidats aux nouvelles extensions de noms de domaine. Les données fournies par l’ICANN indiquent que 75 candidatures ont été reçues provenant des cinq régions de l’ICANN :

  • 10 candidatures d’Afrique,
  • 38 de la région Asie-Pacifique,
  • 1 d’Amérique latine et des Caraïbes,
  • 6 d’Europe,
  • 20 d’Amérique du Nord.

En 2012, ce programme alors tout nouveau n’avait reçu que trois demandes. Ces premiers indicateurs montrent que la région Asie Pacifique qui est aujourd’hui la plus dynamique sur le marché des noms de domaine semble aussi s’intéresser fortement à la prochaine série de nouvelles extensions. En 2012, les 1930 candidatures soumises lors de la fenêtre de candidatures s’étaient réparties comme suit :

  • Amérique du Nord : 911 candidatures,
  • Europe : 675 candidatures,
  • Asie-Pacifique : 303 candidatures,
  • Amérique latine et Caraïbes : 24 candidatures,
  • Afrique : 17 candidatures.

On estime également qu’environ 34% d’entre elles visaient des candidatures à des extensions de marques, des Brand TLDs.

Qu’en sera-t-il en 2026 ? Les réponses interviendront à l’automne prochain lors de la journée des révélations, le futur « Reveal Day » et du jour de confirmation des chaînes (ndlr: de caractères) , le « String confirmation day » de l’ICANN.

[REPLAY WEBINAR] Du .COM au .MARQUE : entrez dans l’ère du .brand en 2026

Alors que l’année 2026 approche à grands pas, un événement stratégique majeur se profile à l’horizon, avec l’ouverture d’une nouvelle fenêtre de candidature pour les extensions Internet personnalisées : les Dot Brand ou .Brand, prévue pour avril 2026. Nameshield a pu participer à l’ICANN 84, fin octobre afin de récolter de nouvelles informations sur cette possibilité à six mois de cette échéance clé pour le secteur IT.

L’opportunité d’adopter son .BRAND a par ailleurs fait l’objet, ce 18 novembre, d’un nouveau webinar proposé par Nameshield dans le but de vous livrer l’essentiel des informations nécessaires pour le lancement de votre .BRAND, si vous êtes intéressés par un tel projet, mais aussi pour répondre à vos éventuelles questions.

Si toutefois vous n’avez pas pu vous rendre disponible sur ce créneau, notre webinar est disponible en replay sur le site de Nameshield et Webikeo.

Sur le thème « Du .COM au .MARQUE : entrez dans l’ère du .brand en 2026 », cette présentation animée par Christophe GÉRARD, Directeur Produits chez Nameshield et Arnaud WITTERSHEIM, Responsable projets ngTLDs et compliance – PO noms de domaine chez Nameshield, a eu pour objectif de vous livrer les clefs pour bien comprendre ce que représente réellement un .BRAND pour votre image de marque, votre sécurité et votre réputation.

Dans un monde où votre marque ne dépend plus d’un simple .COM ou .FR mais vous donne la possibilité de posséder votre propre espace digital unique et exclusif grâce au .BRAND, il devient essentiel d’étudier cette opportunité. Cette extension de domaine entièrement dédiée à votre entreprise sera un symbole de confiance, d’innovation et de leadership sur votre marché. Cette évolution du web dont se sont déjà emparées de nombreuses entreprises il y a 14 ans, devient une nouvelle fois possible en avril 2026. Un second cycle d’ouverture mondiale intervient en effet et va permettre aux entreprises de candidater pour obtenir leur propre extension.

Ce webinar est dédié à vous présenter le sujet en vous expliquant :

  • Pourquoi il ne faut pas passer à côté de cette possibilité,
  • Les nombreuses opportunités marketing offertes par le .BRAND,
  • Les étapes clés, dates importantes et aspects budgétaires de votre projet, qui vous permettront de donner le « GO » ou le « NO GO ».

Outil d’indépendance, de réputation au service de votre stratégie de marque, c’est le moment de comprendre comment le .BRAND pourra transformer votre présence digitale dès 2026 et de décider si vous souhaitez vous lancer dès maintenant dans cette aventure !

ICANN84 : Un sommet en forme de bilan six mois avant l’ouverture des dépôts de candidatures des nouvelles extensions génériques

En raison de l’instabilité au Moyen Orient, Mascate, Oman devra attendre une année supplémentaire pour accueillir l’ICANN, l’instance de gouvernance de l’Internet. Pour son assemblée générale annuelle, l’ICANN a joué la prudence en posant ses quartiers dans le prestigieux Centre de convention de Dublin pour six jours de discussions, de rencontres, de travaux sur les sujets de politiques. Le dernier sommet annuel de l’organisation à six mois de l’ouverture de la prochaine série de nouvelles extensions génériques.

Une cérémonie d’ouverture en forme de bilan et de « Meitheal »

Lors de la Cérémonie d’ouverture, Tripti Sinha, la présidente du Conseil d’administration de l’ICANN a évoqué l’analogie entre le « Meitheal » cher aux irlandais qui désigne un groupe de personnes qui se mettent au service de la communauté pour faire un travail « que personne ne peut faire seul » avec l’ICANN dont ce mode de fonctionnement est l’essence. L’assemblée générale est en effet une sorte de récolte ou de bilan pour l’ICANN. Au titre des récoltes, elle a cité :

– l’approbation du nouveau plan stratégique de l’ICANN pour la période de 2026-2030,

– une gestion prudente de l’organisation qui a permis de dégager des marges de manœuvre,

– le programme d’aide, ICANN Grant basé sur le fond de réserve des enchères de la série de 2012 avec 23 projets qui vont recevoir des financements,

– le lancement de la revue holistique de l’organisation,

– les contributions apportées par l’ICANN au SMSI+20, l’examen à 20 ans du Sommet mondial sur la société de l’information entamé par les Nations Unies,

– et les progrès sur la prochaine série de nouvelles extensions génériques dont l’ouverture de la fenêtre de candidatures va intervenir dans seulement 6 mois avec également le programme de soutien aux candidats qui est déjà en cours.

Tripti Sinha lors de la Cérémonie d’ouverture de l’ICANN84
Tripti Sinha lors de la Cérémonie d’ouverture de l’ICANN84

Pour Kurtis Linqvist dont c’est déjà le troisième sommet en tant que Président de l’ICANN, « l’année a été marquée par des enjeux complexes comme des problèmes touchant des registres régionaux », on pense évidemment au registre régional Afrinic ou « la complexité du monde » et même des « problèmes locaux » qui ont touché les bureaux de l’ICANN entre les incendies de forêts à Los Angeles durant l’été ou le tremblement de terre à Istanbul. Dans ce contexte, il s’est félicité que les projets aient avancé. Il a conclu en donnant ses axes prioritaires pour l’année prochaine : « écouter », « se concentrer sur la mise en œuvre » et « améliorer » la « façon de travailler en interne pour éviter les frictions et ne pas ralentir les mises en œuvre ». 

La difficile équation de concilier attentes et évolutions technologiques rapides

Le Forum sur les aspects géopolitiques qui fait habituellement un tour d’horizon des évolutions règlementaires et législatives qui peuvent impacter les missions de l’ICANN, était cette fois focalisé sur le SMSI+20. Une réunion décisive va en effet se tenir mi-décembre à New York lors de l’Assemblée générale des Nations Unies afin de formaliser un texte de conclusion sur la mise en œuvre des résultats du SMSI. La session tenue lors de l’ICANN84 a été l’occasion d’un plaidoyer pour l’Internet inclusif et les contenus dans les langues des utilisateurs. L’IA n’a pas été oubliée avec le vœu d’avoir plus de transparence sur les algorithmes afin que les langues non dominantes soient aussi prises en compte pour que ces technologies soient adaptées pour le plus grand monde, quelle que soit la langue utilisée et pratiquée. L’usage abondant de l’IA, notamment par la jeune génération ainsi que leur appétence pour les plateformes centralisées et les réseaux sociaux, ont aussi été évoqués lors des questions au Conseil d’administration comme pour rappeler que le monde et les usages d’Internet évoluent très vite.

Lors du Forum public c’est notamment le rôle de l’ICANN sur l’acceptation universelle qui a été questionné, celle-ci défendant un changement de positionnement vers l’expertise et l’implémentation et non plus celui de la sensibilisation. L’attention portée aux caractères diacritiques, ces signes accompagnant une lettre ou graphème pour en modifier le sens ou la prononciation, ou encore une absence de leadership de l’ICANN en matière d’orientations pour jeter des ponts entre le web2 et le web3 ont aussi été abordés au titre des préoccupations. 

Des enjeux multiples qui compliquent la donne pour éviter la fragmentation de l’Internet mais où l’ICANN entend avant tout « fournir le meilleur espace Internet pour l’adressage Internet » selon les propos du Conseil d’administration.

Les abus du DNS et les requêtes urgentes d’accès aux données d’enregistrement

Pour pousser vers un marché plus vertueux, de nouveaux processus de développement de politiques visant à consolider les mesures déjà prises sur la lutte contre les abus du DNS, ont été esquissés pour l’année à venir.

Du côté des autorités d’application de la loi, la question d’un accès spécifique aux données d’enregistrement a continué d’alimenter de nombreuses sessions. L’entité qui représente les gouvernements, le GAC, pousse en effet pour qu’un délai sans doute en heures calendaires soit ajouté dans les contrats des prestataires de noms de domaine.

Sujet star, le prochain round de nouvelles extensions en ligne de crête

Il n’a échappé à aucun participant que le sujet phare de cette édition de l’ICANN84, était le lancement d’une nouvelle fenêtre de candidatures pour des extensions génériques, annoncé depuis deux années pour avril 2026. D’ailleurs en pénétrant dans le Centre de convention de Dublin, deux poteaux arboraient une annonce en ce sens : « Etes-vous prêt pour candidater à une extension générique ? ». Pour ceux qui ont connu le lancement de la précédente série de 2012, cette communication apparaissait néanmoins plutôt discrète.

Le sujet était en tout cas présent sur une très large série des sessions. Du côté des succès : le programme de soutien des candidats qui doit aider des candidats qui pourraient ne pas le faire en raison de contraintes financières ou de ressources. 115 candidatures ont été reçues dont 2 ont été totalement approuvées à date. La majorité provient d’Asie puis d’Amérique du Nord. En 2012, où ce programme était nouveau, plus limité et moins diffusé, trois candidatures seulement ont été reçues.

Mais l’ICANN84 a aussi montré que le programme connait des retards qui ont été soulignés lors du Forum public. Des retards dans le nouveau processus de vérification des opérateurs techniques ou encore dans la fourniture du contrat de registre des futurs opérateurs de registre dont la version définitive pourrait être connue seulement en mars prochain. 

Le Conseil d’administration de l’ICANN adopte le guide de candidatures de la prochaine série lors de la session de clôture de l’ICANN84
Le Conseil d’administration de l’ICANN adopte le guide de candidatures de la prochaine série lors de la session de clôture de l’ICANN84

A la fin de la semaine, on saluera néanmoins l’approbation du Guide de candidatures lors de la session publique tenue par un Conseil d’administration en plein renouvellement. S’il doit encore recevoir des ajouts d’ici à fin décembre, ce document essentiel est donc maintenant reconnu comme faisant référence. Une dernière contribution de Becky Burr, membre sortante du Conseil d’administration, qui a rappelé que pas moins de 197 réunions ont été tenues par l’équipe d’implémentation pour drafter le document de près de 400 pages, avec pas moins de cinq phases de commentaires publics. On notera aussi les sorties du Conseil d’administration de Maarten Botterman et de Chris Chapman.

Notre commentaire

L’ICANN n’a toujours pas donné de date officielle pour la fenêtre de dépôt des candidatures à des nouvelles extensions et donc à des projets de .marque. Elle pourrait se situer au 27 avril avec une durée de 12 à 15 semaines, peut-être davantage si les sujets évoqués dans notre article comme la clôture de l’évaluation des opérateurs techniques ou la publication de la version finale du contrat de registre, devaient intervenir de façon trop rapprochée par rapport à la fenêtre d’ouverture. L’ICANN s’est en tout cas voulue rassurante pour confirmer que le lancement en avril sera tenu. La date définitive du round devrait être officialisée en décembre.

On le voit, l’échéance de cette nouvelle opportunité approche désormais grandement. S’il n’est pas évident de savoir s’il faut ou non se positionner, il est important que chacun ait conscience de cette nouvelle possibilité de créer son extension Internet pour disposer d’un espace d’adressage dédié, car elle ne s’est pas présentée depuis 2012. Se lancer suppose de bien avoir cadré son projet, d’avoir identifié les bons interlocuteurs et d’avoir anticipé les budgets à investir. Réussir et rentabiliser son projet supposent de choisir les bons partenaires pour être bien accompagné. Nameshield, prestataire européen souverain, vous offre une expertise et un accompagnement sur mesure sur tout le cycle de vie d’un tel projet. Parlons-en ensemble dès maintenant.