2020 et le SSL, petit exercice de prévision

Navigateurs et Autorités de Certification, le combat continue.

Cybersécurité - SSL TLS - Blog Nameshield
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2019 fut une année bien remplie, avec un renforcement des divergences de point de vue entre fabricants de navigateurs et Autorités de Certification, l’explosion du nombre de sites de phishing chiffrés en HTTPS et l’avancée significative sur la dépréciation de TLS v1.0.  

Les débats autour de la validation étendue, plus généralement du traitement visuel des certificats dans les navigateurs, et de la réduction de la durée des certificats ont pris une place prépondérante. Aucune de ces conversations n’est terminée, aucun consensus ne semble se dessiner, 2020 s’annonce comme une année chargée. Place à l’anticipation…

Le sort d’Extended Validation sera-t-il fixé ?

2019 a vu les principaux navigateurs cesser d’afficher la fameuse barre d’adresse en vert avec le cadenas et le nom de l’entreprise, le tout au profit d’un affichage classique et unique, ne tenant plus compte du niveau d’authentification des certificats :

Les discussions sont pour autant toujours en cours au niveau du CA/B forum, comme au sein du CA Security Council. Ces deux instances de régulations des certificats chercheront en 2020 un moyen intuitif d’afficher les informations d’identité des sites Web.

Historiquement approuvé par tous, notamment par l’industrie financière et les sites comprenant des transactions, EV (l’acronyme pour Extended Validation) a été la cible de Google en 2019. Les autres navigateurs, sous l’influence de Google, entre Mozilla financé par Google et Microsoft et Opera basés sur Chromium open source, ont suivi dans cette direction. Seul Apple continue à afficher EV.

Pour les navigateurs, la question est de savoir si TLS est ou non le meilleur moyen de présenter les informations d’authentification des sites web. Il semble que non. Google part du principe que ce n’est pas aux Autorités de Certification de décider du contenu légitime d’un site web et souhaite l’utilisation des certificats à des seules fins de chiffrement.

Bien sûr les Autorités de Certification voient les choses différemment. Certes on peut y voir une réaction purement mercantile, les certificats EV sont bien plus chers. On peut aussi se demander l’intérêt de l’authentification au-delà du chiffrement. La réponse semble se trouver dans les statistiques ahurissantes des sites web de phishing chiffrés en HTTPS. Les navigateurs ont pour l’instant imposé un web chiffré certes… mais plus authentifié !

2020 sera donc l’année des propositions de la part des Autorités de Certification : fournir une meilleure authentification, en incluant les identifiants d’entité juridique, en suivant la voie de la PSD2 en Europe… Une chose est sûre, l’identité n’a jamais été aussi critique sur Internet et il incombe à toutes les parties intéressées de trouver une solution, y compris aux navigateurs de trouver un moyen d’afficher l’authentification forte des sites. A suivre…

Des certificats d’une durée plus courte : vers des certificats d’un an

825 jours, soit 27 mois ou encore 2 ans, la durée maximale autorisée actuellement pour les certificats SSL. Pour autant, depuis 2017 et une première tentative au sein du CA/B forum, l’industrie se dirige vers une réduction de cette durée à 13 mois (1 mois supplémentaire pour couvrir la période de renouvellement).

Google et les navigateurs sont revenus à la charge en 2019 avec un autre vote soumis au CA/B forum, là encore rejeté mais à une moins vaste majorité. Le marché bouge. Des acteurs comme Let’sEncrypt proposent des certificats d’une durée de 3 mois, d’autres souhaitent plutôt garder des durées longues pour éviter les surcharges d’intervention sur les serveurs. Une chose est sûre, le marché ne dispose pas encore des systèmes d’automatisation pour rendre plus simple la gestion et l’installation des certificats, un délai d’un ou deux ans supplémentaires serait sinon souhaitable, en tout cas judicieux.

Mais tout ça est sans compter sur Google qui menace d’agir de manière unilatérale si le régulateur ne suit pas… certainement en 2020.

De TLS 1.0 à TLS 1.3 : marche en avant forcée

Prévue pour janvier 2020, Microsoft, Apple, Mozilla, Google et Cloudflare ont annoncé leur intention de déprécier la prise en charge de TLS 1.0 (protocole créé en 1999 pour succéder au SSL 3.0, devenu fortement exposé) et TLS 1.1 (2006), tous deux en souffrance aujourd’hui d’une trop grande exposition à des failles de sécurité.

Si TLS 1.2 (2008) est toujours considéré comme sûr aujourd’hui, le marché semble vouloir pousser rapidement pour TLS 1.3, la version la plus récente de la norme, finalement publiée à l’été 2018. TLS 1.3 abandonne le support des algorithmes trop faibles (MD4, RC4, DSA ou SHA-224), permet une négociation en moins d’étapes (plus rapide), et réduit la vulnérabilité aux attaques par repli. En termes simples, c’est le protocole le plus sûr.

Petit problème cependant, le passage à l’action de nombreux sites web. Début 2019, seuls 17% des sites web du Alexa Top 100 000 prenaient en charge TLS 1.3, tandis qu’un peu moins de 23% (22 285) ne supportaient même pas encore TLS 1.2. Si la décision de déprécier les anciennes versions de protocole est une bonne décision, la forme adoptée par les grands acteurs du web peut être critiquée, notamment par son caractère unilatéral. En attendant, préparez-vous, nous y allons tout droit.

La menace de l’informatique quantique

Les entreprises parlent de plus en plus de l’informatique quantique, y compris Google. Mais la réalité est la suivante, alors que le quantum va avoir un impact sur notre industrie, ce ne sera certainement pas en 2020, ni pendant au moins une décennie. Il y a encore de nombreuses questions auxquelles il faut répondre, telles que: Quel est le meilleur algorithme pour la résistance quantique? Personne n’a cette réponse et tant qu’il n’y aura pas de consensus dans l’industrie, vous ne verrez aucune solution quantique en place.

L’IoT gagne du terrain, mais le manque de sécurité continue d’être problématique

L’IoT est un succès, mais un certain nombre de déploiements sont retardés en raison d’un manque de sécurité. En 2020, les fournisseurs de services cloud fourniront ou travailleront en partenariat avec des sociétés de sécurité pour fournir un approvisionnement et une gestion sécurisés des appareils, ainsi qu’un écosystème IoT sécurisé général, pour leurs clients.

Les cadres réglementaires pour la fabrication et les déploiements de l’IoT seront très certainement dirigés par l’UE, même si nous assisterons également à une augmentation aux États-Unis. Les attaques, les compromissions et les piratages IoT continueront, malheureusement. De plus, les normes de sécurité ne seront pas respectées et nous ne serons même pas proches d’un pourcentage plus élevé d’appareils sécurisés. Pourquoi ? Les fabricants d’équipement d’origine (FEO) ne sont toujours pas disposés à payer les coûts impliqués ou à les répercuter sur les consommateurs, de peur de perdre des ventes.

Les lois de chiffrement en Chine créeront beaucoup d’incertitude

Au cours des dernières années, une partie de la transformation numérique du monde a entraîné la codification des droits et restrictions des données dans des lois nationales et des organisations régionales. PSD2, RGPD, CCPA, LPRPDE… un vrai casse-tête pour les entreprises internationales face aux normes réglementaires et à la conformité.

Le 1er janvier 2020, la loi chinoise sur le chiffrement devait entrer en vigueur. Une donnée supplémentaire et… toujours floue pour ceux qui font des affaires en Chine. Des clarifications sont encore nécessaires sur plusieurs fronts. Par exemple, le chiffrement commercial des sociétés internationales doit être approuvé et certifié avant de pouvoir être utilisé en Chine – mais ce système de certification n’a pas encore été créé. De même, il existe une incertitude concernant le séquestre clé et les données qui doivent être mises à la disposition du gouvernement chinois. Cela a conduit à une vague de spéculations, de désinformation et, finalement, de réactions excessives. Compte tenu de l’opacité des parties de la nouvelle réglementation, de nombreuses entreprises optent pour une approche attentiste. Il s’agit d’une tactique judicieuse, en supposant que votre organisation ne dispose pas d’un expert juridique chinois expérimenté.

En conclusion, l’industrie des certificats continue sa mue. L’équipe certificats de Nameshield se tient à votre disposition pour aborder tous ces sujets.

Meilleurs vœux pour 2020.

L’Equipe Certificats.

Pourquoi la vente du registre du .ORG fait-elle débat ?

Extension .ORG - dot org - Blog Nameshield

En novembre 2019, un communiqué annonçait que le registre du .ORG, le Public Interest Registry (PIR), organisme sans but lucratif géré par l’Internet Society, allait être racheté par Ethos Capital, un fonds d’investissement.

Le .ORG est l’extension de référence pour les organisations à  but non lucratif. L’acquisition du PIR par Ethos a rapidement inquiété les structures utilisant le .ORG au motif du dévoiement potentiel de l’extension par son nouveau propriétaire qui, par essence même, a des visées lucratives.

La crainte ? Que les tarifs d’enregistrements et de renouvellements des noms de domaine en .ORG n’augmentent.

Pourtant, des personnalités clés du monde de l’Internet, comme Andrew Sullivan (directeur de l’Internet Society) se sont enthousiasmées, y voyant un partenariat stratégique fort et un apport financier important permettant à l’Internet Society de poursuivre sa mission d’un « Internet plus ouvert, accessible et sécurisé pour tout le monde », tel qu’il l’écrivait dans le communiqué relatif à l’acquisition du 13 novembre 2019.

Il semblerait que les peurs générées trouvent leur origine dans ce rachat « surprise » et peu transparent, puisque le montant de la transaction n’a pas été révélé.

Ces craintes se font bien sûr le corolaire de la suppression le 30 juin 2019 du plafond imposé jusqu’alors aux tarifs du .ORG (historiquement bas), par l’ICANN, malgré les nombreuses réserves émises par la communauté. Enfin, le fait qu’Ethos ait directement ou indirectement des liens étroits avec des anciens de l’ICANN posent problèmes à plusieurs voix du secteur.

La peur de voir les prix du .ORG flamber a poussé l’Electronic Frontier Foundation (EFF) à lancer la campagne SaveDotOrg dont le but est de sensibiliser au potentiel impact que pourrait avoir une augmentation tarifaire du .ORG sur les contraintes budgétaires des ONG.

La possibilité également qu’Ethos Capital mette ensuite en place un principe de protections des droits qui pourrait mener à une forme de censure, comme la pratiquent actuellement certains pays souhaitant faire taire des ONG.

Devant la levée de bouclier, l’ICANN a suspendu l’opération de rachat en décembre dernier et réclame des éclaircissements à l’Internet Society.

Plus récemment, en janvier 2020, un nouveau candidat à la reprise de l’extension .ORG vient de se faire connaître. Il s’agirait d’une société coopérative (Cooperative Corporation of .ORG Registrants) rassemblant certains pionniers du Web et d’anciens membres de l’ICANN.

Affaire à suivre !

[REPLAY WEBINAR] Se protéger du cybercrime : comprendre et appliquer les recommandations ANSSI visant le DNS

REPLAY WEBINAR - Se protéger du cybercrime : comprendre et appliquer les recommandations ANSSI visant le DNS

Le DNS est au cœur de nombreux services stratégiques de l’Internet (mails – VoIP – site – applications etc.) et reste un élément central exposé à de nombreuses cybermenaces.

L’ANSSI, l’autorité nationale en matière de sécurité et de défense des systèmes d’information, liste différentes préconisations pour la sécurisation du DNS.

DOH, DOT, blockchain DNS, DNSSEC font également l’actualité du DNS.

Notre expert aborde ces différents sujets à travers ce webinar, avec au programme :

  • Définition du Domain Name System
  • L’importance du DNS
  • L’ANSSI et le DNS
  • Les tendances du DNS

Retrouvez ce webinar animé par Christophe GERARD, Security Product Manager de Nameshield Group, en replay sur la plateforme Webikeo :

Chypre : ouverture des dépôts de nom de domaine de premier niveau en .CY

Chypre : ouverture des dépôts de nom de domaine de premier niveau en .CY
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Le registre chypriote a annoncé l’ouverture du .CY aux enregistrements de noms de domaine : nomdedomaine.cy

Les titulaires du second niveau (nomdedomaine.com.cy) peuvent donc à présent prétendre enregistrer leur nom existant en .COM.CY à l’identique en .CY.

A noter : pas de phase prioritaire, le registre du .CY appliquera la règle du premier arrivé, premier servi et a également assoupli ses conditions d’enregistrement pour le .COM.CY.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter votre conseiller.

Fausses applications mobiles : une menace grandissante pour les marques et les consommateurs

Fausses applications mobiles : une menace grandissante pour les marques et les consommateurs
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Avec plus de 5 millions d’applications mobiles actuellement disponibles sur les plateformes de téléchargement telles que Google Play et App Store, plus de 2000 nouvelles applications lancées chaque jour et près de 2 milliards d’applications téléchargées en France en 2018, les applications mobiles se sont rapidement développées en une dizaine d’années pour devenir un élément incontournable du monde digital.

Selon une étude réalisée par FEVAD, le revenu du commerce mobile en France est estimé à 22 milliards d’euros en 2018, soit ¼ des ventes en ligne. Les applications mobiles représentent ainsi un marché en forte croissance.

Des études ont montré que 68% des consommateurs identifiés comme fidèles à une marque spécifique ont téléchargé l’application de la marque. A l’inverse, des statistiques indiquent que 40% des utilisateurs vont chez les concurrents suite à une mauvaise expérience d’achat sur l’application mobile. Les entreprises ont donc vite réalisé qu’assurer une expérience d’achat de qualité et sécurisée à leurs clients lorsqu’ils téléchargent et utilisent leur application est la clé pour les fidéliser.

La croissance des fausses applications mobiles

Alors que les applications mobiles des marques ont gagné en popularité auprès des consommateurs, le nombre de fausses applications mobiles lancées sur le marché par des acteurs malveillants a également explosé. Les fausses applications pouvant être dangereuses car associées à des attaques de fraude, sont devenues une menace grandissante pour les consommateurs. En effet elles ont accru de 191% entre 2018 et 2019. Le rapport de McAfee sur les menaces mobiles indique que près de 65 000 nouvelles fausses applications ont été détectées en décembre 2018.

Malgré les précautions prises par la plupart des plateformes d’applications pour diminuer le nombre d’applications malveillantes lancées sur leur plateforme, les cybercriminels continuent de trouver les moyens de contourner ces mesures de sécurité.

Un exemple récent, la fausse application Samsung qui a piégé 10 millions d’utilisateurs Android. Cette application nommée « Updates for Samsung » (« Mises à jour pour Samsung ») qui promet des mises à jour de firmware, n’est en réalité pas liée à Samsung.  Une fois téléchargée, elle propose avant tout de la publicité. Et pour télécharger une mise à jour, l’utilisateur est alors invité à sortir sa carte bleue pour débourser une trentaine d’euros. Une opération pourtant totalement gratuite puisque la mise à jour est accessible directement depuis les paramètres de son smartphone.

Que faire face à ces fausses applications mobiles ?

Étant donné l’importance et l’omniprésence des applications mobiles, il est donc absolument essentiel pour les entreprises d’intégrer dans leurs stratégies de protection des marques, une sécurisation de leurs applications mobiles et la mise en place de surveillance d’applications mobiles présentes sur le marché.

Chaque seconde, une application malveillante est active et représente une menace pour les marques et les consommateurs. Pour y faire face, Nameshield propose une surveillance en ligne des applications mobiles présentes sur les plateformes d’applications, permettant ainsi d’identifier celles qui pourraient porter atteinte à vos marques et vous accompagne dans les actions à mettre en place.

Pour en savoir plus sur notre solution de surveillance, n’hésitez pas à prendre contact avec un consultant Nameshield.