Brexit et .eu ne font pas bon ménage

Brexit et .eu ne font pas bon ménage
Source de l’image : daniel_diaz_bardillo via Pixabay

L’annonce du Brexit aura également des conséquences sur la domainosphère puisque la Commission Européenne a annoncé le 28 mars dernier que les entreprises et les particuliers détenteurs d’un .eu ne pourront plus renouveler ou enregistrer de .eu s’ils ne sont pas établis dans l’UE. Ainsi, pour les britanniques exerçant uniquement au Royaume-Uni, les frontières floues d’Internet feront leur apparition, bien visibles. Cette mesure sera applicable en mars 2019.

Le Royaume Uni affiche quatrième au classement des plus gros déposants de .eu, avec 317 000 noms de domaine enregistrés en 2017 (sur 3,7 millions au total). Il faut toutefois remettre les chiffres dans leur contexte : aujourd’hui, les britanniques utilisent majoritairement les .co.uk (ou .uk plus récemment) et on compte 10 millions de noms de domaine existants sous ces extensions.

Brexit et .eu ne font pas bon ménage - Rapport annuel de l'EURID
Source : Rapport annuel de l’EURID

Les détenteurs britanniques de .eu ont donc une année pour migrer leur site sur un autre nom de domaine, travailler à nouveau sur leur référencement, sécuriser leur site, re-brander leurs plaquettes, modifier leur identité visuelle, affichages, informer leurs clients et fournisseurs de leur changement d’adresse mails, etc. L’annonce est donc tout de même lourde de conséquences.

Il réside également le risque de voir sa marque cybersquattée par un tiers européen, ayant, lui, le droit d’enregistrer des noms en .eu. Il n’y aura pas de recours possible puisque les britanniques ne remplissent pas les nouveaux critères d’éligibilité d’enregistrement des .eu.

Il semblerait que l’Eurid, le registre privé du .eu, n’ait pas été consulté préalablement. On peut d’ailleurs lire sur le site eurid.eu : “EURid, le gestionnaire de registre TLD .eu, a reçu hier après-midi le lien vers la communication de la Commission Européenne concernant le Brexit et le TLD .eu.”

Des moyens ont été cependant trouvés par certaines entreprises afin de contourner cette règle, en créant par exemple une petite entreprise dans l’un des états membres. C’est là, justement, qu’interviendrait l’Estonie, qui, grâce à son programme d’e-citoyenneté, permettrait de créer une entreprise dans le pays afin de bénéficier de certains avantages que propose l’Union Européenne sans avoir à y vivre ou y travailler.

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?

Il existe plusieurs milliers d’extensions à ce jour (notamment avec l’arrivée massive des new gTLDs), et bien que le quidam n’en connaisse pas la moitié, il semble que leur existence influence néanmoins sa navigation sur Internet.

En 2016, l’ICANN publiait une étude sur le comportement actuel des consommateurs à l’égard des gTLDs et du système des noms de domaine (DNS). Les internautes ont répondu à des questions concernant la sensibilisation des consommateurs et leurs perceptions en termes de choix, d’expérience et de confiance.

« Les résultats de l’enquête montrent que la notoriété totale des domaines de premier niveau a augmenté par rapport à l’étude de base menée l’année dernière et continue de s’accroître », précisait Akram Atallah, président de la Division des domaines mondiaux de l’ICANN.

Il en ressort notamment que les noms de domaine génériques de premier niveau (gTLDs) affichent une légère hausse en termes de notoriété au niveau mondial.

  • Plus de la moitié des personnes interrogées (52%) connaissaient au moins un nouveau gTLD.
  • La notoriété a notamment augmenté en Amérique du Nord, en Asie-Pacifique et en Europe

La notoriété et la fiabilité des gTLDs « historiques » les plus connus demeurent importantes.

  • Parmi un sous-groupe de gTLDs historiques, .COM (95%), .NET (88%) et .ORG (83%) ont été les plus reconnus par les consommateurs.
  • Ces TLDs sont largement considérés (91%) comme des destinations fiables sur Internet.
  • Les ccTLDs sont considérés fiables par la plupart des consommateurs (95%) dans les régions où ils sont le plus utilisés.

Les consommateurs font un lien entre restrictions à l’enregistrement et confiance.

  • Plus de 70% des personnes interrogées se sont montrées favorables à l’application d’un certain niveau de restrictions à l’enregistrement autant pour les gTLDs historiques que pour les nouveaux gTLDs, ce qui représente une hausse par rapport à 2015.
  • Lorsqu’il s’agit de nouveaux gTLDs, les consommateurs s’attendent à ce qu’il existe une correspondance assez étroite entre le contenu d’un site web et la signification implicite du nom de domaine de second niveau associé au gTLD où le nom est enregistré.

Autres points saillants du rapport :

  • De manière générale, la confiance dans l’industrie des noms de domaine par rapport à d’autres industries du domaine technologique s’est améliorée.
  • Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées de décrire la finalité des gTLDs, les réponses ont notamment porté sur l’idée de structure du contenu de l’Internet. Interrogés par rapport à ce que les nouveaux gTLDs apportaient, les sondés ont dit qu’ils contribuaient à améliorer la structure et la crédibilité, et qu’ils répondaient à l’augmentation de la demande de noms de domaine.
  • Au niveau mondial, la réponse des adolescents est similaire à celle des adultes, même s’ils semblent plus familiarisés avec les nouveaux gTLDs et préfèrent les applications et les wikis aux gTLDs pour naviguer dans les contenus en ligne.

Un autre exemple parlant, celui des donations en ligne. Le rapport de l’enquête 2017 sur les tendances caritatives mondiales (givingreport.ngo) résume les données sur les donateurs des six continents quant à l’effet des technologies mobiles et en ligne sur les dons. Le rapport de l’enquête 2017 sur les tendances caritatives mondiales est unique, car il s’agit de la seule étude annuelle dédiée à l’analyse des habitudes des donateurs dans le monde entier. Il est conjoint à celui sur l’utilisation des technologies par les ONG mondiales (techreport.ngo). Celui-ci montre que les donateurs ont plus tendance à donner à des sites dont l’extension est un .org ou .ngo/ong, plutôt qu’à des extensions génériques comme le .com ou le .net.

 

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?

 

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?
Source: http://givingreport.ngo

Quand la domainosphère s’intéresse à la cryptomonnaie

Quand la domainosphère s’intéresse à la cryptomonnaie

A l’heure où ces lignes sont rédigées, le bitcoin bat son plein, puisqu’il atteint les 12600€, soit 18% de plus qu’hier, soit 51% de plus que la semaine dernière, soit 103% de plus que le mois dernier, et 1650% de plus que l’année dernière. De quoi avoir quelques regrets de ne pas avoir pris le train en marche plus tôt.

Certains diront que le bitcoin et tous ses petits copains (Ethereum, Litecoins, Monero, ZCash, ou Ripple) n’ont aucun avenir, que cette jolie bulle spéculative a vocation à disparaître très rapidement et que les investisseurs perdent leur argent. D’autres vous diront qu’ils ont toute confiance dans ces nouvelles devises et qu’elles sont aussi sûres que l’or. Comment ne pas les croire quand on voit le jeune Erik Finman devenir millionnaire grâce à l’achat de 1000$ de bitcoins quelques années plus tôt, revendus pour 100 000$, lui ayant permis de créer sa société ?

Pour revenir aux bases, et mieux comprendre de quoi il s’agit, les cryptomonnaies sont des monnaies cryptographiques et proposent un système de paiement de pair à pair. Il s’agit donc de monnaies virtuelles car ces dernières sont caractérisées par une absence de support physique : ni pièces ni billets et les paiements par chèque ou carte bancaire ne sont pas possibles non plus. Ce sont des monnaies alternatives qui n’ont de cours légal dans aucun pays du globe. Leur valeur n’est pas indexée sur le cours de l’or ni sur celle des devises classiques et elles ne sont pas non plus régulées par un organe central. Elles sont largement remises en cause par les Etats (certains les ont même interdites) car elles peuvent servir à financer des marchés illégaux. Certes, mais pas plus qu’un billet de 100$… Aujourd’hui, il est impossible de tracer un billet de banque et aucune transaction illégale n’est réglée par carte bancaire, mais bien avec des billets physiques.

Pourtant, si on regarde de plus près, la cryptographie sécurise les transactions qui sont toutes vérifiées et enregistrées dans un domaine public, assurant tout à la fois confidentialité et authenticité, grâce à la technologie blockchain.

Si certains pays interdisent les cryptomonnaies, d’autres pays n’y voient pas d’inconvénients (ou ne donnent pas d’avis sur la question). On peut même faire des dons à la Croix Rouge en bitcoins, acheter des produits sur showroomprive.com, acheter des jeux vidéo sur gamesplanet.com, prendre des cours d’échecs sur echecs-facile.com etc. De plus en plus de sites internet français acceptent les paiements en bitcoins, ce qui fait prendre de la valeur à la monnaie. Dernière nouvelle, la société PwC, l’une des BigFour, a annoncé qu’elle acceptait les règlements en bitcoins pour la fourniture de ses services.

Ainsi, on le comprend, personne n’arrive à se mettre d’accord sur l’avenir accordé aux cryptomonnaies mais force est de constater que le sujet impacte de plus en plus de monde (relayé par les médias notamment) et de sociétés (en termes économiques).

D’ailleurs, Amazon ne pourra pas nier son intérêt pour les cryptomonnaies puisque la société annonçait en septembre dernier qu’elle accepterait les transactions avec cette devise sur son site web prochainement. Une information non innovante, car des sites acceptent déjà le Bitcoin, mais cela serait une première pour un des principaux acteurs du e-commerce.

Amazon a d’ailleurs fait l’acquisition des noms de domaine amazonethereum.com, amazoncryptocurrency.com et amazoncryptocurrencies.com. Ces acquisitions vont peut-être confirmer la rumeur diffusée en septembre, mais également en créer une : celle où Amazon souhaiterait créer sa propre cryptomonnaie. Une idée qui n’est pas non plus nouvelle, mais on connaît les ambitions de l’entreprise quand il s’agit de disrupter un marché.

Enfin, le nom de domaine ethereum.com est actuellement en vente pour 10 millions de dollars. En octobre, eth.com s’est vendu pour 2 millions de dollars.

ethereum.com - Quand la domainosphère s’intéresse à la cryptomonnaie

Et vous, vous y croyez ?

Donuts rachète Rightside: quelles conséquences sur les programmes DPML ?

Donuts rachète Rightside : quelles conséquences sur les programmes DPML ?

Au lancement des nouvelles extensions internet, l’opérateur DONUTS, le plus gros déposant d’extensions (.services, .legal, .photos, .vin etc) avait lancé un programme de protection spécifique en complément de la TMCH.

La Donuts Protected Mark List (DPML) permet de bloquer l’enregistrement par les tiers d’un nom de domaine similaire à la marque sous toutes les extensions gérées par le registre.

Par exemple, si la marque « iPhone » est inscrite à la TMCH (pré-requis) puis dans la DPML, personne ne pourra enregistrer <iphone.photos> ou <iphone.services>, ainsi que la centaine d’autres extensions Donuts.

D’autres registres ont également créé des programmes de protection à l’instar de la DPML de Donuts, sur des périmètres plus restreints. C’était le cas de Rightside qui gérait les 40 extensions :

.ACTOR

.AIRFORCE

.ARMY

.ATTORNEY

.AUCTION

.BAND

.CONSULTING

.DANCE

.DEGREE

.DEMOCRAT

.DENTIST

.ENGINEER

.FAMILY

.FORSALE

.FUTBOL

.GAMES

.GIVES

.HAUS

.IMMOBILIEN

.KAUFEN

.LAWYER

.LIVE

.MARKET

.MODA

.MORTGAGE

.NAVY

.NEWS

.NINJA

.PUB

.REHAB

.REPUBLICAN

.REVIEWS

.RIP

.ROCKS

.SALE

.SOCIAL

.SOFTWARE

.STUDIO

.VET

.VIDEO

Fin juillet, Donuts a annoncé le rachat de Rightside.

Quels sont les impacts de ce rachat pour les détenteurs de ces deux programmes de protection ?

  • La DPML intègre désormais les extensions de Rightside, sans coût supplémentaire.
  • Il n’est plus possible de souscrire uniquement au programme de Rightside, il faudra se tourner nécessairement vers la DPML de Donuts.
  • Cela ne protège pas les noms précédemment enregistrés par des tiers.
  • Cela exclut les noms de domaine premiums.

Si vous souhaitez enregistrer votre marque dans la TMCH et/ou dans la DPML, n’hésitez pas à contacter votre interlocuteur chez Nameshield.

Lancement d’un dot brand pour le plus gros site e-commerce français

Lancement d’un dot brand pour le plus gros site e-commerce français
OUIGO – Photo de Kabelleger / David Gubler

 

Il y a deux semaines, la SNCF annonçait qu’elle lançait un important programme de rebranding autour du terme « OUI ». Nous connaissions déjà OUIGO pour les trains low costs, et OUIBUS pour les lignes de bus longues distances, nous découvrons désormais INOUI, les TGV nouvelles générations munis de wifi.

L’objectif de la SNCF est d’avoir une offre plus claire et se distinguer de la concurrence. Le monopole de la SNCF sur les lignes ferroviaires s’arrête en 2021 et il est temps de se différencier. « TGV » est un terme trop générique qui n’est pas suffisamment distinctif.

 

Lancement d’un dot brand pour le plus gros site e-commerce français

 

En plus du changement de dénomination, la SNCF a annoncé le lancement d’un nouveau site internet : oui.sncf.  La nouvelle marque ayant été plutôt (très) mal accueillie par la webosphère, le changement de site est tout aussi risqué. D’une part, un changement de site internet implique forcément une perte de trafic et un nouveau travail de référencement, ce qui rend la tâche risquée et difficile. D’autre part, changer de site pour utiliser une nouvelle extension internet, encore mal connue des internautes, implique un risque de confusion pour ces derniers.

On ne peut que saluer cette prise de risque de la part de la SNCF, qui suit la tendance de BNPPARIBAS, précurseur sur le lancement d’un site français en dot brand (mabanque.bnpparibas).

 

Compte Twitter de oui.sncf - exemple dot brand
Compte Twitter de oui.sncf

 

Mais alors, c’est quoi un dot brand ? et à quoi ça sert ?

 

Avant 2013, le commun des mortels savait reconnaître des URL grâce à leurs extensions .com, .fr etc. Depuis 2013, en plus de ces 300 extensions existantes, ont commencé à voir le jour des extensions du type .hotel, .pizza, .paris etc.

Ce sont près de 28 millions de noms de domaine qui sont enregistrés, pour 1215 extensions existantes. Parmi les plus enregistrées depuis leur lancement, on compte le .xyz avec plus de 6 millions d’enregistrements, le .top avec 4.5 millions d’enregistrements, le .loan avec 1.7 millions d’enregistrements, suivis par le .win (1.1 millions), le .wang (1 million), .club, .site, .online, .bid, .vip (tous à moins d’un million).

Parmi celles-ci, on trouve des extensions qui correspondent à des marques (.total, .alstom, .bnpparibas, .mango, .sncf etc). Certaines entreprises (dont une trentaine d’entreprises françaises) ont souhaité détenir leur propre extension afin de capitaliser sur leur marque phare. La plupart d’entre elles ont voulu sécuriser leur espace de nommage (limiter les intermédiaires dans la chaîne des acteurs intervenants sur l’enregistrement d’un nom de domaine). Le but aussi est d’avoir un nom de domaine réellement distinctif et rassurant pour le consommateur final. Les marques en ont assez de se battre contre le cybersquatting, cela représente un coût important et ne limite pas suffisamment les dégâts. Le message des marques détentrices d’un dot brand est le suivant : si vous n’êtes pas sur un site en .hermes, c’est que vous n’achetez pas du Hermès. Il va bien sûr falloir évangéliser les internautes afin de redoubler de prudence lors de leur navigation, et cela passe par la vérification du nom de domaine.

Ainsi, et peu importe la raison première de ce choix, SNCF peut être fière de faire partie des premières sociétés françaises à communiquer et utiliser véritablement son .sncf.

Selon le Parisien, le site a généré un chiffre d’affaires de 4,6 milliards d’euros en 2016 et devrait atteindre 5,5 milliards d’euros en 2020. Le nombre de billets vendus en 2016 était de 86 millions, avec des pics jusqu’à 240000 billets par jour. Le nouveau site inclura le moteur d’Intelligence Artificielle pour suggérer le voyage qui correspond le mieux à vos préférences et à votre comportement passé.

Pour l’instant, le nom de domaine oui.sncf est fonctionnel et redirige vers voyages-sncf.com.