Afrique du Sud, noms de domaine et marques : l’atout gagnant d’un enregistrement simultané

dot africa - enregistrement simultané marques noms de domaine - Nameshield

Le nom de domaine est au virtuel ce que la marque est au réel. C’est en vérité un peu plus compliqué mais cette petite phrase permet d’associer marques et noms de domaine.

C’est dans le cadre de cette vision partagée que l’Office d’enregistrement des marques Sud-Africain CIPC a noué un partenariat avec le registre du .ZA l’extension géographique de l’Afrique du Sud.

Ainsi, les déposants de marque peuvent choisir l’option ‘nom de domaine’, enregistrant ainsi les deux protections. C’est bien là la première collaboration que je vois entre ces types de bureau d’enregistrement.

Pour plus d’informations, vous pouvez lire le communiqué du CIPC.

A noter qu’un webinar est prévu le jeudi 25 janvier 2018.

La création d’une marque, entre passé et futur

Créer une marque est un exercice de communication complexe et doit donc être réalisé avec réflexion et planification. Si la classification de Nice permet la coexistence de marques identiques, le système de noms de domaine ne le permet pas. Il paraît important de rappeler que la surveillance via les noms de domaine est une activité aisée et surtout indispensable.

Prenons JOON, nouvelle compagnie d’Air France. Nouveau nom, dépôt de marque effectué : RAS. Sauf que le nom de domaine JOON.FR n’a pas été réservé et c’est son titulaire qui a subi un afflux de visiteurs. D’où la capture d’écran ci-dessous. Depuis, le nom de domaine redirige vers le site d’Air France. Et en même temps, Air France n’a pas regardé les autres noms de domaine comprenant le terme JOON. D’où ce conflit avec la marque Hey Joon.

Site internet Joon.fr
Site internet Joon.fr

 

Autre problème qui peut également arriver : le blacklistage du nom de domaine. C’est l’entreprise française CHEERZ qui en a fait les frais.

Résumons, concernant les noms de domaine, voilà la liste de choses à faire:

  • Surveiller les noms de domaine via une recherche de disponibilité ;
  • Surveiller les username via une recherche de disponibilité ;
  • Regarder le passé du nom de domaine en question.

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?

Il existe plusieurs milliers d’extensions à ce jour (notamment avec l’arrivée massive des new gTLDs), et bien que le quidam n’en connaisse pas la moitié, il semble que leur existence influence néanmoins sa navigation sur Internet.

En 2016, l’ICANN publiait une étude sur le comportement actuel des consommateurs à l’égard des gTLDs et du système des noms de domaine (DNS). Les internautes ont répondu à des questions concernant la sensibilisation des consommateurs et leurs perceptions en termes de choix, d’expérience et de confiance.

« Les résultats de l’enquête montrent que la notoriété totale des domaines de premier niveau a augmenté par rapport à l’étude de base menée l’année dernière et continue de s’accroître », précisait Akram Atallah, président de la Division des domaines mondiaux de l’ICANN.

Il en ressort notamment que les noms de domaine génériques de premier niveau (gTLDs) affichent une légère hausse en termes de notoriété au niveau mondial.

  • Plus de la moitié des personnes interrogées (52%) connaissaient au moins un nouveau gTLD.
  • La notoriété a notamment augmenté en Amérique du Nord, en Asie-Pacifique et en Europe

La notoriété et la fiabilité des gTLDs « historiques » les plus connus demeurent importantes.

  • Parmi un sous-groupe de gTLDs historiques, .COM (95%), .NET (88%) et .ORG (83%) ont été les plus reconnus par les consommateurs.
  • Ces TLDs sont largement considérés (91%) comme des destinations fiables sur Internet.
  • Les ccTLDs sont considérés fiables par la plupart des consommateurs (95%) dans les régions où ils sont le plus utilisés.

Les consommateurs font un lien entre restrictions à l’enregistrement et confiance.

  • Plus de 70% des personnes interrogées se sont montrées favorables à l’application d’un certain niveau de restrictions à l’enregistrement autant pour les gTLDs historiques que pour les nouveaux gTLDs, ce qui représente une hausse par rapport à 2015.
  • Lorsqu’il s’agit de nouveaux gTLDs, les consommateurs s’attendent à ce qu’il existe une correspondance assez étroite entre le contenu d’un site web et la signification implicite du nom de domaine de second niveau associé au gTLD où le nom est enregistré.

Autres points saillants du rapport :

  • De manière générale, la confiance dans l’industrie des noms de domaine par rapport à d’autres industries du domaine technologique s’est améliorée.
  • Lorsqu’on a demandé aux personnes interrogées de décrire la finalité des gTLDs, les réponses ont notamment porté sur l’idée de structure du contenu de l’Internet. Interrogés par rapport à ce que les nouveaux gTLDs apportaient, les sondés ont dit qu’ils contribuaient à améliorer la structure et la crédibilité, et qu’ils répondaient à l’augmentation de la demande de noms de domaine.
  • Au niveau mondial, la réponse des adolescents est similaire à celle des adultes, même s’ils semblent plus familiarisés avec les nouveaux gTLDs et préfèrent les applications et les wikis aux gTLDs pour naviguer dans les contenus en ligne.

Un autre exemple parlant, celui des donations en ligne. Le rapport de l’enquête 2017 sur les tendances caritatives mondiales (givingreport.ngo) résume les données sur les donateurs des six continents quant à l’effet des technologies mobiles et en ligne sur les dons. Le rapport de l’enquête 2017 sur les tendances caritatives mondiales est unique, car il s’agit de la seule étude annuelle dédiée à l’analyse des habitudes des donateurs dans le monde entier. Il est conjoint à celui sur l’utilisation des technologies par les ONG mondiales (techreport.ngo). Celui-ci montre que les donateurs ont plus tendance à donner à des sites dont l’extension est un .org ou .ngo/ong, plutôt qu’à des extensions génériques comme le .com ou le .net.

 

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?

 

L’extension d’un nom de domaine modifie-t-elle le comportement de l’internaute ?
Source: http://givingreport.ngo

Le Pôle de compétitivité mondial Finance Innovation vient de publier un livre blanc sur la Fonction Finance : 140 innovations au service de la croissance. Un beau travail de Place pour avancer sur l’évaluation des actifs immatériels stratégiques !

Valorisation des actifs immatériels - Nameshield

La société Nameshield s’efforce depuis près de 20 ans à défendre marques et consommateurs sur Internet. C’est dans ce cadre que la société travaille à la prise de conscience de l’importance des actifs immatériels digitaux qu’il convient d’identifier, de manager et de valoriser à leur juste place. À cet effet, nous avons participé à la rédaction du 10ème Livre Blanc du Pôle Finance Innovation (premier de la filière Métiers du Chiffre et du Conseil), dirigé par Cécile SAINT JEAN (PwC). Il résulte d’une mobilisation exceptionnelle de l’écosystème avec 180 contributeurs et plus de 300 jours d’échanges, de réflexion et de rédaction pour faciliter la transformation de la Fonction Finance au service de la compétitivité des entreprises et de la croissance.

Face à la nécessité d’adapter la fonction Finance pour faire face aux défis technologiques et humains, le Livre Blanc met en lumière 140 propositions d’innovations concrètes autour de quatre grandes thématiques :

  1. Transformation de l’organisation et des processus par la digitalisation ;
  2. Sécurité et transparence ;
  3. Culture du cash et amélioration du financement ;
  4. Pilotage de la création de valeur et évaluation de l’entreprise digitalisée.

Le Livre Blanc rappelle que la digitalisation a une incidence considérable sur le capital immatériel de toutes les entreprises. Des nouveaux actifs immatériels sont créés, alors que certains actifs existants peuvent être fragilisés, faute de sous-estimation ou de négligence. Il s’agit dès lors d’être en mesure d’identifier ces éléments, de les piloter et de les évaluer. Le big data et l’automatisation de traitement favoriseront l’émergence à la fois de modèles d’évaluation simplifiés et de conseils à forte valeur ajoutée.  

Jo-Michel DAHAN, Sous-directeur des entreprises de services et des professions libérales Ministère de l’Économie et des Finances (DGE), rappelle les enjeux liés à l’émergence d’une société de la connaissance et la nécessité d’utiliser de nouveaux métriques afin d’appréhender les nouveaux usages de la digitalisation et de la mondialisation de l’économie. Il rappelle que la manière de mesurer l’économie influe sur sa gestion et sa régulation. À ce titre, il convient de bien identifier les actifs immatériels des entreprises sans se restreindre au prisme réducteur d’une traduction comptable. Une entreprise qui dispose d’actifs immatériels de qualité bénéficie en effet d’une croissance annuelle supérieure de dix points à celle d’une entreprise moins bien dotée. 

Sur le plan de l’évaluation des entreprises digitalisées, quatre Domaines d’Innovation ont été jugés Prioritaires (DIP) :

  • Développer de nouveaux modèles d’évaluation (DIP 17) ;
  • Identifier et piloter les nouveaux actifs immatériels (DIP 18) ;
  • Décrypter la création de valeur globale de l’entreprise à l’aide du pilotage « intégré » (DIP 19) ;
  • Autoévaluer l’entreprise pour piloter la création de valeur (DIP 20).

La société Nameshield a participé activement à l’élaboration des propositions permettant d’identifier et piloter les nouveaux actifs immatériels (DIP18). À ce titre, il est apparu clairement pour le groupe de travail, l’urgence de développer de nouvelles méthodes d’identification et d’évaluation des actifs immatériels stratégiques issus de la digitalisation. L’importance jouée par les noms de domaine et autres identités numériques y est pleinement reconnue. Il reste à concevoir de nouveaux modèles d’évaluation permettant de mesurer finement cette nouvelle classe d’actif. Grâce au big data et plus précisément à la data qualifiée (smart data), l’immatériel devient plus finement mesurable, contrôlable et objectivable.

En s’inspirant de la norme ISO 10668, portant sur l’évaluation monétaire des marques, Nameshield a développé une méthode scientifique d’évaluation monétaire des noms de domaine par une double analyse ; d’une part, la sémantique propre au nom de domaine, d’autre part sa criticité pour l’entreprise. Corrélée à une base de données de plus d’un million de transactions réalisées sur le second marché, cette nouvelle méthode d’évaluation des noms de domaine permet d’avoir des comparables et sortir ainsi du néant !

Plus d’informations sur : www.finance-innovation.org et www.nameshield.com

La géopolitique des noms de domaine évolue. Elle nécessite votre attention régulière.

1983 : on crée le DNS, Domain Name System. Deux ans plus tard, les premiers ccTLDs, codes pays,  sont créés selon la norme ISO 3166-1 alpha 2. Chacun peut revendiquer son droit sur un code pays s’il a un intérêt légitime. Cette condition floue amène de nombreux pays à être spoliés de leur droit à la territorialité numérique : la France aura du mal, mais réussira, à gérer l’extension des Terres Australes et Antarctiques Françaises.

Dans la France outre-marine, c’est globalement l’échec. Si l’INRIA, laboratoire français, a demandé à gérer le .FR, peu de cas a été fait du reste. Aujourd’hui Guadeloupe, Martinique, Guyane française ont leurs extensions gérées par des entreprises étrangères à l’État. Pour le reste, c’est l’AFNIC, qui s’en charge, selon l’article L45 du code des postes et communications électroniques. Pour Saint Martin, Clipperton et Saint Barthélémy, personne ne s’en charge, malgré la volonté de « Saint Barth’ » que l’AFNIC le fasse. Tout ceci est de notoriété publique.

La géopolitique des noms de domaine évolue. Elle nécessite votre attention régulière.

Dans notre cas, avec une démocratie française, on peut penser que l’intérêt de l’État est supérieur à celui des entreprises privées. On peut donc faire confiance à l’AFNIC pour gérer nos extensions régionales. Mais dans d’autres, la question se pose. On l’a vu récemment lors des manifestations pro-Catalogne et les actions du gouvernement Espagnol contre l’association gérant le .CAT.

Dans le cas d’autres territoires, la question se pose également. En Afrique, où la géopolitique évolue constamment, bon nombre d’utilisateurs préfère enregistrer un .COM, en perdant certes la notion de territorialité numérique, mais en s’assurant de bénéficier d’une résilience, l’entreprise gérant le .COM étant reconnue comme fiable.

La géopolitique des noms de domaine évolue.

Comment savoir si l’on peut se fier à un TLD ? Trois règles à suivre :

  1. Regarder qui gère l’extension : entreprise, association ou État, il est nécessaire de consulter le site de l’IANA, succursale de l’ICANN qui gère l’affectation des extensions ;
  2. Faire une veille sur l’actualité mondiale : au Congo, c’est tendu en ce moment, au Zimbabwe où la situation reste confuse, on peut clairement imaginer des actions coercitives à l’encontre de l’extension .ZW ;
  3. Suivre régulièrement les articles de ce blog : Nameshield vous informe et vous conseille dans le choix de vos extensions.

Gardons à l’esprit qu’Internet suit la règle du monde : tout évolue et rien n’est résilient avec une garantie aveugle de fonctionnement : une centrale nucléaire en France qui s’arrête aura des conséquences sur le réseau, une prise de pouvoir dans un pays aura une incidence sur les noms de domaine. Quant à une guerre, vous imaginez bien que les États se feront un plaisir de censurer les communications tel récemment en Égypte et il y a bien longtemps en France.