Conformité, Fiabilité, Portée

Noms de domaine - Conformité, Fiabilité, Portée

On m’avait dit que dans la vie, il fallait respecter trois éléments par ordre croissant : la santé, la famille, le travail. Pour les noms de domaine, il est possible de respecter un triptyque similaire face aux nombreuses interrogations que l’on se pose quant à sa campagne de communication sur Internet. Ce triptyque, C-F-P, est à garder à l’esprit :

Conformité :

Il est important de se demander si le nom de domaine que vous souhaitez acquérir est en conformité avec les règles d’enregistrement du registre. Car oui, sur Internet, il y a une territorialité. Souvenons-nous de Elsevier qui tenta de saisir SCI-HUB.ORG via un tribunal américain (car .ORG est géré par un registre états-unien). Souvenons-nous également des noms de domaine en .CAT et de l’action du gouvernement ibérique face à la demande d’indépendance de la Catalogne.

Fiabilité :

Dans un monde intangible, les noms de domaine peuvent sembler être dotés de super-pouvoirs et de compétences technologiques identiques. Pourtant, les évènements politiques, climatiques et technologiques nous rappellent que toutes les extensions ne disposent pas de la même stabilité supposée. Avant de communiquer avec une adresse, il convient de se poser la question la plus importante : est-ce que mon adresse est robuste ? Est-ce que :

  • L’extension choisie pour mon nom est gérée par un registre sérieux ?
    • .COM, c’est Verisign, entreprise américaine reconnue et qui gère un des treize serveurs racine ;
    • .DE c’est le DENIC, registre allemand certifié ISO 27001 et ISO 22301 ;
  • Mes noms de domaine sont-ils administrés par un registrar fiable ?
    • Nameshield est un registrar certifié ISO 27001 qui gère de nombreuses extensions,…

Portée :

L’utilisation d’un nom de domaine comportant une extension pays implique une zone de chalandise fixe, exception faite de certaines extensions détournées et devenues génériques. Ainsi, faire le choix de communiquer en .FR vous lie à la France. (L’AFNIC, le registre français du .FR, communique actuellement via l’initiative Réussir en .FR).Un .COM ou un .NET sera plus générique.

 

Nous développerons plus longuement dans un prochain article l’assurance qualité liée à la bonne gestion d’un nom de domaine.

Conséquences désastreuses du non renouvellement d’un nom de domaine

Conséquences désastreuses du non renouvellement d’un nom de domaine
Source de l’image : SEO Link Building

La société américaine de Télécommunication, Sorenson Communication, a oublié de renouveler un nom de domaine seulement quelques jours en juin 2016. La décision est tombée fin septembre 2017, Sorenson Communication doit payer une amende de 3 Millions de dollars. Pourquoi un montant aussi élevé ?

Le nom de domaine qui est retombé dans le domaine public était porteur d’un service critique pour certains usagers ! Il s’agit du « Video Relay System » que les entreprises de télécommunication doivent fournir aux sourds et aux personnes avec des déficiences vocales pour faire des appels vidéo et contacter le numéro d’urgence des Etats-Unis, le 911, en utilisant la langue des signes. Les résidents de l’Utah présentant ces handicaps se sont vus dans l’incapacité d’appeler le 911 pendant 3 jours !

Sorenson Communication s’est en effet rendu compte assez tardivement de son oubli et a fini par renouveler le nom de domaine seulement au bout de 3 jours.

Mais ce genre d’oubli peut être facilement évité, grâce à l’option « renouvellement automatique » pour l’ensemble de votre portefeuille de noms de domaine. Vos noms de domaine critiques, porteurs de services, de site web et/ou de messageries ne seront pas interrompus par un simple oubli de renouvellement.

Sur les 3 millions de dollars d’amende, 252 000$ sont reversés à « The Federal Communication Commission » et 2,7 millions, à la société de « Telecommunications Relay Services Fund », qui a trouvé une solution temporaire pour louer sa bande passante lors de ces 3 jours sensibles.

Donuts rachète Rightside: quelles conséquences sur les programmes DPML ?

Donuts rachète Rightside : quelles conséquences sur les programmes DPML ?

Au lancement des nouvelles extensions internet, l’opérateur DONUTS, le plus gros déposant d’extensions (.services, .legal, .photos, .vin etc) avait lancé un programme de protection spécifique en complément de la TMCH.

La Donuts Protected Mark List (DPML) permet de bloquer l’enregistrement par les tiers d’un nom de domaine similaire à la marque sous toutes les extensions gérées par le registre.

Par exemple, si la marque « iPhone » est inscrite à la TMCH (pré-requis) puis dans la DPML, personne ne pourra enregistrer <iphone.photos> ou <iphone.services>, ainsi que la centaine d’autres extensions Donuts.

D’autres registres ont également créé des programmes de protection à l’instar de la DPML de Donuts, sur des périmètres plus restreints. C’était le cas de Rightside qui gérait les 40 extensions :

.ACTOR

.AIRFORCE

.ARMY

.ATTORNEY

.AUCTION

.BAND

.CONSULTING

.DANCE

.DEGREE

.DEMOCRAT

.DENTIST

.ENGINEER

.FAMILY

.FORSALE

.FUTBOL

.GAMES

.GIVES

.HAUS

.IMMOBILIEN

.KAUFEN

.LAWYER

.LIVE

.MARKET

.MODA

.MORTGAGE

.NAVY

.NEWS

.NINJA

.PUB

.REHAB

.REPUBLICAN

.REVIEWS

.RIP

.ROCKS

.SALE

.SOCIAL

.SOFTWARE

.STUDIO

.VET

.VIDEO

Fin juillet, Donuts a annoncé le rachat de Rightside.

Quels sont les impacts de ce rachat pour les détenteurs de ces deux programmes de protection ?

  • La DPML intègre désormais les extensions de Rightside, sans coût supplémentaire.
  • Il n’est plus possible de souscrire uniquement au programme de Rightside, il faudra se tourner nécessairement vers la DPML de Donuts.
  • Cela ne protège pas les noms précédemment enregistrés par des tiers.
  • Cela exclut les noms de domaine premiums.

Si vous souhaitez enregistrer votre marque dans la TMCH et/ou dans la DPML, n’hésitez pas à contacter votre interlocuteur chez Nameshield.

La tempête Irma et ses conséquences inattendues sur l’industrie des noms de domaine

Irma hurricane - conséquences inattendues sur l’industrie des noms de domaine
Source : NASA Worldview

.TV, c’est la télévision, .FM, la radio FM, .IO les entreprises de la tech’,…

En fait non. En fait oui mais non. Ces codes ne désignent pas des secteurs d’activité mais des territoires selon l’ISO 3166-1 alpha 2 :

  • TV pour Tuvalu, un état polynésien ;
  • FM pour Federated States of Micronesia ;
  • IO pour British Indian Ocean Territory.

Pourquoi un tel mélange des genres ? En fait, noms de domaine et géopolitique font un tout.

Lorsque vous communiquez avec un nom de domaine en .COM, vous faîtes confiance à Verisign, une entreprise américaine. Avec un .FR, c’est l’AFNIC ! Pour le .TV, rien à craindre, cette extension est techniquement déléguée à Verisign. Et pour le .IO, on dira que l’infrastructure est assez résiliente. Pourquoi évoquer cette réalité ?

Tout simplement car la géopolitique étant mouvante, des événements politiques ont fréquemment coupé les extensions de noms de domaine. C’est le cas du .LY qui correspond à la Libye. Des professionnels du Sud-Ouest qui communiquaient en .SO se sont par exemple retrouvés démunis lorsque la Somalie a coupé son infrastructure DNS pendant quelques temps.

Justement, c’est ce qui se passe avec les .AI. AI pour Artificial Intelligence ? Pas du tout, c’est le code pays d’Anguilla, un territoire durement touché par l’ouragan Irma. Ainsi, de nombreuses entreprises utilisant des noms de domaine en .AI ont rencontré des difficultés pour enregistrer, gérer ou renouveler leur nom de domaine.

Mais alors comment faire ? C’est justement ce qui est passionnant dans cette industrie immatérielle : si aucun guide n’est disponible pour suivre en temps réel les mouvements géopolitiques et les conséquences sur les disponibilités DNS des registres, Nameshield vous informe en temps réel.

N’hésitez pas à nous contacter en cas d’interrogation.

.BRAND : 4 épisodes, de quoi tenir tout l’été

. brand : 4 épisodes, de quoi tenir tout l’été
Photo : CC BY-SA 3.0 Nick Youngson – source : http://nyphotographic.com/

Acte 4 : la reconstruction

Alors qu’une myriade de nouvelles extensions étaient ouvertes à l’enregistrement, l’heure était au choix des enregistrements .COM, .CM, .OM, .CO ou .CAM ? .FR ou .FRL ?

La décision de déposer ses marques dans toutes les nouvelles extensions a bien sûr un coût élevé et n’est qui plus est pas nécessairement judicieux.

C’est aussi pourquoi certaines marques ont choisi un .BRAND : son propre TLD, sa propre souveraineté, ses propres règles de gestion ! De nombreuses marques ont opté pour cette configuration et l’on peut aujourd’hui voir fleurir du .BNPPARIBAS, .ALSTOM, .SNCF, .LECLERC, .GOOGLE,…

Cette réflexion vis-à-vis des .BRAND a parfois été mal menée : certaines marques ont aujourd’hui abandonné leurs propres TLD, comme McDonald’s. L’ICANN tient d’ailleurs une liste de ces TLD, accompagnée des lettres très formelles des entreprises demandant à supprimer la zone de confiance, historiquement si coûteuse. Cela me rappelle The Fallen Astronaut. On pourra dire que l’abandon de ces TLDs servira aux autres à se construire. Un bon général utilise la force de l’ennemi comme disait Sun Tzu !

Ces abandons montrent que les entreprises concernées n’ont pas vu aujourd’hui les bénéfices qu’elles pouvaient en tirer au regard des coûts associés à la création et à la gestion d’un .BRAND. D’autres, plus audacieuses, en ont découvert l’intérêt et/ou imaginent découvrir des opportunités de service nouvelles leur permettant d’avoir un contrôle accru sinon total sur leurs infrastructures à venir à forts enjeux, de type Internet des Objets, Industrie 4.0,…

Attendons les premiers objets connectés et le déploiement d’une réelle infrastructure autour d’un .BRAND résilient et nous verrons !

Lire l’acte 1 : Le déni (et la colère)

Lire l’acte 2 : L’expression

Lire l’acte 3 : La dépression