Cyberattaques, des sanctions annoncées par l’Union Européenne

Cyberattaques, des sanctions annoncées par l'Union Européenne
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Après le succès de l’opération collaborative Power Off, rassemblant plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, l’Espagne, le Canada, les USA et les Pays-Bas, épaulée par Europol, ayant conduit au démantèlement de Webstresser.org [l’une des entités responsables de plus de 4 millions d’attaques DDoS dans le monde] en mai 2018, l’Union Européenne a décidé de travailler à la création d’un régime spécifique de sanctions contre les cybercriminels.

Lors du sommet européen du 18 octobre dernier, les dirigeants des 28 états membres se sont prononcés sur des sanctions à l’encontre des pirates informatiques et ce, après la récente tentative de piratage contre l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques (OIAC) à La Haye.

Des accusations contre Moscou

La tentative de piratage en avril 2018 déjouée par les Pays-Bas, visait l’Organisation pour l’Interdiction des Armes Chimiques. Cette dernière aurait été perpétrée par l’agence russe des renseignements militaires ou GRU. Face à cette accusation, Moscou nie cependant toute implication.

Cette cyberattaque contrée s’est jouée au moment même où l’organisation menait une enquête sur l’empoisonnement par une substance neurotoxique au Royaume-Uni d’un ancien agent russe. Malgré le démenti de Moscou, Londres persiste à accuser le GRU d’avoir perpétré cette tentative d’empoisonnement.

Les pays européens se mettent d’accord sur la sanction

Lors d’une conférence de presse, à l’issue du sommet européen, le président du conseil européen, Donald Tusk, a affirmé avoir fait une requête auprès des ministres européens, afin qu’ils élaborent des sanctions spécifiques contre les auteurs de cyberattaques. Cette demande, visant initialement à protéger les entreprises et les internautes, a été validée par les dirigeants des états membres de l’Union Européenne. Selon Donald Tusk, les sanctions constitueront à geler les biens fiscaux des organisations ou des pirates informatiques, et à leur interdire l’accès aux 28 pays membres. Dans l’urgence, 8 états dont le Danemark, les Pays-Bas, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Roumanie, la Finlande et la Grande Bretagne ont imposé à l’Union Européenne de prendre des mesures immédiates pour sanctionner les auteurs de piratages informatiques.

Dans un monde où les cyberattaques pourtant d’envergure semblent souvent rester impunies, les pays membres soulignent l’urgence et l’absolue nécessité d’imposer ces sanctions communes.

 

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Pour la première fois depuis 2010, l’ICANN prévoit de modifier la clé KSK DNSSEC

Pour la première fois depuis 2010, l’ICANN prévoit de modifier la clé KSK DNSSEC
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L’ICANN a confirmé le changement de clé KSK du DNS racine en date du 11 octobre 2018.

Pour bien comprendre, reprenons brièvement les bases. L’Internet fonctionne notamment grâce au système DNS (Domain Name System). Véritable carnet d’adresse du web, le DNS traduit en adresse IP les noms de domaine, permettant ainsi à chacun de se connecter à l’adresse voulue. Le DNS est de fait indispensable au bon fonctionnement d’Internet, pas tant d’un point de vue technique, mais d’un point de vue opérationnel. Il serait en effet aujourd’hui inconcevable de devoir utiliser des adresses IP à la place de noms de domaine pour naviguer sur le web.

Le DNS va permettre à l’internaute de renseigner dans son navigateur web, un nom de domaine pour accéder à un site web. Le navigateur va alors « résoudre » ce nom de domaine pour obtenir l’adresse IP du serveur web qui héberge ce site web et l’afficher. On appelle ça la « résolution DNS ».

Du fait de sa position centrale dans le bon fonctionnement du web, le DNS doit donc être protégé et rester hautement disponible. Si ce protocole a bien été conçu avec un souci de sécurité, le contexte cybercriminel était alors bien différent et plusieurs failles ont depuis été détectées.

C’est pour le renforcer et contrer ces vulnérabilités que le protocole DNSSEC a été développé.

DNSSEC permet de se prémunir de différents types d’attaques, en particulier l’empoisonnement du cache, en assurant l’intégrité de la résolution DNS.

Pour assurer l’intégrité de la résolution DNS, DNSSEC permet d’établir une chaine de confiance qui remonte jusqu’à la racine du DNS. La sécurité des données est effectuée à l’aide d’un mécanisme de clés (KSK pour Key Signing Key & ZSK pour Zone Signing Key) qui signe les enregistrements DNS de sa propre zone. Les clés publiques KSK sont alors envoyées au registre correspondant pour être archivées ; le registre étant lui-même lié via DNSSEC au serveur root, la chaine de confiance s’établit. Chaque zone DNS parente, garantit l’authenticité des clés de ses zones filles en les signant.

C’est aujourd’hui pour renforcer ce protocole de sécurité que l’ICANN a décidé de changer la fameuse clé DNSSEC le 11 octobre prochain.

Le roulement KSK va donc permettre de générer une nouvelle paire de clés cryptographiques publiques et privées et de distribuer le nouveau composant public aux parties qui utilisent les résolveurs de validation.

Pourquoi ce changement (KSK rollover pour les intimes) ?

Il n’est bien sûr pas souhaitable qu’une clé cryptographique demeure identique et ne soit pas modifiée. C’est ce changement qui pourra assurer que l’infrastructure DNS est en mesure de supporter un changement de clé, en cas d’urgence notamment. Depuis qu’elle est entrée en fonctionnalité en 2010, la clé KSK utilisée pour les DNSSEC de la zone racine n’a jamais été modifiée.

L’ICANN a expliqué que « l’évolution permanente des technologies et des installations Internet, le déploiement de dispositifs IoT et l’augmentation de la capacité des réseaux dans le monde entier, conjugués au défaut regrettable de sécurité de ces dispositifs et de ces réseaux, font que les attaquants disposent d’une capacité de plus en plus grande de paralyser les infrastructures Internet ». « Plus précisément, cette force d’attaque risque de dépasser les capacités de la communauté des opérateurs de serveurs root et elle ne sera pas en mesure d’opposer une défense adéquate. »

Aujourd’hui, 25% des utilisateurs mondiaux d’Internet, c’est-à-dire 750 millions de personnes, utilisent des résolveurs validant les réponses avec DNSSEC.

Qui pourra être affecté par ce changement ?

Plusieurs types de structures pourraient être affectés par le roulement de la clé :

  • Les développeurs et distributeurs de logiciels Internet
  • Les intégrateurs de systèmes
  • Les opérateurs de réseau
  • Les opérateurs de serveurs racine
  • Les utilisateurs finaux (si les mesures adéquates ne sont pas prises en amont par les opérateurs de résolveurs).

L’ICANN propose un banc d’essai pour toutes les parties souhaitant s’assurer que leurs systèmes peuvent gérer correctement le processus de mise à jour automatique : go.icann.org/ksktest

 

Pour plus d’informations : https://icann.org/kskroll

TESCO Bank sanctionnée pour avoir failli à protéger ses utilisateurs victimes d’une cyberattaque

TESCO Bank sanctionnée pour avoir failli à protéger ses utilisateurs victimes d’une cyberattaque
Source de l’image : GregMontani via Pixabay

En novembre 2016, Tesco Bank, banque de détail britannique détenue à 100% par le groupe de distribution Tesco, avait essuyé une attaque informatique d’une ampleur alors inédite dans ce secteur. En moins de 48 heures, les pirates avaient réussi à prélever sur des comptes clients près de 2.26 millions de livres.

40 000 comptes avaient été touchés par cette attaque et l’argent avait été subtilisé par les cybercriminels sur 20 000 d’entre eux.

Même s’il s’agissait de montants peu élevés et que ceux-ci avaient été remboursés aux victimes, la question de la solidité et la fiabilité des systèmes informatiques du secteur bancaire avait bien sûr été soulevée.

La décision de justice rendue par le FCA (Financial Conduct Authority), le régulateur financier du Royaume-Uni, est assez éloquente en la matière, jugeant que la banque n’a pas suffisamment protégé ses utilisateurs contre les cyberattaques. Les cybercriminels avaient en effet réussi à exploiter des failles pour mener à bien leur attaque, notamment dans le système de conception des cartes bancaires.

Si Tesco risquait une amende de 33.6 millions de livres, le groupe a finalement écopé d’une sanction de 16.4 millions de livres, soit environ 18.4 millions d’euros.

Le but de cette amende : montrer que le régulateur financier n’a « aucune tolérance pour les banques qui échouent à protéger les clients contre des risques prévisibles »*, souligne Mark Steward, executive director of enforcement and market oversight au FCA.

Le FCA a ainsi exprimé que Tesco Bank avait manqué à ses obligations de vigilance quant à :

  • La fabrication et la distribution des cartes de crédit
  • La configuration d’un système d’authentification spécifique et de détection des fraudes
  • La prise d’actions appropriées pour anticiper les risques d’attaques et de fraudes

Mark Steward ajoute également que dans le cas précis de l’attaque de novembre 2016, la banque n’avait géré une alerte spécifique qu’une fois que l’attaque avait débuté.

Pour la FCA, « la norme doit être désormais celui de la résilience, afin de réduire en amont le risque d’une cyberattaque, pas seulement de réagir à celle-ci »**.

 

*“The fine the FCA imposed on Tesco Bank today [1st October] reflects the fact that the FCA has no tolerance for banks that fail to protect customers from foreseeable risks”.

**“The standard is one of resilience, reducing the risk of a successful cyber attack occurring in the first place, not only reacting to an attack.”

Google veut-il vraiment remplacer l’URL ?

Google veut-il vraiment remplacer l’URL ?
Source de l’image : Simon via Pixabay

Dans une interview accordée à Wired, l’ingénieur en chef de Google Chrome, Adrienne Porter Felt, a déclaré la volonté de faire des URLs une espèce en voie d’extinction.

Aussi les développeurs de Chrome chercheraient-ils des alternatives permettant de remplacer les URLs. Pour le moment, Google avance sur la sécurisation du Web avec sa mesure épinglant désormais systématiquement les sites non HTTPS.

Les URLs (Uniform Resource Locators) sont les adresses web que nous utilisons quotidiennement lors de notre navigation sur Internet. Elles sont ainsi listées dans le répertoire DNS et dirige les moteurs de recherche vers l’adresse IP associée à un serveur web hébergeant le site visé.

Si Google évoque son souhait de remplacer les URLs, c’est qu’un constat sans appel fait jour : les URLs sont devenues de plus en plus difficiles à lire et à comprendre. Par-dessus tout, les URLs offrent un niveau de sécurisation trop faible. Longues et aisément manipulables, ces dernières offriraient bien trop de possibilités aux cybercriminels pour rediriger à leur insu les internautes vers des sites malveillants. Il devient de fait compliqué pour les internautes devant une relative opacité de savoir à qui ils ont affaire.

Adrienne Porter Felt déclare ainsi : “Elles sont [les URLs] difficiles à lire, il est ardu de savoir quelle partie de ces dernières est totalement digne de confiance, et, en général, je ne pense pas que les URLs jouent réellement leur rôle dans la communication de l’identité d’un site. C’est pourquoi nous souhaitons évoluer dans le sens d’une identification plus aisée et compréhensible par tous des sites web. […] Mais cela implique des changements importants sur quand et comment Chrome affiche les URLs. »*

Si l’intention est louable, dans le monde du web où la question de la sécurité et de la confiance devient chaque jour plus importante, aucune solution n’a encore été trouvée.

Le premier essai en la matière, Origin Chip en 2014, s’était soldé par un échec. Cette fonctionnalité alors testée sur Safari permettait que seul le nom de domaine visité soit affiché dans la barre de recherche, un clic sur ce dernier rendait alors l’URL complète visible. Le mauvais accueil réservé à cette fonctionnalité lui a valu assez rapidement son retrait. Cette première expérience et ses constats sont bien sûr mis à profit dans la réflexion actuelle.

Les équipes de Google sont occupées en ce moment même à identifier les différentes utilisations faites des URLs par les internautes afin d’avancer vers une alternative qui assurerait plus de sécurité et d’intégrité quant à l’identité des sites sur le web. La route semble encore longue à parcourir avant que Google ne remplace donc l’URL.

Parallèlement, c’est également fort de ce constat du caractère manipulable et difficile à lire des URLs que des solutions d’identification ont vu le jour. Nameshield propose notamment un authentificateur d’URL permettant aux marques de signaler en temps réel à leurs internautes les URLs frauduleuses, via un système de marquage clair.

 

* »They’re hard to read, it’s hard to know which part of them is supposed to be trusted, and in general I don’t think URLs are working as a good way to convey site identity. So we want to move toward a place where web identity is understandable by everyone […] this will mean big changes in how and when Chrome displays URLs. We want to challenge how URLs should be displayed and question it as we’re figuring out the right way to convey identity. »