Google veut-il vraiment remplacer l’URL ?

Google veut-il vraiment remplacer l’URL ?
Google veut-il vraiment remplacer l’URL ?
Source de l’image : Simon via Pixabay

Dans une interview accordée à Wired, l’ingénieur en chef de Google Chrome, Adrienne Porter Felt, a déclaré la volonté de faire des URLs une espèce en voie d’extinction.

Aussi les développeurs de Chrome chercheraient-ils des alternatives permettant de remplacer les URLs. Pour le moment, Google avance sur la sécurisation du Web avec sa mesure épinglant désormais systématiquement les sites non HTTPS.

Les URLs (Uniform Resource Locators) sont les adresses web que nous utilisons quotidiennement lors de notre navigation sur Internet. Elles sont ainsi listées dans le répertoire DNS et dirige les moteurs de recherche vers l’adresse IP associée à un serveur web hébergeant le site visé.

Si Google évoque son souhait de remplacer les URLs, c’est qu’un constat sans appel fait jour : les URLs sont devenues de plus en plus difficiles à lire et à comprendre. Par-dessus tout, les URLs offrent un niveau de sécurisation trop faible. Longues et aisément manipulables, ces dernières offriraient bien trop de possibilités aux cybercriminels pour rediriger à leur insu les internautes vers des sites malveillants. Il devient de fait compliqué pour les internautes devant une relative opacité de savoir à qui ils ont affaire.

Adrienne Porter Felt déclare ainsi : “Elles sont [les URLs] difficiles à lire, il est ardu de savoir quelle partie de ces dernières est totalement digne de confiance, et, en général, je ne pense pas que les URLs jouent réellement leur rôle dans la communication de l’identité d’un site. C’est pourquoi nous souhaitons évoluer dans le sens d’une identification plus aisée et compréhensible par tous des sites web. […] Mais cela implique des changements importants sur quand et comment Chrome affiche les URLs. »*

Si l’intention est louable, dans le monde du web où la question de la sécurité et de la confiance devient chaque jour plus importante, aucune solution n’a encore été trouvée.

Le premier essai en la matière, Origin Chip en 2014, s’était soldé par un échec. Cette fonctionnalité alors testée sur Safari permettait que seul le nom de domaine visité soit affiché dans la barre de recherche, un clic sur ce dernier rendait alors l’URL complète visible. Le mauvais accueil réservé à cette fonctionnalité lui a valu assez rapidement son retrait. Cette première expérience et ses constats sont bien sûr mis à profit dans la réflexion actuelle.

Les équipes de Google sont occupées en ce moment même à identifier les différentes utilisations faites des URLs par les internautes afin d’avancer vers une alternative qui assurerait plus de sécurité et d’intégrité quant à l’identité des sites sur le web. La route semble encore longue à parcourir avant que Google ne remplace donc l’URL.

Parallèlement, c’est également fort de ce constat du caractère manipulable et difficile à lire des URLs que des solutions d’identification ont vu le jour. Nameshield propose notamment un authentificateur d’URL permettant aux marques de signaler en temps réel à leurs internautes les URLs frauduleuses, via un système de marquage clair.

 

* »They’re hard to read, it’s hard to know which part of them is supposed to be trusted, and in general I don’t think URLs are working as a good way to convey site identity. So we want to move toward a place where web identity is understandable by everyone […] this will mean big changes in how and when Chrome displays URLs. We want to challenge how URLs should be displayed and question it as we’re figuring out the right way to convey identity. »

Lucie Loos

Auteur : Lucie Loos

Directrice Marketing Nameshield Group

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