RGPD et conséquences : DomainTools fait appel dans l’affaire des whois des .NZ

RGPD
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DomainTools poursuivi par le DNCL

En juin 2018, le registre du .NZ DNCL (Domain Name Commission Limited) avait attaqué la société américaine spécialisée dans les outils de surveillance et d’investigation, arguant que celle-ci violait les conditions générales d’utilisation du registre.

Le DNCL avait obtenu gain de cause et le tribunal fédéral de Washington avait accordé une injonction préliminaire interdisant à DomainTools de récupérer les données whois du .NZ et ordonnant la suppression des données utilisées dans des publications existantes, et ce pendant toute la durée du procès.

Depuis juin 2016, le registre du .NZ indiquait en effet dans ses conditions générales qu’il était désormais interdit de copier les données titulaires des noms de domaine.

DomainTools fait appel de l’injonction

Sans surprise, DomainTools, qui dans un premier temps avait indiqué que l’emploi de ces données était également d’intérêt général, ces dernières étant utilisées par ses clients dans le cadre de la lutte pour la cybersécurité, a fait appel de l’injonction provisoire.

Bien sûr, ce procès reflète les termes du débat qu’il avait eu lieu à l’ICANN quant au Règlement général sur la protection des données (RGPD).

DomainTools est d’ailleurs cité dans le brouillon d’un projet de loi américain révélé par l’Internet Governance Project, qui indique à ce titre que cette tentative serait menée par différents lobbys. Le Transparent, Open and Secure Internet Act of 2018, daté du 16 août 2018, mentionne deux possibilités d’évolutions :

  • La première, dite « large », propose le maintien d’un whois avec un spectre assez large d’informations (peu ou prou la même chose que nos whois ancienne mode)
  • la seconde, plus limitée, maintiendrait cette obligation de publication des données aux résidents américains ou aux acteurs visant une activité commerciale sur le marché américain.

Un débat vif autour du RGPD

Ce procès nous rappelle à quel point les débats relatifs à la mise en application du RGPD sont vifs au sein de l’ICANN, opposant les acteurs utilisant les données devenues si précieuses et les défenseurs de la vie privée, soutenus par le G29 (groupe des CNIL européennes) qui citent notamment les sanctions encourues.

Rappelons enfin que le GAC tente de minimiser les conséquences du règlement européen. Après avoir été débouté par la justice allemande de leur attaque de mai 2018 visant un registrar ayant cessé de délivrer les données clients au titre du RGPD, le GAC vise à obtenir de la Cour de justice de l’UE un avis favorable en la matière.

Les débats autour du procès DomainTools mériteront d’être suivis de près !

La révocation de la clé de sécurité DNS KSK-2010 par l’ICANN, c’est cette semaine !

La révocation de la clé de sécurité DNS KSK-2010 par l’Icann, c’est cette semaine !
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Après le tout premier changement de clé cryptographique d’octobre dernier, c’est maintenant que, le 11 janvier, l’ancienne clé KSK (Key Signing Key) de la zone racine sera désactivée.

Le processus enclenché en octobre 2018 pour améliorer la sécurité de la zone racine, avec le déploiement de la Key Signing Key-2017, trouve donc son aboutissement avec la révocation de la racine de l’ancienne clé KSK-2010.

Comme l’indique Paul Hoffman, responsable de la technologie ICANN, « L’Icann pense que la révocation ne provoquera aucun problème. Cependant, c’est la première fois que l’on révoque le KSK de la zone racine du système de noms de domaine (DNS). L’Icann et la communauté technique du DNS suivront donc de près tout ce qui se passera pendant les 48 heures au moins après la publication de la clé KSK-2010 révoquée ».

A noter, lors du roulement d’octobre, les impacts négatifs avaient été extrêmement limités et il semblerait que seuls deux fournisseurs de services Internet aient été victimes de coupures lors de l’opération.

L’Icann encourage bien sûr les vendeurs de solutions à ne plus utiliser la KSK-2010 dans leurs produits. L’Icann devrait ensuite publier un livre blanc traitant du processus de roulement (rollover) dans son intégralité, y compris les leçons apprises de cette opération. Les communautés Icann pourront ensuite ouvrir les discussions relatives aux prochains roulements qui pourraient avoir lieu.

Fermeture d’Incels.me, le site des « célibataires involontaires »

Fermeture de Incels.me, le site des « célibataires involontaires »
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A la suite des violations de la politique d’abus, le registre du .me a décidé de suspendre, pour une durée indéterminée, le site Incels.me. Pour rappel, le site est doté d’un forum qui regroupe des membres se disant célibataires malgré eux ou encore « incels » et échangeant par ce biais quant à leur quotidien.

Des propos inquiétants, source de la suspension

Ce n’est pas sans surprise que les administrateurs du site Incels.me ont vu leur forum rendu inaccessible. Les enquêtes menées par le registre ont permis de déceler des propos haineux, des menaces de viol et même de meurtre dans les commentaires échangés entre les participants. La décision de fermer le site a été promptement prise le 15 octobre 2018, les propos tenus s’apparentant à une violation de la politique d’abus. Selon le registre, cette mesure a été prise afin de contraindre les administrateurs d’Incels.me à ôter les contenus inappropriés et à faire en sorte que les propos haineux ne puissent plus réapparaitre sur le forum à l’avenir.

Le site Incels.me relié à des attentats ?

Au mois d’avril dernier, la ville de Toronto a été la scène d’un attentat sanglant, où un homme a assassiné 10 personnes, à la voiture bélier. Avant de passer à l’acte, l’homme en question a posté un message sur les réseaux sociaux, où il se déclarait « Incel ». Ce n’est qu’après enquête que les forces de police ont découvert que le meurtrier s’était inspiré de certains contenus violents que présentait le forum d’Incels.me. Le rapprochement entre l’individu et les incitations à la haine, mais aussi au viol, échangées dans le forum, a rapidement été fait.

Incels.me financé par un géant chinois aux activités douteuses

Les enquêtes lancées sur le site ont permis de remonter jusqu’à son principal financeur. Grâce à ces investigations, on sait aujourd’hui que le site Incels.me est appuyé financièrement par une grande entité chinoise détenant en parallèle plus de 54 000 autres noms de domaine. Les enquêteurs ont été interpellés par le potentiel à caractère illicite des activités de  cette entreprise, ZhuHai NaiSiNike Information Technology Co. En effet, sur ces milliers de noms de domaine enregistrés, la majeure partie est impliquée dans l’hébergement de sites de vente illégale de médicaments.

Malgré les demandes de suppression des propos abusifs tenus sur le forum d’incels.me, l’entreprise chinoise n’a pas donné suite. Le site restera ainsi suspendu jusqu’au retrait des contenus litigieux.     

DNS Belgium mettra désormais hors service les sites web frauduleux sous 24 heures

DNS Belgium mettra désormais hors service les sites web frauduleux sous 24 heures
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Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité sur le web, DNS Belgium, registre du .BE, a décidé d’intensifier son action en collaborant avec le SPF Economie [Le SPF Économie, PME, Classes moyennes et Énergie est le service public fédéral belge qui a pour mission de créer les conditions d’un fonctionnement compétitif, durable et équilibré du marché des biens et services en Belgique] pour fermer les sites frauduleux en moins de 24h.

Philip Du Bois, manager général de DNS Belgium indique ainsi : « Le présent protocole nous permettra d’agir ensemble avec le SPF Economie de manière encore plus ciblée contre les abus possibles impliquant des noms de domaine .be. Le protocole souligne notre ambition d’une zone .be sûre et de qualité qui crée un climat favorable pour le développement ultérieur de l’internet. »

Le but : garantir aux consommateurs une navigation en toute sécurité sur les sites Internet en .BE.

Cette procédure assurera une bien plus grande réactivité. En effet, jusqu’à présent SPF Economie ne pouvait demander au registre un blocage relatif au contenu, aussi les sites frauduleux mais dont les données d’identification étaient correctes (à tout le moins dont le caractère faux ne pouvait être prouvé) demeuraient intouchables. Le blocage nécessitait une requête auprès du Parquet, soit une procédure d’au moins deux semaines, laissant largement le temps au site frauduleux de créer des dommages importants auprès des consommateurs. Plusieurs centaines de sites par an sont concernés !

Dès le 1er décembre 2018, le protocole permettra donc au registre DNS Belgium, à la demande du SPF Economie, de bloquer les noms en .BE qui :

  • Sont utilisés pour des sites web frauduleux
  • Abritent des sites phishing

Bien sûr, cette procédure sera appliquée pour les délits reconnus comme sérieux. Le propriétaire du nom bloqué disposera d’une période de deux semaines pour réagir au blocage. Sans action de sa part sous 6 mois, le nom bloqué expirera.

Cette initiative, encore trop rare, est à saluer dans un contexte de lutte acharnée contre la cybercriminalité !

[INFOGRAPHIE] Sécurisez votre infrastructure DNS

Les noms de domaine stratégiques d’une entreprise et les services Internet qui y sont associés dépendent du DNS et exigent une haute disponibilité ainsi qu’un niveau élevé de sécurité. Une interruption de services aurait de lourdes conséquences pour les entreprises victimes.

Pourtant, le DNS est bien souvent l’infrastructure la moins sécurisée d’une entreprise et est exposé à de nombreuses attaques potentielles.

Quelles sont les principales cyberattaques visant le DNS ? Quelles en sont les conséquences ? Comment sécuriser votre infrastructure DNS pour vous en prémunir ?

Les réponses dans cette infographie :

[Infographie] Sécurisez votre infrastructure DNS

Retrouvez également sur le blog les articles : DNS – le grand oublié de l’Internet et  les 3 attaques DNS les plus communes et comment les combattre.