Cyberattaque mondiale par ransomware : l’achat d’un nom de domaine a sauvé nos vies numériques !

Cyberattaque

 

Angleterre, 2017. La cinquième puissance mondiale arrête ses 4 sous-marins atomiques. Panne générale ? Préparation à une attaque quelconque ? Non, l’absence de mise à jour Windows a rendu les systèmes vulnérables.

Bienvenue en 2017 où l’on découvre que la cybersécurité est l’affaire de tous et que peu s’y intéressent. La France découvre à la fois, l’importance des mises à jour Windows, et les initiales de l’ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d’Information). L’attaque mondiale qui a touché bon nombre d’institutions résulterait, et le conditionnel est primordial, en une absence de mise à jour de certaines versions du système d’exploitation Windows.

Non, les utilisateurs n’ont pas fait preuve d’irresponsabilité en ne mettant pas à jour leur système Windows : il apparaît que c’est Microsoft qui n’en a pas proposé pour ses « vieux » systèmes d’exploitation. En effet, l’obsolescence programmée est aisée pour un système numérique : dans un monde en mouvement, si vous ne procédez pas aux mises à jour et montées de version, vous devenez vite défaillant et vulnérable. C’est justement ce que Microsoft a fait en stoppant les développements de ses anciens systèmes d’exploitation. En attendant, de nombreuses applications continuent de tourner sur d’illustres systèmes d’exploitation.

Bien sûr, Microsoft a réagi en proposant un patch mais la question de l’obligation de mises à jour pour les systèmes informatiques se pose : comment peut-on stopper l’usage d’un système d’exploitation jugé vulnérable, alors que des clients l’utilisent toujours ? Les spécialistes auront sans doute à débattre prochainement de cette question…

Dans notre histoire, le « ransomware » apparaît avoir été endigué par l’achat d’un nom de domaine comme l’explique Le Monde et The Guardian. Cette affaire montre, une fois de plus, le caractère stratégique des noms de domaine dans notre monde de plus en plus connecté.

 

Un nom de domaine, on doit y penser !

Oakland, Californie. 390.000 habitants, huitième ville de l’État et un nom de domaine non renouvelé (http://www.eastbaytimes.com/2017/04/13/oakland-city-website-down-domain-name-not-renewed/).

 

Oakland, California Logo

 

Pour un journaliste, il y a des marronniers bien connus : le baccalauréat, l’arrivée du froid, l’arrivée du printemps, les risques de déshydratation en plein été,…

Chez les registrars, il y en a plusieurs : quel nom de domaine utiliser ? Quel périmètre défensif adopter et surtout, comment gérer un nom de domaine ?

 

Historiquement, il fallait être sur Internet. Avoir un site web et donc un nom de domaine. C’était majoritairement une personne, « A », qui s’en occupait, avec son adresse professionnelle. Mais lorsque la personne « A » quitte l’entreprise, « B » la remplace. Sans penser à transférer les courriels en question. Première erreur.

Deuxième erreur : l’absence de réflexion quant à la gestion des noms de domaine. Qui doit gérer cet outil numérique devenu actif immatériel ? Le marketing ? La communication ? Le juridique ? L’informatique ? Peu importe. Même si aujourd’hui le service en charge de la propriété intellectuelle est souvent le mieux à même de gérer un portefeuille de noms de domaine et d’influer sur les stratégies de dépôts, il n’y a pas de règles en la matière. La seule chose que nous pouvons vous conseiller, que nous devons vous conseiller, c’est d’adopter une stratégie quant à l’enregistrement et la gestion de noms de domaine. Par exemple, quel service lit ce genre de « news » ?

Du service innovation « on a une idée de marque, on enregistre le nom de domaine », au service comptabilité « on renouvelle les noms de domaine », au service juridique « on a une stratégie réelle quant à la gestion des noms de domaine »,  au service informatique « vers quelle adresse IP dois-je configurer le nom ? » : tous les acteurs doivent être impliqués et savoir qu’il existe une procédure quelque part, et qu’elle doit être appliquée.

 

Finissons sur deux exemples :

Lorsque ZEBANK a été présenté à Bernard Arnault, ce dernier a demandé « avez-vous enregistré le nom ? ». Ce qui n’a pas été le cas.

Malheureusement ce nom de domaine en question avait déjà été enregistré une semaine plus tôt. Il a fallu 30 000 USD pour le racheter.

 

Quand Vivendi, avec J6M, a lancé son portail VIZZAVI, la surveillance des marques et noms de domaine existants n’avait pas été réalisée : l’entreprise dépensera 24 millions de francs pour réaliser un accord de coexistence avec la marque Vis-à-vis, cybercafé parisien, tenu entre autres par le porte-parole des sans-papiers (http://www.leparisien.fr/economie/vivendi-verse-24-millions-pour-proteger-vizzavi-22-07-2000-2001520430.php ).

La transition HTTPS enclenchée

Depuis les récentes annonces de Google sur la nécessité de passer votre site en HTTPS sous peine de déréférencement du web, il est temps pour les DSI d’enclencher la transition. Mais cela n’est pas sans impact sur le référencement, et se prépare en amont.

Les raisons du passage en HTTPS sont assez simples : plus de sécurité pour les internautes, plus de confiance, plus de référencement (si un malware est détecté par Google, le SEO peut être impacté), un meilleur taux de rebond, donc plus de chiffre d’affaires. Et puis de manière pragmatique, si Google le dit…avons-nous vraiment le choix ?

Nous avons trouvé les 10 étapes pour passer en HTTPS sans impacter le SEO, et Dimitri Fontaine, directeur IT de Leboncoin confirme d’ailleurs que leur transition s’était déroulée sans encombre.

  • Acheter et installer un certificat sur le serveur
  • Activer HTTPS sur le serveur
  • Choisir la bonne liste de ciphers
  • Mettre à jour les contenus HTTP en HTTPS (liens internes, images, scripts, pubs, etc)
  • Activer le nouveau site HTTPS sur Search Console
  • Envoyer le nouveau sitemap HTTPS
  • Mettre en place les redirections d’URL HTTP vers les URL HTTPS
  • Tester
  • Configurer Google Analytics en HTTPS afin que les nouvelles visites soient prises en compte sans perdre l’historique
  • Suivre la migration sur Search Console afin de détecter d’éventuelles erreurs

 

Site leboncoin.fr
Site leboncoin.fr

 

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le trafic SEO du site leboncoin.fr est très faible car la plupart de la navigation se fait en trafic direct. Ainsi, le passage en HTTPS de ce site français de petites annonces a été moins stressant que pour d’autres.

Dimitri Fontaine reconnait que l’opération est moins risquée lorsqu’il n’existe pas une forte dépendance au SEO car le changement de protocole entraînera une perte de trafic SEO, même temporaire. En termes de coûts, ils ont été limités car ce site franco-français n’utilise pas de CDN (qui peut engendrer des facturations supplémentaires de la part du fournisseur liées à l’utilisation du HTTPS). Cela implique bien entendu des coûts humains, relatifs au temps passé par les équipes à vérifier le code dans chaque page. La direction de Leboncoin a décidé la migration HTTPS car le rapport coûts/bénéfices est intéressant. Google a annoncé un meilleur référencement, cependant, à ce jour, aucune conséquence sur le SEO n’a pu être mesurée.

La meilleure raison pour passer en HTTPS reste avant tout la sécurité apportée aux utilisateurs du site, apportant une marque de confiance.

Pour plus d’informations sur l’utilisation du HTTPS, retrouvez l’article de Christophe Gérard sur le blog : https://blog.nameshield.com/fr/2017/03/29/vers-un-web-100-crypte-les-nouveaux-challenges-du-https/

D’un « bon nom » découle-t-il un « bon produit » ?

Le lancement d’un nouveau produit est excitant, mais également coûteux. En plus de l’indispensable R&D, de l’étude de marché et des initiatives marketing, tous les produits exigent un nom qui est (idéalement) distinctif et disponible. Trouver le bon nom est une affaire coûteuse qui implique plusieurs étapes : création du nom et du logo, recherche de marques antérieures déposées, validation et stratégie de marque, dépôt et protection de marque etc. Suivant le lieu où vous souhaitez lancer votre produit et par conséquent protéger votre nom de produit, cela va définir les coûts qui s’élèveront probablement entre 5 000€ et 50 000€ voire davantage.

L’échec d’un produit peut être une erreur fatale pour une entreprise. En plus du temps perdu, il peut hanter les entreprises pour les années à venir et avoir des conséquences économiques importantes. L’ouverture du « Museum of Failure » dont le nom est révélateur, en est un exemple parlant. En effet, ce musée suédois ouvrira ses portes en juin pour présenter les échecs liés aux lancements ratés de marques par des entreprises parfois très notoires, et espérons, aider les entreprises à apprendre comment accéder au succès.

Le musée (museumoffailure.se) a pour accroche « Learning is the only way to turn failure into success » (Apprendre est la seule manière de transformer l’échec en succès).

Selon le fondateur Samuel West, même de grandes entreprises compétentes subissent des échecs. Il est important de créer une culture qui accepte et apprend de ses échecs.

Voici quelques exemples exposés qui ont échoué pour diverses raisons, du mauvais design aux produits tout simplement mauvais ou inutiles.

 

Exemples de produits "ratés"

 

Un exemple amusant qui y est présenté, est un jeu de société appelé « Trump, The Game ». Ce jeu est similaire au jeu Monopoly, mais avec des billets Trump dollars, des propriétés Trump et des pièces du jeu en forme de T.

« Trump, The Game » a été lancé en 1989, mais seulement 800 000 pièces ont été vendues à la place des 2 millions prévues. Ce jeu est de nouveau sorti en 2004 mais n’a toujours pas atteint ses objectifs. Le nom déposé à l’époque n’est plus en vigueur, mais bizarrement une nouvelle demande a été déposée aux Etats Unis fin 2016.

 

Trump, The Game

Nouvelles extensions : les premiers signes d’une (R)évolution ?

Les stratégies de dépôt de noms de domaine suivent des logiques parfois ardues à comprendre. Cependant, la logique « moutonnière » est celle que l’on peut aisément observer. Lorsqu’Alphabet (Google) a utilisé pour la première fois son nom de domaine ABC.XYZ, une hausse sensible d’enregistrement avec cette extension a pu être observée. Plus qu’un simple enregistrement, ABC.XYZ a créé chez le public, qu’il soit averti ou non, une interrogation sur l’extension utilisée : « tiens, ils ne sont pas en .COM ? ».

 New gTLD - abc.xyz Alphabet Google

 

Le programme des new gTLDs par l’ICANN a engendré de nombreuses réflexions quant aux politiques de nommage sur Internet. Jusqu’alors, ces extensions étaient peu connues du grand public, malgré un intérêt réel des marques pour communiquer sur le sujet : BNP Paribas, Leclerc et même AXA sont des exemples français qui ont opté pour une extension dédiée.

La création des new gTLDs permet l’enregistrement de noms de domaine en cherchant à donner une signification sur l’activité associée, qu’elle soit géographique ou sectorielle. Ainsi, nous pouvons retrouver un peu d’identification à travers l’adage « je lis le nom de domaine et je sais ce qu’il y a derrière ».

Malgré cette opportunité, peu d’entreprises de grande envergure ont opté aujourd’hui pour l’usage d’une nouvelle extension. Et aucune, à ma connaissance, ne supprime son ancienne adresse pour basculer sur la nouvelle. Ce qui peut d’ailleurs paraître logique en soi. Mais les choses qui paraissaient immuables, sont en train de changer.

DXC, entreprise américaine présente au NYSE (https://www.nyse.com/quote/XNYS:DXC) a migré son nom de domaine court, trois caractères, dxc.com vers dxc.technology. Ce sont nos confrères de DNW qui ont annoncé la nouvelle (http://domainnamewire.com/2017/04/12/20-billion-company-uses-new-tld-website/). Cependant, le service d’adresses électroniques n’a, pour sa part, pas encore migré vers la nouvelle extension.

 

New gTLD - dxc.technology
Exemple de dxc.technology

 

Cette information peut paraître de faible importance. Mais ayons en réflexion, l’impact qu’elle va avoir sur les politiques d’utilisation des nouvelles extensions. En clair, cela commence par le fait qu’elles paraissent suffisamment importantes et sûres pour qu’une entreprise y migre. Attendons la suite ! Ce n’est peut-être que le début d’une tendance de fond sur les stratégies de communication et de nommage sur Internet.

La progression des révolutions technologiques est souvent plus lente que celle initialement prévue, mais leur impact est souvent plus important aussi… Affaire à suivre.