Dans l’article du 18 février dernier, nous avions abordé les conséquences du Brexit sur les noms de domaine en .EU et la publication du plan d’actions de l’EURid, le registre des .EU, suivant deux scénarios envisagés, en l’absence d’accord ou en cas d’accord de transition entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne.
En résumé, à la
suite du Brexit, les entreprises et les particuliers détenteurs d’un .EU ne
pourront plus renouveler ou enregistrer de noms en .EU s’ils ne sont pas
établis dans l’Union Européenne.
En l’absence
d’accord, les titulaires des noms en .EU, auront 2 mois à compter du 30 mars
2019, pour démontrer leur éligibilité ou transférer leur nom à un titulaire
éligible (dont l’adresse n’est pas en Grande-Bretagne ou à Gibraltar). Les
titulaires qui n’auront pas démontré leur éligibilité seront considérés comme
non éligibles et leurs noms de domaine seront alors supprimés.
En cas d’accord de
transition, ce plan d’actions sera appliqué à partir du 1er janvier
2021.
Avec l’issue incertaine du Brexit, le 22 mars dernier, l’EURid a
annoncé que ce plan d’actions serait mis en suspens dans l’attente d’une
communication officielle de la Commission Européenne.
Souvenez-vous, en juin 2014, le registre du .CO.UK, Nominet, avait lancé l’ouverture des enregistrements en .UK. Lors de la sortie de l’extension, le registre avait appliqué une restriction de 5 années durant lesquelles les droits de dépôts d’un .UK étaient réservés aux titulaires des noms correspondants en .co.uk, .org.uk, .me.uk, .net.uk, .ltd.uk ou .plc.uk.
Le 1er Juillet 2019 marquera donc la fin de la période où les .UK étaient bloqués à l’enregistrement, si le .co.uk n’était pas déjà enregistré. Les noms seront donc ouverts à tous !
Si vous êtes d’ores et déjà titulaires d’un nom de domaine en .CO.UK, n’hésitez pas à contacter votre consultant Nameshield pour réserver, avant la fin de la période de priorité, votre équivalent en .UK et éviter ainsi que des tiers ne puissent le faire à l’ouverture générale.
Après les lancements du .APP et
du .PAGE, Google a lancé sa nouvelle extension .DEV, dédiée aux développeurs et à la technologie, le 16 janvier
dernier suivant le calendrier ci-dessous :
Phase Sunrise : du 16/01/2019 au 19/02/2019
EAP (Early Access Program) : du 19/02/2019 au
28/02/2019
Ouverture totale : à partir du 28/02/2019
Depuis le 28 février 2019, le .DEV est en ouverture totale et compte déjà plus de 64 000 enregistrements de noms de domaine, selon Domain Name Wire.
Pour promouvoir cette nouvelle extension et à l’occasion du Google I/O 2019, son événement annuel à destination des développeurs (qui se tiendra du 7 au 9 mai 2019 au Shoreline Amphitheatre, à Mountain View), Google propose l’enregistrement gratuit d’un nom de domaine en .DEV pour une durée d’1 an pour tout billet réservé. Mais les enregistrements résultant de cette campagne promotionnelle ne représentent qu’une petite part des 64 000 noms de domaine en .DEV enregistrés.
Au cours des derniers
mois, Google a lui-même lancé ou relancé plusieurs de ses propres sites en .DEV : web.dev, opensource.dev,
flutter.dev…
D’autres entreprises
ont également opté pour l’enregistrement de leurs noms de domaine en .DEV
telles que Mozilla avec mdn.dev, Salesforce avec crm.dev ou encore Level Access
avec accessibility.dev.
Le HTTPS obligatoire pour tous les noms de domaine en .DEV
Comme évoqué dans un précédent article par Christophe GERARD, Security Product Manager de Nameshield group, pour rappel, Google, dans sa volonté d’un Internet toujours plus sécurisé, rend le chiffrage HTTPS obligatoire pour tous ses nouveaux TLDs : .APP, .PAGE, .HOW, .DEV … (Retrouvez les détails dans cet article).
Ainsi l’extension .DEV est donc incluse dans la liste de
pré-chargement HSTS, imposant le protocole HTTPS pour tous les noms de domaine en .DEV.
Par conséquent, pour
pouvoir utiliser un nom de domaine en .DEV,
il vous faudra acquérir un certificat SSL et déployer HTTPS.
Des outils aux plateformes, des langages de programmation aux blogs, cette extension vous permettra de mettre en avant vos projets. N’hésitez pas à contacter un consultant Nameshield pour toutes questions concernant les conditions d’enregistrement de votre .DEV.
Les médias ont très largement relayé le
weekend dernier les méfaits d’une attaque à priori sans précédent et visant les
noms de domaine.
C’est en effet dans la nuit du 22 au 23 février que, l’ICANN a déclaré des attaques d’une grande envergure visant les noms de domaine : il s’agit de DNS hijacking. Ces attaques consistent « à remplacer les adresses des serveurs » autorisés « par des adresses de machines contrôlées par les attaquants », a expliqué l’organisme, permettant aux pirates d’interroger les données pour découvrir mots de passe, adresses mail etc., voire de capter complètement le trafic vers leurs serveurs.
Une vague d’attaques qui a débuté en novembre 2018
En réalité, il ne s’agit pas
d’une attaque, mais d’une vague d’attaques que le système des noms de domaine
subit depuis maintenant plusieurs semaines.
Dès la fin du mois de novembre
2018, une attaque visait le Liban et les Émirats Arabes Unis et avait affecté
les noms de domaine en .GOV. Dans cette première attaque, les cybercriminels
avaient procédé à du DNS hijacking.
Début janvier 2019, la société FireEye faisait état dans un article d’une vague de DNS hijacking affectant les noms de domaine appartenant au gouvernement et aux secteurs des télécommunications et d’Internet au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, Europe et Amérique du Nord.
Si les pirates n’avaient pas été
alors identifiés, les premières recherches laissaient à penser que ces derniers
pourraient opérer depuis l’Iran.
Fait important quant à l’attaque
du 22 février : elle frappait cette fois-ci, parfois avec succès, des
acteurs importants de l’Internet.
En quoi ces attaques consistent-elles ?
La méthode employée est celle du DNS hijacking, déployé à grande
échelle. Il s’agit d’une attaque malicieuse, également appelée redirection DNS.
Son but : écraser les paramètres TCP/IP d’un ordinateur afin de le diriger
vers un serveur DNS pirate en lieu et place du serveur DNS officiel paramétré. Pour
ce faire, le pirate prend le contrôle via différentes techniques de la machine
cible pour altérer les configurations DNS.
Le gouvernement américain, entre
autres, a récemment tiré la sonnette d’alarme face à ces séries d’attaques très
sophistiquées dont le but serait de siphonner un important volume de mots de
passe. Ces attaques cibleraient plus spécifiquement les gouvernements et les
sociétés privées.
Entre DNS hijacking et cyberespionnage
Selon l’article de Talos de novembre 2018, les pirates derrière ces attaques auraient ainsi récupéré des emails et des informations de connexions (identifiants – mots de passe) en hijackant le DNS, faisant en sorte que le trafic des emails des institutions ciblées et le VPN (Virtual Private Networking) soient redirigés vers un serveur contrôlé par les cybercriminels.
Une fois les connecteurs
récupérés, d’autres attaques peuvent être lancées, telles que le
Man-In-The-Middle, à des fins d’espionnage.
Alors comment se protéger efficacement ?
Il faut être conscient que si ces
attaques visent prioritairement le système d’avitaillement des noms de domaine,
nous ne le dirons jamais assez, la
première porte d’entrée d’un pirate à votre portefeuille de noms de domaine est
vos accès plateforme de gestion.
La première et absolue recommandation est de protéger ses accès
Nameshield a mis en place, depuis de nombreuses années, des dispositifs de sécurisation de l’accès
au portail de gestion des noms de domaine (filtrage IP, ACL, HTTPS) et propose en sus l’authentification 2 facteurs et le SSO.
Si ces solutions complémentaires ne sont pas encore en place, Nameshield recommande
vivement de mettre en place ces solutions, tout
particulièrement la double factor
authentification, pour lutter contre les vols de mots de passe.
Mettre en place le protocole DNSSEC
La mise en place du protocole DNSSEC, s’il était bien plus largement déployé, aurait pu empêcher ou à tout le moins amoindrir l’impact de ces attaques, en limitant leurs conséquences.
Il devient plus
qu’urgent que DNSSEC soit désormais massivement adopté, tant au niveau des
résolveurs que des serveurs faisant autorité.
Protéger ses noms de domaine stratégiques
La mise en place d’un registry lock sur vos noms stratégiques empêchera les modifications frauduleuses de ces derniers.
Si aucune solution parfaite
n’existe aujourd’hui pour protéger à 100% les infrastructures des
cyberattaques, c’est l’application de
plusieurs mesures préventives combinées qui permettra de diminuer les
vulnérabilités exploitées (si) facilement par les pirates.
Dans un précédent article, nous avions évoqué les conséquences du Brexit sur les noms de domaine en .EU, la Commission Européenne ayant annoncé le 28 mars 2018 que les entreprises et les particuliers détenteurs d’un .EU ne pourront plus renouveler ou enregistrer de noms en .EU s’ils ne sont pas établis dans l’Union Européenne.
La date du Brexit approchant, l’EURid, le registre du .eu, a publié récemment son plan d’actions suivant deux scénarios envisagés, en l’absence d’accord ou en cas d’accord de transition entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne. A noter, dans le deuxième cas, il s’agira des mêmes actions mais celles-ci seront appliquées à des dates différentes (à partir de décembre 2020).
Scénario 1 : Le Royaume-Uni sort de l’Union
Européenne sans accord le 30 mars 2019
Nouveaux enregistrements
A partir du 30/03/2019 : L’EURid n’acceptera aucun enregistrement d’un nouveau nom de domaine en .EU d’un déposant ayant déclaré une adresse en Grande-Bretagne (code pays GB) ou à Gibraltar (code pays GI).
Les noms de domaine en .EU dont le titulaire a
un code pays GB ou GI dans le whois, au moment de la sortie du Royaume-Uni
Le 23/03/2019 : Envoi d’un e-mail de l’EURid aux titulaires ayant déclaré une adresse en Grande-Bretagne ou à Gibraltar ainsi qu’à leur registrar pour les informer de la non-conformité des données associées à leur nom de domaine dans le cadre de la règlementation des .EU.
Le 30/03/2019 : Envoi d’un second e-mail aux titulaires et à leur registrar pour les notifier de la non-conformité des données associées à leur nom de domaine.
Avant le
30/05/2019 : Les titulaires auront alors la possibilité de mettre à
jour leurs données de contact pour démontrer qu’ils sont bien en conformité
avec les exigences d’éligibilité définies par le règlement de l’U.E. relatif au
nom de domaine en .EU.
Au cours de cette période de 2 mois, les noms de domaine en question resteront actifs et les actions suivantes seront possibles :
– Modifications des données de contact, y compris les mises à jour des détails de contact existant concernant le numéro de téléphone, l’adresse e-mail, l’adresse postale et le code pays ;
– Modifications du serveur de nom et DNSSEC ;
– Mettre à jour un contact ou lier un nouveau contact ;
– Transfert du nom de domaine vers un titulaire éligible (non GB/GI).
Cependant pendant cette période, il ne sera plus possible de :
– Transférer les noms de domaine à des entreprises ou des particuliers établis en Grande-Bretagne ou à Gibraltar ;
– Prolonger la durée du contrat, à moins qu’il soit accompagné d’une demande de transfert à une personne éligible ;
– Renouveler automatiquement les noms de domaine expirant entre le 30/03/2019 et le 30/05/2019.
A partir
du 30/05/2019 : Tous les titulaires qui n’auront pas démontré leur
éligibilité seront considérés comme non éligibles et leurs noms de domaine
seront supprimés.
Le
30/03/2020, soit douze mois après la date officielle du Brexit : Tous
les noms de domaine concernés deviendront disponibles à l’enregistrement.
Pour les noms de domaine en .EU qui ont le statut « ON HOLD » au moment de la sortie du Royaume-Uni : Ils resteront enregistrés jusqu’à l’issue de la procédure judiciaire mais seront suspendus et cesseront de fonctionner à compter du 30/05/2019.
– Si une décision de justice ordonne un transfert vers une partie éligible : la décision sera exécutée de la manière habituelle.
– Si le nom de domaine reste chez le titulaire résidant en Grande-Bretagne ou à Gibraltar, le nom de domaine sera supprimé.
Les noms
de domaine en .EU qui ont le statut « SUSPENDED » au moment de la
sortie du Royaume-Uni : Evaluation au cas par cas par le registre
entraînant éventuellement la suppression du nom.
Les noms de domaine en .EU qui ont le statut « QUARANTINE » au moment de la sortie du Royaume-Uni :
– Aucun transfert possible vers un titulaire dont le code pays est GB ou GI durant cette période de 2 mois.
– Transfert possible vers un titulaire dont le code pays n’est pas GB ou GI.
SCENARIO 2 : Le Royaume-Uni sort de l’Union
Européenne avec une période transitoire prévue jusqu’au 31 décembre 2020
Il s’agira des mêmes actions mais
elles seront appliquées à des dates différentes.
Nouveaux enregistrements :
A partir du
01/01/2021 : L’EURid n’acceptera aucun enregistrement d’un nouveau nom
de domaine en .EU d’un déposant dont le code pays est soit GB ou GI.
Les noms de domaine en .EU dont le titulaire a
un code pays GB ou GI dans le whois, au moment de la sortie du Royaume-Uni
23/12/2020
: Envoi d’un premier e-mail informant de la non-conformité des données
associées au nom de domaine.
01/01/2021 :
Envoi d’un second e-mail informant de la non-conformité.
Avant le
02/03/2021 : Possibilité pour les titulaires de mettre à jour leurs
données de contact pour démontrer qu’ils sont éligibles.
A partir
du 02/03/2021 : Tous les titulaires qui n’auront pas démontré leur
éligibilité seront considérés comme non éligibles et leurs noms de domaine
seront supprimés.
Le 01/01/2022 :
Tous les noms de domaine concernés deviendront disponibles à l’enregistrement.
Les actions prévues dans le premier scénario pour les différents statuts « ON HOLD », « SUSPENDED » et « QUARANTINE » s’appliqueront également dans le deuxième scénario.
Les conséquences du
Brexit obligent ainsi les britanniques à repenser leur stratégie de noms de
domaine. En effet, la perte de leurs noms de domaine en .EU serait une
opportunité pour les cybersquatteurs résidant dans un pays de l’U.E. qui,
remplissant les critères d’éligibilité, auraient le droit d’enregistrer ces
noms en .EU.
L’équipe Nameshield se tient à votre disposition pour répondre à toutes vos questions et vous proposer les meilleures recommandations concernant la gestion de votre portefeuille de noms de domaine.
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