L’ANSSI a publié son « Rapport d’activité 2025 » : analyse des points clés à retenir 

Le 4 mai 2026, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), a publié son « Rapport d’activité 2025 ». En mars, Nameshield vous livrait les informations essentielles de leur « Panorama de la Cybermenace ».  

Ce nouveau rapport dresse cette fois un bilan global des actions institutionnelles, stratégiques et opérationnelles menées par l’ANSSI sur l’année afin de renforcer le niveau de cybersécurité française.  

Face à un cyberespace devenu un lieu de « compétition, de contestation et parfois même d’affrontement désinhibé », l’Agence explique avoir dû adapter ses moyens pour faire face à une « massification de la menace » afin de pouvoir offrir à la France une « résilience cyber de premier rang ».  

Ce qu’il faut retenir du rapport 2025 de l’ANSSI en quelques chiffres  

Dans son rapport d’activité 2025, l’ANSSI fait le constat d’un environnement numérique où la vigilance doit rester constante, car les attaques gagnent en discrétion et en sophistication :  

  • 1 366 incidents ont été traités, un chiffre en légère hausse de +0,4 % par rapport à 2024. 
  • 3 586 événements de sécurité ont été portés à la connaissance de l’Agence. 
  • 658 agents œuvrent aujourd’hui au sein de l’ANSSI, avec un budget alloué de 44,2 millions d’euros (hors masse salariale). 
  • 1 263 organisations (soit 5 680 participants dont des PME, ETI, collectivités et grands groupes) ont pris part à REMPAR25, un exercice de crise massifié d’ampleur inédite simulant un « black-out numérique », prouvant la volonté de la France de s’entraîner collectivement. Cet exercice a permis de constituer un premier baromètre du niveau de préparation à une gestion de crise cyber d’ampleur.  

En 2025, la menace cyber est plus diffuse, rapide et difficile à repérer  

Le rapport met en lumière une pression continue sur les organisations, avec des incidents qui touchent différents types d’acteurs, rappelant qu’une défense efficace repose sur une surveillance continue, des équipes préparées et des mesures de protection adaptées aux environnements exposés, notamment le cloud, les messageries et les usages mobiles.  

L’ANSSI confirme que la cybersécurité ne se limite plus à la défense technique : elle s’inscrit désormais dans une logique de préparation continue, de gouvernance et de réaction rapide.  

  • Une attribution historique : pour la première fois, la France a publiquement attribué un ensemble de cyberattaques au renseignement militaire russe (GRU). L’ANSSI et le Centre de coordination des crises cyber (C4) ont mis en lumière l’utilisation du mode opératoire APT28 pour cibler des entités françaises, européennes et américaines (secteurs gouvernemental, diplomatique et de la recherche) à des fins d’espionnage. 
  • Ciblage du Cloud et des Mobiles : l’ANSSI a également constaté une recrudescence des attaques visant les environnements cloud (à des fins lucratives et de déstabilisation). En parallèle, le piratage d’équipements mobiles via des logiciels espions a augmenté, entraînant la publication de bonnes pratiques dans le cadre du Processus international de « Pall Mall », publié en avril 2025. 

Les réglementations : de véritables fils conducteurs de la cybersécurité en 2025  

L’année 2025 a servi de période d’anticipation, avec des repères plus clairs pour aider les organisations à structurer leur défense, sécuriser leurs fournisseurs et renforcer leur gouvernance. Pour les entreprises, cette évolution rappelle qu’une veille régulière et une adaptation progressive des pratiques sont désormais indispensables pour rester en conformité et anticiper au mieux. 

  • Directive NIS 2 : l’ANSSI a préparé activement l’arrivée de cette directive européenne visant à élever le niveau de cybersécurité de milliers d’entités françaises. Fin 2025, un service de « pré-enregistrement » a été lancé pour aider les entreprises à anticiper l’obligation légale. 
  • Cyber Resilience Act (CRA) : l’ANSSI a soutenu la mise en place de ce règlement qui impose des obligations minimales de cybersécurité pour les produits numériques distribués en Europe, afin de garantir des équipements sécurisés dès leur conception. 
  • Règlement sur l’Intelligence Artificielle (AI Act) : l’Agence a été impliquée dans la mise en œuvre de cette réglementation européenne, notamment pour ce qui concerne les questions de gouvernance, de cybersécurité, de robustesse et de fiabilité.

La cybersécurité comme pilier de continuité, de conformité et de résilience  

Au terme de cette année dense, le rapport d’activité 2025 de l’ANSSI dessine une réalité claire : la cybersécurité est désormais un enjeu de continuité pour toutes les organisations, quelle que soit leur taille. Entre la hausse des incidents, la montée en puissance des menaces ciblant le cloud et les mobiles, et l’accélération des cadres réglementaires, les entreprises doivent renforcer leur préparation, leurs contrôles et leur capacité de réaction. 

Pour les clients Nameshield, le message est sans ambiguïté : la protection des actifs numériques, la maîtrise des dépendances techniques et l’anticipation des obligations à venir deviennent des priorités concrètes pour préserver la confiance et la résilience. L’enjeu n’est plus seulement de répondre aux obligations, mais de bâtir une cybersécurité durable, capable de préserver l’activité, la confiance des partenaires et la continuité de service. 

Si vous avez des questions ou besoin d’accompagnement n’hésitez pas à nous contacter. 

Que retient-on du « Panorama de la cybermenace 2025 » de l’ANSSI ?

« Panorama de la cybermenace 2025 » de l’ANSSI

Comme chaque année, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), partage les grandes tendances observées au cours de l’année écoulée en termes de cybermenaces, à partir des cas traités par l’Agence, dans son Panorama de la Cybermenace 2025, publié le 11 mars.

La préface, rédigée par Vincent Strubel, Directeur de l’ANSSI, alerte directement sur une menace cyber devenue systémique, marquée par l’effacement des frontières entre cybercriminels et acteurs étatiques, et par l’émergence d’attaques aux effets physiques destructeurs. Mais, rejetant toute fatalité, Vincent Strubel, appelle à la mobilisation en affirmant : « Nous avons les moyens de contrer, décourager ou au moins complexifier grandement la vie des attaquants ».

Bien qu’il soit impossible de rendre justice à un tel rapport de façon exhaustive en un article, Nameshield souhaitait vous faire part de certains enjeux importants de ce panorama, au cas où vous n’auriez pas eu la chance de le parcourir.

L’extorsion et l’espionnage toujours au sommet

Si le volume global des attaques par rançongiciel a légèrement baissé en 2025 (avec 128 compromissions recensées) les incidents liés à de simples exfiltrations de données ont significativement augmenté (l’ANSSI a été informée de 196 incidents de ce type en 2025 contre 130 en 2024).

Les PME restent les cibles privilégiées, elles représentent à elles seules la moitié, 48% des victimes de rançongiciels. Mais les hôpitaux et les établissements scolaires ont été, eux aussi frappés de plein fouet cette année, subissant de lourds impacts sur leurs services. Du côté étatique, les attaquants (notamment russes et chinois) maintiennent une pression constante sur les réseaux diplomatiques, les infrastructures critiques et les sous-traitants pour s’infiltrer au cœur de leurs véritables cibles.

Le casse-tête de la CTI face au « brouillard technologique »

Dans ce contexte complexe, le travail des analystes en Cyber Threat Intelligence (CTI) est devenu un véritable travail d’orfèvre. Les attaquants cherchent à se fondre dans la masse en utilisant des outils informatiques parfaitement légitimes plutôt que des malwares identifiables.

Attribuer une attaque à un groupe précis est un défi majeur, d’autant que les attaquants brouillent intentionnellement les pistes en partageant leurs logiciels de piratage, en mutualisant leurs serveurs, et en recourant à des tactiques de « faux drapeaux » pour faire accuser d’autres groupes. Face à cet écran de fumée, les enquêteurs exploitent massivement une nouvelle opportunité en 2025 : ils décortiquent les fuites de données internes des réseaux cybercriminels eux-mêmes. Les documents confidentiels de célèbres groupes comme « LockBit » ou de prestataires malveillants chinois, exposés au grand jour sur Internet, permettent ainsi aux défenseurs d’analyser leurs stratégies et leur fonctionnement de l’intérieur.

La menace cyber est aujourd’hui totalement systémique. Face à des pirates opportunistes qui exploitent la moindre faille sur les pare-feux et les équipements exposés sur Internet en un temps record, les entreprises ne peuvent plus réagir « après coup ». Elles doivent miser sur une anticipation constante.

Mieux comprendre les menaces pour les anticiper et y faire face

Il devient aujourd’hui essentiel de placer la marque au centre de la stratégie de défense. Les informations issues de la Brand Monitoring et les signaux qu’elle englobe (usage détourné de vos noms de domaine, imitation de vos canaux de communication, exploitation frauduleuse de votre image, fausses boutiques en ligne) permettent de bâtir des scénarios d’attaque probables et des plans de réaction adaptés.

En capitalisant sur cette vision globale, les équipes de sécurité peuvent transformer des signaux épars en alertes actionnables, réduire les temps de détection, prioriser les menaces réellement critiques pour le business et renforcer les dispositifs de prévention (authentification renforcée, durcissement des politiques DNS, surveillance des plateformes tierces).

Nameshield accompagne cette montée en maturité en apportant une expertise combinant protection de marque, gestion de portefeuille de noms de domaine et Cyber Threat Intelligence, afin de vous aider à structurer une veille continue, à interpréter les signaux faibles et à déployer des contre-mesures concrètes sur l’ensemble de votre surface d’exposition numérique.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous contacter.

Que nous apprend l’ANSSI dans son Panorama des menaces 2022 ?

Panorama des menaces 2022

L’ANSSI a publié son passionnant Panorama des menaces 2022. Découvrons ensemble les éléments clés de ce rapport.

Le premier point soulevé est que les cybercriminels à l’origine des attaques augmentent encore et toujours tant leurs techniques que leurs forces de frappe, même si la nature de la menace informatique ne montre pas d’évolution majeure en 2022. Les rançongiciels ont donc été à nouveau utilisés par des attaquants étatiques.

Le rançongiciel et autres programmes malveillants restent des outils de choix pour les cybercriminels. Ils sont en effet, quand ils sont commerciaux, d’un faible coût, et sont également associés à des outils disponibles en open source ; cette conjugaison complexifiant la caractérisation de la menace.

Il est également intéressant de noter que les attaquants ciblent les équipements périphériques (pare-feu – routeurs etc.) à des fins de discrétion, ces équipements souvent moins monitorés permettent des intrusions plus longues et moins repérables.

L’ANSSI indique que les objectifs principaux des attaques cybercriminelles restent inchangés : le gain financier, la déstabilisation et l’espionnage. Si les déclarations d’attaques par rançongiciels faites à l’ANSSI sont inférieures en 2022 à celles enregistrées en 2021, l’Agence note toutefois une augmentation de ce type d’attaque depuis septembre 2022, les collectivités territoriales étant particulièrement touchées (c’est la deuxième catégorie la plus touchée après les TPE/PME/ETI) avec des conséquences importantes.

Au-delà des rançongiciels, l’activité cybercriminelle de type revente des données personnelles et bancaires est toujours d’actualité. L’ANSSI relève toutefois un basculement de la thématique des impôts vers celui de la santé avec une usurpation plus fréquente de l’identité de l’Assurance Maladie.

L’Agence recommande de plus une vigilance accrue quant aux activités de cryptominage.

Les activités d’espionnage se maintiennent quant à elles en France, comme dans le reste du monde. L’ANSSI rappelle que la guerre en Ukraine rend le contexte favorable à des campagnes d’espionnage stratégiques à l’encontre de pays européens et des membres de l’OTAN.

C’est d’ailleurs dans ce contexte géopolitique délicat que les menaces de déstabilisation sont à monitorer de près. Cette menace prend la forme de DDoS notamment.

Il convient aussi de constater qu’en 2022, les vulnérabilités exploitées par les attaquants sont les mêmes qu’en 2021, alors que nombre d’entre elles disposent pourtant de correctifs communiqués. Il est nécessaire que les organisations tant publiques que privées s’assurent de façon permanente que les correctifs soient appliqués, afin de réduire ces vulnérabilités et de fermer certaines portes aux cybercriminels.

Enfin, les cybercriminels évoluant et s’adaptant aux nouvelles technologies, l’ANSSI constate un ciblage plus courant des solutions de virtualisation. De la même façon, l’usage du Cloud Computing contribue à l’élargissement des surfaces d’attaques.

Quelques points de conclusion à retenir

Si les attaques ont peu évolué entre 2021 et 2022, l’espionnage est un risque accru.

De futurs événements majeurs, tels que les JO 2024, vont constituer des opportunités pour les cybercriminels.

Plus que jamais, l’application des politiques de mises à jour et la sensibilisation régulière des utilisateurs sont primordiales. Le Guide d’hygiène informatique publié par l’ANSSI est une Bible d’informations que nous vous invitons à consulter : Guide d’hygiène informatique | Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ssi.gouv.fr)

Pour découvrir ce panorama et en connaître les détails, rendez-vous ici : Panorama de la cybermenace 2022 .

Source de l’image : Web illustrations by Storyset

Le Gouvernement français lance un plan à 1 milliard d’euros pour renforcer la cybersécurité

Le gouvernement français investit massivement dans la cybersécurité - Blog Nameshield

Le plan annoncé par le Gouvernement, financé par France Relance et le Programme d’investissement d’avenir, entérine la volonté de faire émerger des entreprises françaises leaders du secteur de la cybersécurité.

Les menaces cybercriminelles augmentent chaque année de manière endémique, tant en puissance, qu’en nombre et en volume. C’est donc une véritable stratégie offensive que met en place la France, non seulement pour renforcer la cybersécurité et pour faire face à ces menaces, mais aussi pour assurer l’essentielle souveraineté des Etats.

Dans le contexte sanitaire actuel, ces menaces sont d’autant plus prégnantes et les enjeux de sécurité chaque jour plus importants.

Ce plan ambitieux fixe plusieurs objectifs à l’horizon 2025, notamment les suivants :

  • multiplier par trois le chiffre d’affaires de la filière (passant de 7,3 milliards à 25 milliards d’euros)
  • positionner la France par rapport à la concurrence internationale en doublant notamment les emplois de la filière (passant de 37 000 à 75 000)
  • faire émerger trois licornes françaises en cybersécurité en s’appuyant sur les grandes start-up du secteur, et notamment celles membres du French Tech 120
  • diffuser une véritable culture de la cybersécurité dans les entreprises

Comme pour d’autres plans stratégiques nationaux (celui relatif par exemple à l’intelligence artificielle), une large partie de l’investissement sera destinée à la recherche et au développement (515 millions sont prévus à cet effet).

L’ANSSI (Agence Nationale des Systèmes de Sécurité de l’Information) se verra quant à elle confier 136 millions d’euros pour renforcer la sécurité des services publics, et prioritairement les hôpitaux et collectivités locales fréquemment mis à mal par des attaques par rançongiciels.

Sources Images : Walkerssk / Pete Linforth / Pixabay

[REPLAY WEBINAR] Se protéger du cybercrime : comprendre et appliquer les recommandations ANSSI visant le DNS

REPLAY WEBINAR - Se protéger du cybercrime : comprendre et appliquer les recommandations ANSSI visant le DNS

Le DNS est au cœur de nombreux services stratégiques de l’Internet (mails – VoIP – site – applications etc.) et reste un élément central exposé à de nombreuses cybermenaces.

L’ANSSI, l’autorité nationale en matière de sécurité et de défense des systèmes d’information, liste différentes préconisations pour la sécurisation du DNS.

DOH, DOT, blockchain DNS, DNSSEC font également l’actualité du DNS.

Notre expert aborde ces différents sujets à travers ce webinar, avec au programme :

  • Définition du Domain Name System
  • L’importance du DNS
  • L’ANSSI et le DNS
  • Les tendances du DNS

Retrouvez ce webinar animé par Christophe GERARD, Security Product Manager de Nameshield Group, en replay sur la plateforme Webikeo :