« Hello World » – Création musicale par ordinateur

« Hello World » - Création musicale par intelligence artificielle

« Hello World » - Création musicale par intelligence artificielle

L’intelligence artificielle a sorti son premier album solo de 15 titres et il porte un nom clin d’œil aux développeurs : Hello World. Bonne ou mauvaise nouvelle pour les artistes ?

Premier album composé avec l’Intelligence artificielle

Le champ de compétences de l’intelligence artificielle avance vite, très vite. En janvier 2018, des modèles d’intelligence artificielle de Microsoft et Alibaba surpassaient l’homme à des tests de lecture et de compréhension de l’Université de Stanford. Google arrive à imiter à la perfection la voix de l’homme. AlphaGo Zero (Modèle d’intelligence artificielle autour du jeu de go) n’apprend plus que par ses algorithmes depuis Octobre 2017 et ne s’inspire plus de joueurs humains.

Récemment, à travers le projet SKYGGE, François Pachet (chercheur en intelligence artificielle chez Spotify et directeur de Flow Records) et Benoît Carré (auteur et membre du groupe Liliclub) introduisaient l’intelligence artificielle dans la sphère artistique et nous proposaient un album issu de la technologie Flow Machines qui permet de composer de la musique via une intelligence artificielle.

Certains projets ont montré la voie mais restent expérimentaux et peu mélodieux (Pierre Barbaud ou Google Magenta Music par exemple). « Hello World » change la donne car les titres composés via Flow Machines se veulent très proches des chansons composées par l’homme et ne dénotent pas du tout au milieu d’une playlist. Sans avoir l’information, difficile de deviner à l’oreille que le titre a été composé via une intelligence artificielle.

Mais comment ça marche ?

La technologie Flow Machines repose avant tout sur une gigantesque bibliothèque de morceaux riches et variés qu’il analyse.

Après avoir absorbé toutes ces partitions Flow Machines sera capable de générer des styles musicaux. La sélection de morceaux de l’utilisateur permet au logiciel d’analyser le style et trouver des récurrences harmoniques et de créer ensuite des morceaux en leur appliquant un modèle de probabilité (Chaîne de Markov).

Il suffit de combiner les morceaux d’un artiste pour que la technologie fabrique de nouveaux morceaux dans le style de cet artiste.

Dans cette vidéo on peut voir une démonstration de comment fonctionne le logiciel :


Source : Chaîne YouTube d’Amelie Charnay

Cette technologie peut-elle remplacer l’artiste pour autant ?

Un programme peut créer aujourd’hui tout seul de la musique. Les artistes ont-ils du souci à se faire ?

En fait, Flow Machines a besoin de l’artiste pour fonctionner. Il reste au cœur de la composition et c’est pour ça que de nombreux artistes ont participé à la composition de cet album parmi lesquels Stromae, Kiesza ou Pirouette.

Quel est alors son rôle dans l’album ? François Pachet nous indique que cet album contient à la fois des paroles générées par le logiciel comme écrites par des paroliers, des voix et des instruments créés par le logiciel mais aussi des enregistrements studio.

Clip de la chanson de Stromae / Kiesza composée avec Flow Machines:


Source : Chaîne YouTube de SKYGGE MUSIC

Il semble que la technologie Flow Machines n’ait pas vocation à créer de façon autonome de la musique. L’artiste est impliqué à tout moment de la création. L’intelligence artificielle propose une mélodie à l’artiste, puis l’artiste adapte la mélodie à ses attentes, puis l’intelligence artificielle retravaille sa mélodie et ainsi de suite. Par conséquent le style des artistes qui ont collaboré est très présent sur cet album, tout en proposant quelque chose de différent.

Cette technologie stimule en fait la créativité de l’artiste, elle ne s’y substitue pas, du moins pour l’instant… Mais même si des intelligences artificielles arrivaient un jour à composer en toute autonomie, est-ce que les artistes arrêteraient de composer ? Est-ce que les joueurs de Go ont arrêté de jouer puisqu’AlphaGo Zero est plus fort qu’eux ?

Léo TREVISAN

Auteur : Léo TREVISAN

Consultant - Nameshield group

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